Exercices corriges La migration des jeunes - UQAC

La migration des jeunes - UQAC

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un extrait du document





La migration des jeunes
autochtones au Québec:
Premier regard

Camil Girard, Patrice LeBlanc, dir.
Valérie Fortin, Marie-Laure Tremblay,
Madeleine Gauthier, Serge Côté








avec la collaboration de Normand Croteau,
Philippe Parenteau, Claire Boily, Canisius Kamanzi, Carl Brisson et Anne Cazin





Document produit dans le cadre des activités
du Groupe de recherche sur la migration des jeunes





Observatoire Jeunes et Société
Université du Québec à Chicoutimi
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue


© 2007
Responsabilité scientifique : Madeleine Gauthier
madeleine.gauthier@ucs.inrs.ca
Observatoire Jeunes et Société
Institut national de la recherche scientifique
Urbanisation, Culture et Société
www.obsjeunes.qc.ca




Diffusion :
Institut national de la recherche scientifique
Urbanisation, Culture et Société
3465, rue Durocher
Montréal (Québec) H2X 2C6


Téléphone : (514) 499-4000
Télécopieur : (514) 499-4065
www.ucs.inrs.ca


















ISBN 2-89575-095-5
Dépôt légal : 2er trimestre 2007
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
© Tous droits réservés
Auteurs


Camil Girard, professeur
Université du Québec à Chicoutimi

Patrice LeBlanc, professeur
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Valérie Fortin, agente de recherche
Université du Québec à Chicoutimi

Marie-Laure Tremblay, Agente de recherche
Groupe de recherche sur l’histoire
Université du Québec à Chicoutimi


Cette étude s’inscrit dans les activités du Groupe de recherche sur la migration des jeunes sous la direction de Patrice LeBlanc et de l’Alliance de recherche universités/communauté: Insertion et participation des jeunes en région sous la direction de Madeleine Gauthier.


Membres :
Serge Côté Université du Québec à Rimouski
Frédéric Deschenaux Université du Québec à Rimouski
Lucie Fréchette Université du Québec en Outaouais
Madeleine Gauthier INRS Urbanisation, Culture et Société
Camil Girard Université du Québec à Chicoutimi
Claude Laflamme Université de Sherbrooke
Patrice LeBlanc Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Marie Lequin Université du Québec à Trois-Rivières
Marc Molgat Université d’Ottawa
Jean-Louis Paré Université du Québec à Trois-Rivières
Lucie Piché Cégep de Sainte-Foy
Annie Pilote Université Laval
Martin Simard Université du Québec à Chicoutimi
Myriam Simard INRS Urbanisation, Culture et Société
Derek Wilkinson Université Laurentienne

et un partenariat de recherche issu de 26 organismes. Collaborateurs :




Madeleine Gauthier, professeure
INRS Urbanisation, Culture et Société

Serge Côté, professeur
Université du Québec à Rimouski

Normand Croteau, agent de recherche
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Philippe Parenteau, étudiant
INRS Urbanisation, Culture et Société

Claire Boily, agente de recherche
INRS Urbanisation, Culture et Société

Canisius Kamanzi, agent de recherche
INRS Urbanisation, Culture et Société

Anne Cazin, agente de recherche
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue


Financement : Alliance de recherche universités/communautés, programme de recherche du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada


Université du Québec et Ministère des affaires municipales et des régions Table des matières générale
 TOC \h \z \t "Titre 1;3;titre1;3;Titre;2;Sous-titre;4;chapitre;1"  HYPERLINK \l "_Toc163029819" Présentation générale  PAGEREF _Toc163029819 \h 1
Chapitre 1.  HYPERLINK \l "_Toc163029821" Les jeunes autochtones au Québec. Revue de littérature  PAGEREF _Toc163029821 \h 3
 HYPERLINK \l "_Toc163029822" introduction  PAGEREF _Toc163029822 \h 7
 HYPERLINK \l "_Toc163029823" 1 Méthodologie  PAGEREF _Toc163029823 \h 8
 HYPERLINK \l "_Toc163029824" 1.1 Sources de documentation  PAGEREF _Toc163029824 \h 8
 HYPERLINK \l "_Toc163029825" 1.2 Principaux concepts  PAGEREF _Toc163029825 \h 9
 HYPERLINK \l "_Toc163029826" 1.2.1 Les jeunes: 16-34 ans  PAGEREF _Toc163029826 \h 9
 HYPERLINK \l "_Toc163029827" 1.2.2 Les autochtones  PAGEREF _Toc163029827 \h 9
 HYPERLINK \l "_Toc163029828" 1.2.3 Les « Blancs », allochtones ou autre  PAGEREF _Toc163029828 \h 10
 HYPERLINK \l "_Toc163029829" 1.3 Perspectives adoptées par les chercheurs:  PAGEREF _Toc163029829 \h 10
 HYPERLINK \l "_Toc163029831" 1.4 Bémol sur les données statistiques  PAGEREF _Toc163029831 \h 10
 HYPERLINK \l "_Toc163029832" 2 Portrait des jeunes autochtones du Québec  PAGEREF _Toc163029832 \h 10
 HYPERLINK \l "_Toc163029833" 2.2 Répartition sur le territoire  PAGEREF _Toc163029833 \h 12
 HYPERLINK \l "_Toc163029834" 2.3 Scolarisation et emploi  PAGEREF _Toc163029834 \h 13
 HYPERLINK \l "_Toc163029835" 2.4 Identité culturelle (tradition-modernité)  PAGEREF _Toc163029835 \h 16
 HYPERLINK \l "_Toc163029836" 2.5 Valeurs et visions des jeunes autochtones  PAGEREF _Toc163029836 \h 20
 HYPERLINK \l "_Toc163029837" 2.6 Interaction avec les autres groupes  PAGEREF _Toc163029837 \h 23
 HYPERLINK \l "_Toc163029838" 2.6.1 Avec leurs parents  PAGEREF _Toc163029838 \h 23
 HYPERLINK \l "_Toc163029839" 2.6.2 Avec les aînés et leur communauté d’origine  PAGEREF _Toc163029839 \h 26
 HYPERLINK \l "_Toc163029840" 2.6.3 Avec les « Blancs »  PAGEREF _Toc163029840 \h 28
 HYPERLINK \l "_Toc163029841" 2.6.4 Avec les autres « jeunes »  PAGEREF _Toc163029841 \h 29
 HYPERLINK \l "_Toc163029842" 2.7 Exode – migration  PAGEREF _Toc163029842 \h 31
 HYPERLINK \l "_Toc163029843" Conclusion  PAGEREF _Toc163029843 \h 34
 HYPERLINK \l "_Toc163029844" Bibliographie  PAGEREF _Toc163029844 \h 36
 HYPERLINK \l "_Toc163029845" Chapitre II   HYPERLINK \l "_Toc163029846" Construction identitaire et dynamique interculturelle  HYPERLINK \l "_Toc163029847" Enquête sur les jeunes migrants autochtones au Québec. HYPERLINK \l "_Toc163029848" Analyse de récits de vie et d’un sondage auprès des jeunes Innus-Attikamekw et Algonquins (18-34 ans)  PAGEREF _Toc163029848 \h 43
 HYPERLINK \l "_Toc163029849" Introduction  PAGEREF _Toc163029849 \h 45
 HYPERLINK \l "_Toc163029850" 1. La culture et la construction identitaire  PAGEREF _Toc163029850 \h 46
 HYPERLINK \l "_Toc163029851" 1.1 La culture  PAGEREF _Toc163029851 \h 47
 HYPERLINK \l "_Toc163029852" 1.2 L’interculture  PAGEREF _Toc163029852 \h 48
 HYPERLINK \l "_Toc163029853" 1.3 De l’acculturation à la transculturation  PAGEREF _Toc163029853 \h 50
 HYPERLINK \l "_Toc163029854" 2. La mobilité des jeunes autochtones du Québec  PAGEREF _Toc163029854 \h 52
 HYPERLINK \l "_Toc163029856" 3. La construction de l’identité: une enquête qualitative  PAGEREF _Toc163029856 \h 56
 HYPERLINK \l "_Toc163029857" 3.1 La mobilité: attrait pour le milieu d’accueil mais attachement au milieu d’origine  PAGEREF _Toc163029857 \h 57
 HYPERLINK \l "_Toc163029858" 3.2 Le milieu d’origine des jeunes autochtones et l’identité  PAGEREF _Toc163029858 \h 61
 HYPERLINK \l "_Toc163029859" 3.3 L’identité autochtone  PAGEREF _Toc163029859 \h 64
 HYPERLINK \l "_Toc163029860" Conclusion  PAGEREF _Toc163029860 \h 67
 HYPERLINK \l "_Toc163029861" Bibliographie  PAGEREF _Toc163029861 \h 71
 HYPERLINK \l "_Toc163029862" Chapitre III  HYPERLINK \l "_Toc163029863" La migration des jeunes au Québec  HYPERLINK \l "_Toc163029864" Résultats d’un sondage auprès des autochtones de 20-34 ans du Québec  PAGEREF _Toc163029864 \h 77
 HYPERLINK \l "_Toc163029865" Quelques faits saillants  PAGEREF _Toc163029865 \h 79
 HYPERLINK \l "_Toc163029866" Introduction  PAGEREF _Toc163029866 \h 85
 HYPERLINK \l "_Toc163029867" 1. La migration des jeunes au Québec (par Madeleine Gauthier)  PAGEREF _Toc163029867 \h 85
 HYPERLINK \l "_Toc163029868" 1.1 La formation de l’échantillon  PAGEREF _Toc163029868 \h 88
 HYPERLINK \l "_Toc163029869" 1.2 Les caractéristiques générales des répondants  PAGEREF _Toc163029869 \h 89
 HYPERLINK \l "_Toc163029870" 1.3 Le profil de migration des répondants  PAGEREF _Toc163029870 \h 92
 HYPERLINK \l "_Toc163029871" 2. Les caractéristiques générales des répondants autochtones  PAGEREF _Toc163029871 \h 94
 HYPERLINK \l "_Toc163029872" 2.1 Le profil de migration des répondants  PAGEREF _Toc163029872 \h 99
 HYPERLINK \l "_Toc163029873" 2.2 Profil de migration des répondants selon leurs caractéristiques sociodémographiques  PAGEREF _Toc163029873 \h 99
 HYPERLINK \l "_Toc163029874" 3. La migration des jeunes autochtones  PAGEREF _Toc163029874 \h 102
 HYPERLINK \l "_Toc163029875" 3.1 Pourquoi partir ?  PAGEREF _Toc163029875 \h 102
 HYPERLINK \l "_Toc163029876" 3.2 Partir pour aller où ?  PAGEREF _Toc163029876 \h 104
 HYPERLINK \l "_Toc163029877" 3.3 La première migration  PAGEREF _Toc163029877 \h 106
 HYPERLINK \l "_Toc163029878" 3.4 Partir pour mieux revenir ?  PAGEREF _Toc163029878 \h 110
 HYPERLINK \l "_Toc163029879" 3.5 Pourquoi rester ?  PAGEREF _Toc163029879 \h 113
 HYPERLINK \l "_Toc163029880" 3.6 La migration et l’emploi  PAGEREF _Toc163029880 \h 118
 HYPERLINK \l "_Toc163029881" 4. La représentation actuelle du milieu d’origine  PAGEREF _Toc163029881 \h 124
 HYPERLINK \l "_Toc163029882" 4.1 L’attachement au milieu d’origine  PAGEREF _Toc163029882 \h 124
 HYPERLINK \l "_Toc163029883" 4.1.1 La fréquentation des personnes originaires du même lieu  PAGEREF _Toc163029883 \h 124
 HYPERLINK \l "_Toc163029884" 4.1.2 Le retour annuel  PAGEREF _Toc163029884 \h 125
 HYPERLINK \l "_Toc163029885" 4.1.3 L’intérêt pour le lieu d’origine  PAGEREF _Toc163029885 \h 126
 HYPERLINK \l "_Toc163029886" 4.2 Les représentations du milieu d’origine  PAGEREF _Toc163029886 \h 126
 HYPERLINK \l "_Toc163029887" 4.2.1 La représentation de la situation économique  PAGEREF _Toc163029887 \h 126
 HYPERLINK \l "_Toc163029888" 4.2.2 La représentation de l’administration locale  PAGEREF _Toc163029888 \h 127
 HYPERLINK \l "_Toc163029889" 4.2.3 La représentation des services  PAGEREF _Toc163029889 \h 128
 HYPERLINK \l "_Toc163029890" 4.2.4 La représentation de l’environnement social  PAGEREF _Toc163029890 \h 129
 HYPERLINK \l "_Toc163029891" 5. La représentation du milieu actuel de résidence en lien avec la mobilité potentielle  PAGEREF _Toc163029891 \h 130
 HYPERLINK \l "_Toc163029892" 5.1 La stabilité et la mobilité potentielle des migrants  PAGEREF _Toc163029892 \h 130
 HYPERLINK \l "_Toc163029893" 5.2 La situation sociale des migrants au lieu actuel de résidence  PAGEREF _Toc163029893 \h 136
 HYPERLINK \l "_Toc163029894" 5.3 L’avenir résidentiel des migrants  PAGEREF _Toc163029894 \h 137
 HYPERLINK \l "_Toc163029895" 6. La migration des jeunes et l’emploi  PAGEREF _Toc163029895 \h 139
 HYPERLINK \l "_Toc163029896" 6.1 L’emploi et l’insertion professionnelle  PAGEREF _Toc163029896 \h 139
 HYPERLINK \l "_Toc163029897" Conclusion  PAGEREF _Toc163029897 \h 149
 HYPERLINK \l "_Toc163029898" ANNEXES  PAGEREF _Toc163029898 \h 151



Liste des tableaux
 TOC \h \z \t "tableau_a_val" \c  HYPERLINK \l "_Toc162671392" Tableau 1: Nombre de répondants par région administrative suréchantillonnée  PAGEREF _Toc162671392 \h 88
 HYPERLINK \l "_Toc162671393" Tableau 2: Plus haut niveau de scolarité complété  PAGEREF _Toc162671393 \h 90
 HYPERLINK \l "_Toc162671394" Tableau 3: Occupation des répondants au cours de la dernière année  PAGEREF _Toc162671394 \h 90
 HYPERLINK \l "_Toc162671395" Tableau 4: Revenu brut des répondants pour l’année 2003  PAGEREF _Toc162671395 \h 91
 HYPERLINK \l "_Toc162671396" Tableau 5: Nombre d'enfants des répondants  PAGEREF _Toc162671396 \h 91
 HYPERLINK \l "_Toc162671397" Tableau 6: Langue maternelle des répondants  PAGEREF _Toc162671397 \h 92
 HYPERLINK \l "_Toc162671398" Tableau 7: Profil de migration des répondants à l’échelle québécoise  PAGEREF _Toc162671398 \h 93
 HYPERLINK \l "_Toc162671399" Tableau 8: Âge des répondants autochtones  PAGEREF _Toc162671399 \h 94
 HYPERLINK \l "_Toc162671400" Tableau 9: Sexe des répondants autochtones  PAGEREF _Toc162671400 \h 95
 HYPERLINK \l "_Toc162671401" Tableau 10: Répondants ayant un conjoint  PAGEREF _Toc162671401 \h 95
 HYPERLINK \l "_Toc162671402" Tableau 11: Plus haut niveau de scolarité complété  PAGEREF _Toc162671402 \h 95
 HYPERLINK \l "_Toc162671403" Tableau 12: Domaine d’études  PAGEREF _Toc162671403 \h 96
 HYPERLINK \l "_Toc162671404" Tableau 13: Principale occupation au cours de la dernière année  PAGEREF _Toc162671404 \h 96
 HYPERLINK \l "_Toc162671405" Tableau 14: Type d’emploi  PAGEREF _Toc162671405 \h 97
 HYPERLINK \l "_Toc162671406" Tableau 15: Membre d’une communauté autochtone  PAGEREF _Toc162671406 \h 97
 HYPERLINK \l "_Toc162671407" Tableau 16: Communautés autochtones d’appartenance  PAGEREF _Toc162671407 \h 97
 HYPERLINK \l "_Toc162671408" Tableau 17: Répondants étant des Indiens inscrits  PAGEREF _Toc162671408 \h 98
 HYPERLINK \l "_Toc162671409" Tableau 18: Jeunes résidant sur une réserve  PAGEREF _Toc162671409 \h 98
 HYPERLINK \l "_Toc162671410" Tableau 19: Revenu brut des répondants pour l’année 2003  PAGEREF _Toc162671410 \h 98
 HYPERLINK \l "_Toc162671411" Tableau 20 :Profil de migration des jeunes autochtones  PAGEREF _Toc162671411 \h 99
 HYPERLINK \l "_Toc162671412" Tableau 21: Profil de migration des répondants selon l’âge (en %)  PAGEREF _Toc162671412 \h 100
 HYPERLINK \l "_Toc162671413" Tableau 22: Profil de migration des répondants selon le niveau de scolarité (en %)  PAGEREF _Toc162671413 \h 101
 HYPERLINK \l "_Toc162671414" Tableau 23: Profil de migration des répondants selon le sexe (en %)  PAGEREF _Toc162671414 \h 101
 HYPERLINK \l "_Toc162671415" Tableau 24: Motifs qui expliquent le déménagement au premier lieu d’accueil  PAGEREF _Toc162671415 \h 103
 HYPERLINK \l "_Toc162671416" Tableau 25: Motifs qui expliquent le départ du lieu d’origine (addition des mentions « beaucoup » et « assez »)  PAGEREF _Toc162671416 \h 104
 HYPERLINK \l "_Toc162671417" Tableau 26: Degré de connaissance du premier lieu d’accueil  PAGEREF _Toc162671417 \h 104
 HYPERLINK \l "_Toc162671418" Tableau 27: Choix du lieu au moment de la première migration  PAGEREF _Toc162671418 \h 105
 HYPERLINK \l "_Toc162671419" Tableau 28: Connaissance du lieu d’accueil et contact avec les parents  PAGEREF _Toc162671419 \h 105
 HYPERLINK \l "_Toc162671420" Tableau 29: Âge à la première migration  PAGEREF _Toc162671420 \h 106
 HYPERLINK \l "_Toc162671421" Tableau 30: Personnes qui ont aidé les jeunes à déménager lors de leur première migration…..  PAGEREF _Toc162671421 \h 106
 HYPERLINK \l "_Toc162671422" Tableau 31: Déménager seul ou avec d’autres au moment de la première migration  PAGEREF _Toc162671422 \h 107
 HYPERLINK \l "_Toc162671423" Tableau 32: Personnes du lieu d’origine qui ont déménagé en même temps lors de la première migration  PAGEREF _Toc162671423 \h 107
 HYPERLINK \l "_Toc162671424" Tableau 33: Type d’habitation privilégié lors de la première migration  PAGEREF _Toc162671424 \h 107
 HYPERLINK \l "_Toc162671425" Tableau 34: Répartition des répondants vivant seul ou avec d’autres lors de la première migration  PAGEREF _Toc162671425 \h 108
 HYPERLINK \l "_Toc162671426" Tableau 35: Principales sources de revenus au moment de la première migration (en %)  PAGEREF _Toc162671426 \h 109
 HYPERLINK \l "_Toc162671428" Tableau 36: Situation financière personnelle au moment de la première migration  PAGEREF _Toc162671428 \h 109
 HYPERLINK \l "_Toc162671429" Tableau 37: Endroit ayant contribué à faire de nouvelles connaissances au premier lieu d’accueil  PAGEREF _Toc162671429 \h 110
 HYPERLINK \l "_Toc162671430" Tableau 38: Endroit ayant facilité les contacts dans le quartier  PAGEREF _Toc162671430 \h 110
 HYPERLINK \l "_Toc162671431" Tableau 39: Possibilités d’un éventuel retour dans le milieu d’origine  PAGEREF _Toc162671431 \h 111
 HYPERLINK \l "_Toc162671432" Tableau 40: Motifs qui pourraient justifier un retour dans le milieu d’origine  PAGEREF _Toc162671432 \h 111
 HYPERLINK \l "_Toc162671433" Tableau 41: Motifs qui expliquent le retour des migrants dans leur région d’origine  PAGEREF _Toc162671433 \h 112
 HYPERLINK \l "_Toc162671434" Tableau 42: Proportion des non-migrants résidant chez leurs parents  PAGEREF _Toc162671434 \h 113
 HYPERLINK \l "_Toc162671435" Tableau 43: Raisons qui ont incité les jeunes à rester dans leur localité d’origine  PAGEREF _Toc162671435 \h 113
 HYPERLINK \l "_Toc162671436" Tableau 44: Situation actuelle des non-migrants  PAGEREF _Toc162671436 \h 114
 HYPERLINK \l "_Toc162671437" Tableau 45: Activités pratiquées par les non-migrants au moment de l’enquête  PAGEREF _Toc162671437 \h 114
 HYPERLINK \l "_Toc162671439" Tableau 46: Âge des non-migrants  PAGEREF _Toc162671439 \h 114
 HYPERLINK \l "_Toc162671440" Tableau 47: Sexe des non-migrants  PAGEREF _Toc162671440 \h 115
 HYPERLINK \l "_Toc162671441" Tableau 48: Niveau de scolarité complété chez les non-migrants  PAGEREF _Toc162671441 \h 115
 HYPERLINK \l "_Toc162671442" Tableau 49: Occupation des non-migrants au cours de la dernière année  PAGEREF _Toc162671442 \h 116
 HYPERLINK \l "_Toc162671443" Tableau 50: Type d’emploi des non-migrants  PAGEREF _Toc162671443 \h 116
 HYPERLINK \l "_Toc162671444" Tableau 51: Non-migrants membres d’une communauté autochtone  PAGEREF _Toc162671444 \h 116
 HYPERLINK \l "_Toc162671445" Tableau 52: Communautés autochtones d’appartenance des non-migrants  PAGEREF _Toc162671445 \h 117
 HYPERLINK \l "_Toc162671446" Tableau 53: Non-migrants étant des Indiens inscrits  PAGEREF _Toc162671446 \h 117
 HYPERLINK \l "_Toc162671447" Tableau 54: Non-migrants résidant dans une réserve  PAGEREF _Toc162671447 \h 117
 HYPERLINK \l "_Toc162671448" Tableau 55: Revenu brut des non-migrants pour l’année 2003  PAGEREF _Toc162671448 \h 118
 HYPERLINK \l "_Toc162671449" Tableau 56: Apport de la première migration  PAGEREF _Toc162671449 \h 119
 HYPERLINK \l "_Toc162671450" Tableau 57: Opinions des migrants concernant l’emploi et la situation économique dans la localité d’origine et ses environs (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671450 \h 119
 HYPERLINK \l "_Toc162671452" Tableau 58: Opinions des migrants concernant leur avenir professionnel (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671452 \h 120
 HYPERLINK \l "_Toc162671453" Tableau 59: Priorités des migrants concernant le travail  PAGEREF _Toc162671453 \h 120
 HYPERLINK \l "_Toc162671454" Tableau 60: Opinions des migrants concernant le travail (mention « beaucoup » d’importance)  PAGEREF _Toc162671454 \h 121
 HYPERLINK \l "_Toc162671456" Tableau 61: Opinions des migrants concernant les possibilités d’emploi dans le milieu d’origine (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671456 \h 121
 HYPERLINK \l "_Toc162671457" Tableau 62: Opinions des migrants concernant les diplômes (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671457 \h 122
 HYPERLINK \l "_Toc162671458" Tableau 63: Opinions des migrants concernant l’insertion professionnelle (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671458 \h 123
 HYPERLINK \l "_Toc162671459" Tableau 64: Expérience des migrants sur le marché du travail (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671459 \h 124
 HYPERLINK \l "_Toc162671460" Tableau 65: Fréquentation des personnes originaires du même lieu  PAGEREF _Toc162671460 \h 125
 HYPERLINK \l "_Toc162671461" Tableau 66: Fréquence des retours annuels dans le milieu d’origine  PAGEREF _Toc162671461 \h 126
 HYPERLINK \l "_Toc162671462" Tableau 67: Intérêt des migrants pour l’avenir de leur localité d’origine  PAGEREF _Toc162671462 \h 126
 HYPERLINK \l "_Toc162671463" Tableau 68: Opinions concernant l’emploi et la situation économique dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord)  PAGEREF _Toc162671463 \h 127
 HYPERLINK \l "_Toc162671464" Tableau 69: Opinions concernant l’administration locale dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671464 \h 128
 HYPERLINK \l "_Toc162671466" Tableau 70: Opinions concernant les services offerts dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671466 \h 129
 HYPERLINK \l "_Toc162671467" Tableau 71: Opinions concernant l’environnement social dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671467 \h 130
 HYPERLINK \l "_Toc162671468" Tableau 72: Lieux d’identification des migrants (addition des mentions « beaucoup » et « assez »)  PAGEREF _Toc162671468 \h 131
 HYPERLINK \l "_Toc162671469" Tableau 73: Conception identitaire des migrants  PAGEREF _Toc162671469 \h 131
 HYPERLINK \l "_Toc162671470" Tableau 74: Élément le plus important dans le lieu de résidence actuel  PAGEREF _Toc162671470 \h 132
 HYPERLINK \l "_Toc162671471" Tableau 75: Motifs qui expliquent l’installation au lieu de résidence actuel  PAGEREF _Toc162671471 \h 133
 HYPERLINK \l "_Toc162671472" Tableau 76: Migrants qui envisagent de partir à l’extérieur du Québec  PAGEREF _Toc162671472 \h 134
 HYPERLINK \l "_Toc162671473" Tableau 77: Motifs qui pourraient justifier une migration à l’extérieur du Québec  PAGEREF _Toc162671473 \h 135
 HYPERLINK \l "_Toc162671474" Tableau 78: Intérêt des migrants pour l’avenir du lieu de résidence actuel  PAGEREF _Toc162671474 \h 135
 HYPERLINK \l "_Toc162671475" Tableau 79: Caractère temporaire ou définitif du lieu de résidence actuel chez les migrants..  PAGEREF _Toc162671475 \h 136
 HYPERLINK \l "_Toc162671476" Tableau 80: Situation sociale des migrants au lieu de résidence actuel (addition des mentions « très souvent » et « assez souvent »)  PAGEREF _Toc162671476 \h 136
 HYPERLINK \l "_Toc162671477" Tableau 81: Domaines d’activité dans lesquels s’impliquent les migrants  PAGEREF _Toc162671477 \h 137
 HYPERLINK \l "_Toc162671478" Tableau 82: Activités sociales des migrants lors de l’arrivée au lieu de résidence actuel  PAGEREF _Toc162671478 \h 137
 HYPERLINK \l "_Toc162671479" Tableau 83: Opinions des migrants sur les grandes villes (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « des plutôt d'accord »)  PAGEREF _Toc162671479 \h 138
 HYPERLINK \l "_Toc162671480" Tableau 84: Opinions des migrants sur les régions (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « plutôt d'accord »)  PAGEREF _Toc162671480 \h 138
 HYPERLINK \l "_Toc162671481" Tableau 85: Milieu privilégié par les migrants lors d’un éventuel déménagement  PAGEREF _Toc162671481 \h 139
 HYPERLINK \l "_Toc162671482" Tableau 86: Opinions de l’ensemble des répondants concernant leur avenir professionnel selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « plutôt d'accord »)  PAGEREF _Toc162671482 \h 140
 HYPERLINK \l "_Toc162671483" Tableau 87: Caractéristique la plus importante concernant l’emploi selon le profil de migration (en %)  PAGEREF _Toc162671483 \h 140
 HYPERLINK \l "_Toc162671484" Tableau 88: Aspects importants concernant le travail selon le profil de migration (en %) (mention « beaucoup » d’importance)  PAGEREF _Toc162671484 \h 142
 HYPERLINK \l "_Toc162671485" Tableau 89: Expérience de l’ensemble des répondants sur le marché du travail selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)  PAGEREF _Toc162671485 \h 144
 HYPERLINK \l "_Toc162671486" Tableau 90: Utilisation des services de recherche d’emploi offerts dans la région d’origine selon le profil de migration (en %)  PAGEREF _Toc162671486 \h 145
 HYPERLINK \l "_Toc162671488" Tableau 91: Opinions de l’ensemble des répondants concernant l’emploi dans le milieu d’origine selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « plutôt d'accord »)  PAGEREF _Toc162671488 \h 146
 HYPERLINK \l "_Toc162671489" Tableau 92: Opinions de l’ensemble des répondants concernant les diplômes selon le profil de migration (en %) (addition des mentions «tout à fait d’accord» et «plutôt d’accord»)  PAGEREF _Toc162671489 \h 147
 HYPERLINK \l "_Toc162671490" Tableau 93: Opinions de l’ensemble des répondants concernant les compétences et l’insertion professionnelle selon le profil de migration (en %) (addition des mentions «tout à fait d’accord» et «plutôt d’accord»)  PAGEREF _Toc162671490 \h 148

FIGURE
Figure  SEQ Figure \* ARABIC 1. Nations Autochtones Québec-Labrador …………………………………….....50

Présentation générale
Le Groupe de recherche sur la migration des jeunes (GRMJ) étudie la question de la mobilité des jeunes québécois depuis 1994. Si dans les premières années ses travaux portaient essentiellement sur les comportements migratoires des jeunes francophones, depuis quelques années il a cherché à les élargir à tous les jeunes du Québec, plus particulièrement auprès des jeunes autochtones et des jeunes anglophones.
Trois chapitres composent le présent rapport. Le premier présente une recension des écrits autour de la thématique des jeunes autochtones. Dans un premier temps, c’est la question de l’interaction des jeunes autochtones avec leurs parents, avec les aînés de leur communauté d’origine, avec les « Blancs » et avec les autres jeunes qui est traitée, tandis que dans un deuxième temps, l’exode et les migrations sont abordés pour illustrer la façon dont ces jeunes s’intègrent au monde d’aujourd’hui.
Le deuxième chapitre présente une analyse d’un corpus d’entrevues réalisées auprès de 33 jeunes adultes d'origine autochtone qui s'identifient à la nation innue, attikamek ou algonquine et dont l'âge variait entre 18 et 34 ans. Le guide d'enquête semi-dirigée a été adapté à partir de celui qui avait été développé dans une enquête précédente menée auprès d'une centaine de jeunes au Québec et toutes les précautions d’ordre éthique ont été prises à l’égard des jeunes autochtones qui ont été interviewés (notamment quant à la signature d’un formulaire de consentement éclairé). Dans ce chapitre, la migration des jeunes autochtones est analysée sous l’angle de la construction identitaire et des dynamiques interculturelles. Plusieurs extraits des récits que nous ont faits les jeunes servent à illustrer l’analyse.
En 2004-2005, le GRMJ a réalisé pour la deuxième fois un vaste sondage téléphonique auprès des jeunes du Québec de 20 à 34 ans. Parmi les 5 547 jeunes interrogés, 168 se sont déclarés autochtones. Le troisième chapitre de ce rapport présente les principaux résultats de ce sondage auprès des jeunes autochtones. Parmi ceux-ci, 72 % représentent des jeunes adultes identifiés ici au Groupe-Centre des Innus, Attikamekw et Algonquins et 28 % représentent d’autres jeunes des Premières Nations et des Inuits. Bien que nos données restent limitées à une représentation sommaire de jeunes autochtones qui vivent dans le centre du Québec et à proximité des villes, elles permettent tout de même de dresser un premier portrait de la dynamique migratoire chez ces jeunes.
Nous désirons remercier toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce rapport ainsi qu’aux études sur lesquelles ils reposent. Nous voudrions remercier plus particulièrement tous ces jeunes autochtones qui ont partagé avec nous une partie de leur histoire de vie.
Camil Girad, Saguenay
Patrice LeBlanc, Rouyn-Noranda
Mars 2007 Chapitre I
Les jeunes autochtones au Québec. Revue de littérature



Marie-Laure Tremblay
Sous la direction de Camil Girard











Introduction
Être « jeune » c’est un état temporaire, c’est faire partie d’un groupe d’individus qui se renouvelle constamment, au gré du temps et selon les sociétés et les cultures. Le Groupe de recherche sur la migration des jeunes de L’Observatoire Jeunes et Société de l’Institut national de recherche scientifique (INRS), et le projet de l’Alliance de recherche université communauté (ARUC) qui s’est intéressée à l’insertion sociale, professionnelle et résidentielle des jeunes adultes en région et dans les centres métropolitains se devaient de se pencher également sur la situation des jeunes autochtones. Ce travail s’inscrit donc dans ce cadre et présente une revue d’une soixantaine d’articles scientifiques, rassemblés par Camil Girard, Gervais Tremblay et Laurie Goulet, qui ont abordé soit directement ou indirectement la question des jeunes autochtones au Québec. Notre objectif est de tracer un profil des jeunes autochtones au Québec et également de donner suite à une série d’entrevues effectuées auprès de jeunes migrants innus, atikamekw et algonquins.

Quoique l’étude des jeunes autochtones au Québec est loin d’être un sujet très populaire auprès des chercheurs, puisqu’il y a très peu d’articles qui traitent spécifiquement de cette population, il peut être tout de même intéressant de voir ce qui s’écrit sur ces jeunes de culture autochtone. Peut-être cela donnera-t-il le goût de fouiller davantage pour mieux connaître ceux qui représentent autant l’espoir que la survivance des autochtones d’ici.
Considérant le nombre limité de travaux qui traitent spécifiquement des jeunes autochtones, nous avons dû regrouper les informations disponibles sous différents angles pour tenter de tracer un portrait général de la situation. Nos principales sources étaient donc des articles sociologiques et démographiques, des documents théoriques sur les jeunes et l’exode, des analyses sur l’éducation en milieu régional ou autochtone. Plusieurs changements majeurs, principalement politiques sont survenus depuis la parution d’une partie de ces articles et une remise en contexte est nécessaire pour bien en saisir l’impact sur les jeunes d’aujourd’hui. Le Canada et le Québec sont aussi à l’aube d’accords historiques avec certaines nations autochtones, ce qui laisse entrevoir un avenir plus prometteur pour la génération montante; d’autant plus que plusieurs jeunes autochtones sont ouverts sur le monde et prêts à prendre la relève. Au-delà des perceptions, qu’est-ce que nous offre la littérature pour mieux connaître ces jeunes autochtones?
1 Méthodologie
1.1 Sources de documentation
Dans le cadre des limites de temps que nous avons pu consacrer à cette revue de littérature, nous avons procédé à une sélection d’articles qui nous sont apparus plus significatifs pour l’objet de notre étude. Rappelons que nous cherchions à définir la jeunesse autochtone à travers les regards qui ont été portés par divers chercheurs des sciences humaines principalement au Québec. Ainsi, les articles des années 1980-1990 ont été privilégiés, ce qui ne nous a pas empêché ici et là de mettre en valeur certains articles plus anciens publiés dans les décennies antérieures ou qui ont fait l’objet d’études menées récemment (depuis 2000).

Les articles étudiés sont, pour la plupart, écrits en français. Quelques-uns sont en anglais. À notre connaissance aucun article scientifique n’est réalisé ni même traduit dans une langue autochtone. Ces articles montrent que les autochtones sont perçus davantage par les chercheurs comme des objets de recherche plutôt que des acteurs. Chose certaine, ces articles ne représentent pas tout ce qui a été écrit sur le sujet mais, à notre avis, leur diversité ainsi que la période couverte (50 ans) peut nous permettre de tracer un premier portrait sommaire du contenu de la littérature en sciences humaines sur le sujet. Comme on le verra dans le rapport qui suit, les principales analyses sur les jeunes autochtones ont été menées principalement à partir des champs de recherche suivants: sociologie, anthropologie, éducation, démographie, économie, témoignages, etc.
1.2 Principaux concepts
1.2.1 Les jeunes: 16-34 ans
Le concept de « jeune » est élastique et éphémère. Par exemple, selon les auteurs consultés dans la présente recherche, ce concept correspond majoritairement à des individus d’âge scolaire ou dans ce que nous convenons d’appeler « les jeunes adultes ». Il faut convenir que ces définitions sont réductrices et peuvent représenter de manière incomplète la réalité des jeunes autochtones du Québec actuel. Cette réalité est complexe puisque les jeunes autochtones sont répartis dans 11 nations ou cultures différentes. Elles regroupent près de 60 communautés sur l’ensemble du territoire québécois sans compter les regroupements en milieu urbain. Plusieurs des communautés, plus isolées, ne sont pas reliées par une route avec le Québec urbain. Dans ces communautés plus nordiques, l’école secondaire n’est offerte que jusqu’au milieu du secondaire. Pour poursuivre leur formation, les jeunes doivent donc très tôt quitter leur communauté d’origine. Pour les autres, l’avenir se passe en communauté. Enfin, la jeunesse autochtone représente souvent plus de 50 % de la population des communautés étudiées. Cette présentation sommaire a pour seul objectif de présenter les éléments essentiels à la réflexion qui entoure la réalité autochtone et en particulier la jeunesse autochtone à partir des grands traits qui distinguent cette jeunesse de la jeunesse québécoise en général, encore que dans les régions ou dans des petits villages éloignés des grands centres, les réalités des jeunes peuvent avoir des éléments de similarité.
1.2.2 Les autochtones
Les Indiens inscrits, les Indiens non-inscrits, les Inuits, les Métis sont les termes qui réfèrent à l’identité et à l’appartenance des jeunes autochtones étudiés (voir les différentes définitions de Delage, 1997; Eriksen, 1993; Hamelin, 1994; ou Normendeau et Piché, 1984). À ces définitions générales afférentes au statut, s’ajoutent diverses recherches qui tiennent compte des Indiens inscrits qui vivent soit dans les réserves, en dehors des réserves ou dans les villes.
1.2.3 Les « Blancs », allochtones ou autre
Tous ceux qui ne sont pas autochtones, principalement d’incidence européenne formant la société dominante ou majoritaire. Dans un souci de cohérence avec les auteurs, le terme « Blanc » sera donc utilisé. Par contre un terme comme « l’Autre », employé par exemple par Colin nous semble plus adapté.
1.3 Perspectives adoptées par les chercheurs:
Les perspectives adoptées par les chercheurs sont essentiellement extérieures. Peu de chercheurs ont été en contact direct avec des jeunes ou des autochtones, quelques-uns sont des intervenants en milieu autochtone et une minorité est elle-même autochtone.
1.4 Bémol sur les données statistiques
Les chiffres utilisés par les chercheurs pour la rédaction de certains articles peuvent être trompeurs. Les populations autochtones sont petites, disséminées et certaines sont sédentaires depuis seulement quelques années. En fait, la définition même « d’autochtone » est changeante selon la source d’informations comme l’explique Delage: « Pour compter, il faut d’abord définir, et nous savons que la manière de définir légalement qui était Indien et qui ne l’était pas a eu pour effet d’écarter un grand nombre de personnes qui étaient culturellement autochtones. » (Delage, 1997). Ces facteurs nous invitent à utiliser les statistiques avec prudence. De plus, quelques faits culturels, la notion de famille par exemple, l’adoption, ou la désignation chez les Inuits, viennent parfois invalider certaines réponses aux sondages. Ainsi, la plupart des auteurs de textes démographiques ou ceux qui illustrent leurs propos avec des données statistiques nous invitent à utiliser ces données avec prudence et nous nous empressons donc d’en avertir nos lecteurs.
2 Portrait des jeunes autochtones du Québec
2.1 Démographie
Selon les périodes, le concept de jeunesse change. Ce groupe peut être plus ou moins gros et, par le fait même, représenter une tranche plus ou moins importante de la population. Depuis quelques années, les démographes ont observé un « boom » des naissances chez les autochtones, qui semblent submergés par la jeunesse avec un taux de natalité élevé, du moins par rapport au reste du Canada, qui est l’un des plus bas au monde.

Selon Grove (1999), outre l’importance démographique que les jeunes prennent au sein même de la population autochtone, il est indéniable que les jeunes autochtones sont: « les principaux dépositaires de l’avenir et de l’espoir de renouvellement des sociétés et des cultures autochtones dont bon nombre sont désespérément fragmentées sinon carrément menacées d’extinction ». L’auteur soulève également la forte proportion des jeunes autochtones, ils représentent 51% de la population en comparaison des jeunes non-autochtones qui représentent, quant à eux 31 %. Rappelant que les jeunes autochtones représentent le segment de la population qui connaît la plus rapide croissance au Canada, l’auteur souligne que ces jeunes demandent d’avoir droit au chapitre en ce qui concerne leur avenir.

Pour leur part, Louise Normendeau et Victor Piché, soutiennent que le fort taux de natalité est attribuable aux conditions de vie sur les réserves, qui s’apparenteraient à celles du tiers-monde; faible scolarité et absence de contraception. Quelques recherches moins récentes sur les Inuits nous rappellent les conditions de vie des autochtones d’un passé pas si lointain. Selon Duval (1982), les Inuits du Québec arctique forment une population jeune. De plus, le taux de natalité et les divers taux de mortalité de cette population nordique étaient largement supérieurs à ceux du Québec ou du Canada. L’auteur comparait même cette situation avec celle des pays en voie de développement. Enfin, Duval soulignait dans son article que le profil de la mortalité et de la morbidité y était également marqué par l’importance des maladies de l’enfance et des maladies infectieuses. La situation semble s’être améliorée, du moins en ce qui a trait à la mortalité infantile et à l’espérance de vie (voir le dernier recensement de Statistique Canada).

Selon Duhaime (1989) ce changement est attribuable à l’aide gouvernementale qui a fait suite aux épidémies qui ont décimé les Inuits dans les années 1940. Malgré les perspectives encourageantes portées par cette population jeune et dynamique, le gouvernement, principal pourvoyeur, semble avoir de la peine à suivre. Un nombre accru de gens demande naturellement plus de ressources et des problèmes comme le surpeuplement des logements est décrié depuis déjà plusieurs années (Robitaille et Choinière, 1984). D’autres données comme celles utilisées par Ouellette (1991) démontrent que, malgré un ralentissement, le taux de natalité est toujours plus haut dans les populations autochtones que dans le reste du Canada.
2.2 Répartition sur le territoire
Au Canada, lorsqu’on parle des autochtones, les regards se portent automatiquement vers le nord, vers les villages inuits ou les réserves indiennes. Ce réflexe relève peut-être d’une conception de la population majoritaire face aux autochtones, ou encore d’une tentative d’éloigner sinon d’ignorer un groupe dérangeant, à proximité. Pourtant, un auteur se plaît à rappeler que la plupart des grandes villes canadiennes étaient d’abord d’importants villages autochtones et qu’ils occupaient tout le territoire bien avant l’arrivée des premiers colons : « Presque toutes les villes canadiennes sont érigées sur l’emplacement de peuplements autochtones préexistants. […] Sous cet angle, il n’est pas surprenant que, pour un bon nombre d’Autochtones, les centres urbains au Canada sont des filles indiennes ou métisses qui souffrent d’un sérieux problème d’immigration.» (Groves, 1999: 8). Tout est une question de perspective.

Aujourd’hui, comme l’écrit Delage (1997: 293), les autochtones sont dispersés sur le territoire canadien, et à l’exception du Nord, ils sont partout minoritaires. Il rappelle que les deux tiers des autochtones du Canada habitent hors réserve, que leurs conditions de vie varient énormément. Ces conditions dépendent autant des régions qu’ils habitent que de leur statut légal ou encore si ce sont des autochtones qui ont conclu des traités ou non et quelle est la nature et les dispositions de ces traités. Ces informations ne nous permettent cependant pas de distinguer les différents groupes autochtones : les Indiens statués, les Indiens non-statués, les Métis ou les Inuits? Les personnes s’identifient-elles d’abord comme autochtones ou ont-elles un statut « légal » qui les reconnaît comme tel au sens de la Loi sur les Indiens?
Les droits des autochtones sont en général liés à leur lieu de résidence. En effet, hors des réserves, il y a très peu de programmes et de services offerts aux autochtones. Et ces réserves ne sont plus ce qu’elles étaient. Territoires jadis créés dans le but plus ou moins avoué de limiter les droits territoriaux, leur superficie a diminué plusieurs fois après leur création. Comme les droits des Indiens inscrits sont encore aujourd’hui en grande partie liés à ce « lieu de résidence », on ne peut pas dire que tous les autochtones ont vraiment la liberté de vivre où ils l’entendent. Avec l’augmentation de la population dans les réserves et, encore aujourd’hui, le peu de possibilité d’emplois dans ces communautés souvent excluses de tout développement économique, certains tentent tout de même leur chance ailleurs. S’ils n’ont pas les mêmes droits que les autochtones des réserves, il leur reste au moins cette part de liberté. Alors qu’en est-il des jeunes?


Longtemps cloîtrés sur les « réserves indiennes », les jeunes autochtones (Indiens statués) sortent de plus en plus de ces territoires limités pour s’approcher des grandes villes. Les principaux départs se font pour l’éducation, vers un collège ou une université ou encore pour l’emploi et les retours sont plutôt difficiles :
« L’évolution de la population d’origine indienne dans les villes de 30 000 habitants et plus a connu des hausses particulièrement importantes pour la période 1961-1971. Alors que les effectifs du groupe ethnique indien n’ont même pas doublé dans ces villes de 1951 à 1961, ils ont décuplé de 1961 à 1971. Les départs des réserves vers les zones hors réserves très urbanisées s’en trouvent en partie confirmés. […] Les régions urbaines, et tout particulièrement Montréal, ont gagné davantage que les régions rurales agricoles souvent situées à proximité des réserves. » (Normendeau, 1984: 252-253).
D’autres facteurs comme les critères d’appartenance aux bandes indiennes ont influencé cet exode, nous reviendrons sur ce point un peu plus loin.
2.3 Scolarisation et emploi
Les textes où il est spécifiquement question des jeunes portent principalement sur l’éducation ou la démographie. Les plus anciens, notamment Tremblay et Saint-Pierre (1971) et Chance (1970), critiquent la mise en place des pensionnats dans les années 1960 où toute une génération d’autochtones a été expatriée, coupée de la vie traditionnelle et de ses parents. Malgré ce contexte difficile, les jeunes restent partout les mêmes, ils recherchent des modèles, la connaissance et la reconnaissance. Ces institutions avaient un mandat clair, l’assimilation et elles y sont en quelque sorte arrivées, du moins pour la génération qui les a fréquentées. Par la suite, d’autres modèles institutionnels ont été créés en réaction à un changement de la politique fédérale. Larose parle entre autres de la tentative d’envoyer tous les élèves dans les écoles publiques du système d’éducation provincial. Il constate la totale incapacité, d’ailleurs avouée par le ministère des Affaires indiennes et du Nord, de fournir aux bandes des infrastructures et des services scolaires compatibles avec les critères en vigueur à l’intérieur des réseaux provinciaux d’éducation. Larose écrit:
« On y constate aussi qu’en dépit de l’augmentation du nombre d’inscriptions des jeunes Amérindiens dans les écoles fédérales et provinciales de niveau primaire, le taux d’échecs et d’abandons scolaires au secondaire demeure désespérément élevé dans les clientèles indiennes. » (Larose, 1984-85 : 67).
Depuis, une partie de l’élaboration des programmes a été confiée aux conseils de bande, et le même auteur remarque une amélioration du taux de réussite, du moins au niveau primaire. Larose (1993) et Ouellette (1991) arrivent sensiblement aux mêmes conclusions soulignant que s’il y a de moins en moins d’obstacles à la fréquentation scolaire jusqu’au secondaire, le prochain défi des autochtones sera de favoriser la persévérance des jeunes à l’école.

Malheureusement, le traumatisme (que nous décrirons plus tard dans ce travail) vécu par la génération précédente entraîne une grande méfiance face au système scolaire, donc un manque de soutien de la part des parents (Vinette, 1996). Combinée avec un futur qui semble incertain et à des conditions de vie plutôt difficile, cette atmosphère décourage les jeunes et laisse place à un taux élevé de décrochage scolaire. L’accessibilité est aussi un facteur important comme le documentent Louise Dallaire et Jean Belleau.
Déjà Dallaire et Belleau (1985) soulignaient que les jeunes autochtones pouvaient fréquenter à l’élémentaire les institutions privées, les écoles de bandes, les écoles fédérales ou provinciales, mais que tous devaient s’intégrer aux écoles provinciales lorsqu’ils atteignaient le niveau secondaire. Cela signifiait pour plusieurs: « […] quitter leur lieu d’origine, leur milieu culturel pour vivre en foyer ou en résidence » (Dallaire, 1985: 46). Les communautés étant relativement petites et isolées, le deuxième cycle était souvent synonyme d’exil (Dallaire, 1985). La même situation est vécue par une bonne partie des jeunes qu’ils soient autochtones ou non. En fait, pratiquement tous ceux qui viennent de milieux ruraux ou de régions dites « éloignées » (Breton, 1994) doivent quitter leurs proches pour étudier ou trouver du travail. Cependant, cette adaptation semble particulièrement difficile pour les jeunes autochtones, surtout lorsqu’une deuxième langue entre en ligne de compte (Breton, 1994). Pourtant selon Ross (1992), l’éducation est la clef de l’autonomie et présente également de nombreux avantages économiques pour le gouvernement canadien.

Les articles des chercheurs de l’INRS (Trottier, Vultur et Gauthier, 2003 et Vultur, Trottier et Gauthier, 2002) démontrent, quant à eux, comment les perspectives d’emplois pour les jeunes peuvent être handicapées par un manque de formation. Ce constat porté pour les jeunes Québécois s’adresse tout autant aux jeunes autochtones dont les possibilités d’emploi qui les attendent sur les réserves sont à peu près nulles. En ville, ils se heurtent aux mêmes problèmes que les autres jeunes, soit le travail à temps partiel. Le problème du chômage est surtout concentré chez certaines catégories qui éprouvent de très grandes difficultés à se trouver du travail. C’est notamment le cas des décrocheurs et des jeunes de milieux désavantagés ou de ceux qui proviennent des régions industrielles sans dynamisme (Fortin 1984). Plusieurs jeunes autochtones se retrouvent aussi dans ces catégories.

Comme le souligne Ross (1992), on sent donc un fort vent de découragement de la part des jeunes autochtones. Puisqu’un grand nombre d’entre eux sont élevés dans un milieu où ils ne voient pas de perspective intéressante, ils doivent donc, comme l’écrit Ross, « s’attendre à des conditions économiques faibles ». D’ailleurs, à quoi cela sert-il de poursuivre des études supérieures si on doit en arriver de toute façon à la pauvreté et au chômage? Toujours selon Ross, le taux de chômage pour les Indiens vivant dans les réserves était de 35 % pour les 15 ans et plus. De plus, 57 % de la population ne faisait même pas partie de la population active. Ces chiffres, somme toute assez récents, donnent une idée du niveau économique difficile qui afflige plusieurs réserves. Ross conclut que c’est dans cette ambiance sans espoir d’avenir que les enfants indiens grandissent. Ce portrait, dressé par l’auteur, semble particulièrement sombre, mais l’espoir n’est-il pas le moteur de la jeunesse? La situation ne peut donc que s’améliorer.
2.4 Identité culturelle (tradition-modernité)
Comme dans toutes les cultures, l’adolescence ou le début de l’âge adulte est prétexte à questionnement, à expérimentation et à remise en question. Chez les jeunes autochtones, cette période est particulièrement marquée, ou du moins, étudiée. Des chercheurs se sont penchés sur la question, principalement pour tenter de répondre aux différents problèmes sociaux surabondants dans les communautés autochtones. Ils ont découvert un groupe qui cherche à se forger une identité propre qui relève à la fois de la vie traditionnelle et de la modernité.
Selon Colin (1988), le jeune autochtone est coincé entre deux cultures, une culture traditionnelle à laquelle il demeure attaché et celle de « l’envahisseur ». Dans un constat quasi catastrophique, l’auteur souligne que ces deux cultures sont porteuses de valeurs inconciliables et que leur opposition se joue sur tous les plans de la vie personnelle et collective. Que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’administration, de la politique, des communications, c’est l’affrontement. En conséquence, le jeune vit une crise d’identité et est confronté à l’acculturation de sa collectivité. Heureusement, Colin exprimait une lueur d’espoir pour réparer la misère matérielle et spirituelle causée par ce choc des cultures.

Ce même auteur dans : L’ethno-ethnocentrisme: représentations d’identité chez de jeunes Autochtones du Québec, écrivait qu’il fallait puiser à même l’authenticité traditionnelle pour retrouver la fierté de ses racines et obtenir l’autonomie politique, sociale et économique. Par contre, soutenait-il, il faut reprendre le contrôle de sa destinée et recréer l’univers traditionnel, maîtriser l’univers du Blanc, se construire une synthèse des valeurs portées par les deux cultures, et cela, « …même au risque de s’y perdre ». Quel contrat pour les jeunes autochtones! Enfin, Colin écrit que, si les jeunes autochtones se disent coincés « entre deux cultures », ils sont surtout coincés « entre deux manières de penser la culture ». (Colin 1988, 60). Vingt ans plus tard, les jeunes autochtones ont-ils de meilleurs moyens pour affronter ce dilemme entre deux cultures? Arrivent-ils à conjuguer tradition et modernité? D’autres auteurs apportent d’autres observations sur la même époque.
Déchirés, les jeunes ne savent plus vers qui se tourner. Comme l’écrivait LeGros:
« […] l’amérindianité est maintenant associée à l’alcoolisme et est devenue une tare, tandis que l’occidentalité est au contraire inconsciemment perçue comme une forme de vie supérieure – et ce phénomène explique sans doute le rejet de la culture passée qui accompagne les conversions au fondamentalisme. » (LeGros 1986-87 : 66-67).
En fait, plusieurs obstacles se dressent entre eux et leurs modèles. Par exemple, pour certains, la perte de la langue (Collectif Alphabétisation, 1990) ne leur permet plus de communiquer avec les générations précédentes. Dans le même sens, une étude de Chance, pour le ministère de l’Expansion économique régionale, en 1970, soulignait que les facteurs linguistiques causaient de grandes difficultés aux enfants cris dans leurs travaux scolaires et d’autre part, que ces facteurs avaient des conséquences néfastes sur leur aptitude à parler à leurs parents dans un cri intelligible. Nous ne croyons pas nous tromper en affirmant que cette situation était la même pour l’ensemble des jeunes autochtones et que cette rupture entre les générations a eu des conséquences sur lesquelles peu d’auteurs se sont encore arrêtés. Les jeunes d’hier et ceux d’aujourd’hui rencontrent-ils donc les mêmes difficultés? Le fait d’être « pris entre deux cultures », de ne plus avoir de racines, d’être devenus aussi individualistes que les Blancs, d’être mis devant des choix de vie lourds de conséquences, de mener une vie stressante, d’être rejeté à la fois par les Indiens, jaloux et méfiants des compétences acquises dans les écoles du Blanc et par les Blancs qui ne voient en eux que l’Indien, (Collin, 1994: 494; sur la construction identitaire, Girard, 1997: 41-62) peut donner le tournis. Les jeunes doivent donc construire leur propre identité, ce que constatent unanimement les différents auteurs. Pour ce faire, selon Delage (1997): « Il importe donc que les Premières Nations échappent aux stéréotypes qui les enferment (et par lesquels elles s’enferment elles-mêmes) dans un passé figé et qu’elles s’approprient le monde moderne sous toutes ses formes. […] Il n’y a donc pas obligation de revenir aux coutumes anciennes pour maintenir l’identité. » (Delage, 1997: 300-301). Facile à dire, mais on s’identifie toujours par rapport aux autres et construire quelque chose de nouveau, au risque de perdre ses acquis, équivaut à sauter sans filet.

Le jeune autochtone se retrouve donc dans un dilemme, comme l’écrit Sioui (1991), soit celui de s’identifier à une culture qui perd son espace vital ou de participer à un monde qui exige de lui qu’il renonce à son identité distincte. Tout un défi en effet. Sioui affirme: « […] Les individus présentent forcément des différences marquées d’avec leurs ancêtres, sans y reconnaître une perte d’identité ou une acculturation. Il n’en est rien pour les autochtones, privés d’une pleine participation à la définition de leur avenir et traités d’acculturés, dès qu’ils se différencient un peu trop de leurs ancêtres » (Sioui 1991: 46). Ne se reconnaître ni chez un ancêtre qui vit dans le bois ni chez un Blanc c’est un pari à prendre, au risque d’être rejeté par les deux camps à une époque où l’on négocie des ententes historiques dont personne ne souhaite être exclu.

Les pressions se font donc fortes des deux côtés pour ces jeunes. Comme l’écrit Belleau (1994): « Ils et elles éprouvent un sentiment de non-appartenance à la culture dominante et une difficulté à définir leur propre identité, parce qu’ayant été coupés de leurs racines et souvent confrontés à des groupes extrémistes, porte-paroles d’idéologies culturelles contradictoires. » Également, comme l’a noté Chance, en 1970, la valeur des divers modèles d’identification, est mise à l’épreuve. Que ce soit le modèle des parents ou des autres, les jeunes autochtones vivent un réajustement d’ordre émotif qui crée un certain conflit entre les générations, phénomène inévitable dans le processus normal de l’autodéfinition de l’adolescent et de son individualisation vis-à-vis de ses parents. Lorsque l’adolescent incarne des valeurs opposées, ce conflit, selon Chance, est aggravé. Les jeunes autochtones sont donc livrés à eux-mêmes dans leur quête et c’est par leurs propres expériences que ces jeunes peuvent apprendre à se définir.

Certains y sont arrivés comme ceux rencontrés par Collin en 1994. L’auteur s’interroge: « Sort-on de ce piège? » Selon lui, pour y parvenir, il faudrait légitimer l’emprunt d’institutions modernes et s’appuyer sur un sentiment d’appartenance plus large que celui de la bande ou de la « nation ». Pour atteindre cette légitimité, il faudrait d’abord atteindre la force critique qui permettrait d’en prendre le contrôle réel. Colin écrit :
« C’est ce que font, chacun à leur manière, les jeunes leaders que nous avons rencontré qui cherchent à transformer le dialecte de leur village en langue commune apte à parler de constitution, qui veulent convertir leurs guerres de familles à la base de la petite politique de bande en conflits idéologiques entre manières différentes de voir l’avenir de leur peuple. Ils empruntent aux croyances spirituelles anciennes des outils de guérison qu’ils espèrent capable de redonner courage aux leurs qui, lentement, à travers des compromis difficiles et des rapprochements nouveaux, commencent à se constituer une identité nouvelle, panindienne, mais toujours au risque d’un rejet par les leurs. »  (Collin, 1994: 504).
Ces jeunes leaders autochtones sont peut-être des exemples à suivre parce qu’ils montrent le chemin difficile de la définition et l’acceptation de soi, mais ils ne sont que les premiers de toute une génération qui se découvrent peu à peu, en espérant faire leur place. Mais n’y a-t-il pas un risque à tout vouloir interpréter à la lumière des besoins actuels des communautés autochtones; tous les remèdes aux difficultés sont-ils dans une réinterprétation moderne des croyances ancestrales? C’est là où s’exprime tout le défi de l’appartenance à la fois à une communauté politique plus large et ouverte tout en demeurant très soucieux de protéger son identité culturelle distincte, si vulnérable parce que minoritaire et inondée de toute part de contenus culturels multiples. Les jeunes autochtones ont à faire la part des choses, ils construisent leur avenir propre au milieu de modèles multiples. Y a-t-il des modèles plus forts que d’autres?

Et qu’en est-il de la construction de cette identité propre aux jeunes autochtones, avec les valeurs de leur culture d’origine et la modernité? Après avoir analysé un corpus de récits de vie de jeunes Innus et Attikamekw, Girard et N’Tetu (2004) concluent dans les mots suivants :
« Les jeunes autochtones ont à construire une identité dans la modernité qu'ils assument et désirent intégrer aux valeurs de leur culture d'origine de premier peuple. En cela, nous pourrions dire que les jeunes autochtones du Québec cherchent à construire une identité dans un contexte d’affirmation, de tension et d'ambivalence qui leur est particulier. […] Pour les jeunes autochtones, c’est tout le Québec qui doit faire place aux valeurs des cultures autochtones ancestrales et contemporaines. Les rapports distants que les jeunes autochtones entretiennent avec leurs parents semblent être compensés par les liens privilégiés qui sont entretenus avec les grands-parents. Sous ce rapport, les grands-parents viennent jouer un rôle de transfert intergénérationnel important dans le système de valeur des jeunes migrants autochtones. C’est à travers le regard des anciens que les jeunes migrants cherchent à rétablir les ponts avec leurs origines. […] Les jeunes font le pari de construire leur identité qui, aux confluents de divers espaces transitionnels, et le plus souvent à la marge, empruntent à la fois à la modernité et à la tradition. Dans la marginalité, pourrait-on dire dans des territoires utilisés comme marge, les jeunes essaient de reconstruire une nouvelle identité autochtone. La marge sert d'espace de jeu limite où les jeunes tentent de retisser des liens affectifs avec leurs proches et leur culture première. »  (Girard et N’Tetu 2004: 220-221)
Il y a donc de l’espoir. Les jeunes autochtones ont un avenir, comme jeune et comme autochtone. Les valeurs opposées, soulevé par Chance (1970) seraient-elles devenues, au fil du temps, une richesse pour les jeunes autochtones au lieu d’être un handicap pour eux? Le lien avec les grands-parents aurait-il permis de passer à travers cette grande difficulté que fut celle de ne pas pouvoir partager des valeurs avec leurs parents, souvent aux prises avec de graves problèmes sociaux? Les jeunes autochtones réussiraient-ils là où leurs parents ont échoué: à reconstruire une nouvelle identité autochtone, une identité à la fois contemporaine et respectueuse des valeurs que leurs ancêtres leur ont léguées?
2.5 Valeurs et visions des jeunes autochtones
Comme pour des héritiers déchirés, un vent de négativisme enveloppe plusieurs textes qui traitent de l’avenir des autochtones. D’abord, selon Belleau (1994) :
« […] la dépossession des terres, lieux d’expression et de développement culturel, social et économique, a rendu les Autochtones très dépendants financièrement; d’où d’ailleurs un taux généralement très élevé d’assistance sociale dans ces milieux. Notons également à ce sujet tout le mépris des non-Autochtones à leur égard; les non-Autochtones se sentant paradoxalement perdants et en comparaison injustement traités » (Belleau 1994: 11)
Les « privilèges » accordés aux autochtones sont en fait un cadeau empoisonné qui les maintient dans une situation de dépendance auprès du gouvernement. Cadeau tout de même qu’on véhicule à qui mieux mieux à chaque fois qu’il est question d’Amérindiens. Des jeunes autochtones sont très mal à l’aise avec ce discours de la dépendance. Les jeunes autochtones ont aussi besoin de mieux connaître leur histoire pour mieux comprendre ce qui a entraîné de telles difficultés. Que connaissent-ils de l’histoire de la dépossession de leur territoire ancestral? Ont-ils eux-mêmes des préjugés sur la dépendance de leurs pairs? L’histoire et l’actualité leur donne-t-elle, tout comme aux non-autochtones, une image peu reluisante de la réalité autochtone? Lutter contre les préjugés est aussi une autre voie de changement, un autre moyen pour mieux préparer l’avenir.

Selon Breton (1994), l’ignorance quant aux autochtones est nourrie par les deux sources majeures d’informations que sont l’histoire et l’actualité. Pourtant ces deux sources devraient plutôt être les meilleurs agents d’abolition de l’ignorance qui nourrit les préjugés. Au contraire, donc, l’histoire et l’actualité encouragent et perpétuent ces préjugés. D’abord, selon Breton, les cours d’histoire « […] occultent l’existence des Premières Nations ». Ensuite, les médias, se concentrent davantage sur une couverture ponctuelle et restreinte pour mettre en relief les différents conflits qui divisent les autochtones et les Québécois. Ces pratiques journalistiques ne peuvent qu’entretenir l’ignorance des cultures autochtones. L’image reste donc la même, ils sont « privilégiés », « gâtés », ils ne paient pas de taxes et se font vivre par le gouvernement, sur le dos de contribuables, et boivent leurs chèques de « B.S. » à tous les 1ers du mois. Ce sont des profiteurs professionnels, des paresseux qui ne savent pas travailler. Cette vision des autochtones plutôt négative, où le jeune étant davantage synonyme de «problèmes » (Belleau, 1994: 6), est dénoncée par certains auteurs mais l’opinion publique crie le plus fort.

Pour dénoncer cette image de privilégiés, plusieurs auteurs tentent d’attirer la sympathie à coups de chiffres, données toutes aussi dramatiques les unes que les autres. D’abord Ross (1992) écrit que les adolescents indiens inscrits risquent quatre fois plus souvent de mourir des suites de blessures que les adolescents non indiens. Que les jeunes indiens de 15 à 19 ans ont un taux de suicide 6,6 fois plus élevé que la moyenne nationale pour ce groupe d’âge. Toujours selon Ross, les jeunes indiens risquent beaucoup plus d’être incarcérés à un moment ou à un autre, et, comme ils auront un casier judiciaire, il leur sera plus difficile de trouver du travail. S’ajoute à ces données dramatiques, la carte de la compassion. Melançon écrit :
« La perte des institutions traditionnelles, provoquée par la tutelle gouvernementale et la pauvreté chronique qui existe dans les communautés, ont contribué à créer chez plusieurs Autochtones un sentiment de résignation, d’inutilité et de frustration. Que ce soit en milieu rural ou urbain, dans les réserves du sud ou dans les villages nordiques, les communautés autochtones battent aujourd’hui tous les records statistiques en ce qui concerne le taux de criminalité violente, de suicide, de dépendance à l’égard de l’alcool et des drogues. » (1996: 204)
«On parle désormais de « quart-monde », comme objet d’étude particulièrement intéressant puisque riche en pathologies. L’image véhiculée auprès du public semble avoir changée, les autochtones ne sont plus perçus comme des « bons à rien », mais comme  « des bons à rien malades ».
Le portrait brossé apparaît si noir et sans issue qu’il pousse tous ceux qui semblent avoir une chance à une obligation d’excellence. Belleau (1994) écrit: « Un autre signe de l’oppression est cette obligation que l’on laisse planer tant par les Autochtones eux-mêmes que par les non-Autochtones de devoir exceller avant même d’avoir commencé » Il faudrait, du jour au lendemain, tout régler. Si un individu sort du moule, qu’un certain succès ou une facilité lui est reconnu, il se doit d’être un modèle, il semble être vu comme un « messie » et en tant que tel, doit sauver les autres. Toujours selon Belleau, les jeunes autochtones se retrouvent avec l’obligation de faire à tout prix quelque chose pour les jeunes de leur milieu. Pour ce faire, devront-ils nier leurs propres choix, leurs intérêts, devront-ils aller jusqu’à nier leur identité? Enfin, l’auteur souligne que: « Les problèmes personnels, le non-droit à l’erreur, l’absence de support, le manque de modèle pour s’identifier, le tout inscrit dans un tissu social fort dégradé, voici suffisamment d’éléments pour expliquer la difficulté parfois de passer à l’action, malgré toute la bonne volonté qui est manifestée au départ » (Belleau, 1994: 13) Par contre, le succès est jalousé, sinon dénoncé et rares sont ceux qui osent.

Pourtant, selon certains auteurs, on en distingue quand même quelques-uns qui tentent de faire leur place. Ils sont médecins, psychologues, mécaniciens, pêcheurs, chasseurs (Girard, 1997), etc. Du côté artistique, la relève est impressionnante, écrit Michel Noël (1982). Beaucoup de jeunes Amérindiens sont à l’université, dans le domaine des arts et des écritures, des jeunes produisent, d’autres publient. Le cinéma, la musique, la peinture sont des activités de plus en plus prisées par les jeunes autochtones. Après ce constat, Noël écrit : « Quand la culture d’un peuple se porte bien, le peuple aussi, me semble-t-il, se porte bien. » (Noël, 2002).
En prenant appui sur les aspects de la vie traditionnelle qui ne sont pas dénigrés, certains auteurs se permettent de rêver à l’Indien de demain qui sera celui qui conservera ses valeurs traditionnelles, mais qui aura voyagé et se sera enrichi de la culture des autres. Ce sera, comme l’écrit Colin (1988), celui qui aura l’esprit ouvert, qui aura réussi à sortir de son isolement et qui parviendra à exprimer ses sentiments et à tolérer les marginaux. Colin conclut : « […] la solution pour les Indiens tient dans le maintien de la philosophie d’autrefois dans le contexte d’aujourd’hui et elle souhaite que son exemple puisse provoquer « un changement d’attitude, de mentalité ». Pour permettre à ce jeune autochtone de voir le jour, il faut lui insuffler une raison de vivre, de vieillir, mais pour redonner confiance et ambition à un peuple dépossédé il faut trouver des solutions. Il faut les trouver avec lui et les jeunes s’outillent de plus en plus pour le faire.
2.6 Interaction avec les autres groupes
2.6.1 Avec leurs parents
Vu la vaste période couverte par les différents textes, on est confronté à deux générations de parents, ceux des années 1960 et ceux des années 1980. Normand Chance (1970) traite des rapports entre les enfants des pensionnats et leurs parents «traditionnels ». Ces jeunes ont été fortement influencés par des modèles occidentaux: stars du cinéma ou du sport, politiciens, religieux, professeurs etc. Chance écrit:
« La valeur des divers modèles d’identification, ceux des parents ou des autres, est mise à l’épreuve, ce qui entraîne des réajustements d’ordre émotif. Il en résulte un certain conflit entre les générations, phénomène inévitable dans le processus normal de l’autodéfinition de l’adolescent et de son individuation vis-à-vis de ses parents. Ce conflit toutefois est aggravé lorsque les principaux modèles d’identification de l’adolescent incarnent des valeurs culturelles opposées. » (Chance, 1970: 80).
Ce groupe, qui a été arraché à ses pairs pendant de nombreuses années, a subi un véritable « lavage de cerveau », une lésion. Il y eut une rupture importante des relations familiales pour cette génération. Comme le souligne Chance (1970), pour les jeunes cris, la séparation complète d’avec leurs parents pour aller au pensionnat pour la durée de toute l’année scolaire, soit dix mois, a fait en sorte d’exacerber les craintes de rejet déjà présentes chez l’enfant. Cette crainte pouvait bien être interprétée par le jeune cri, comme par les autres jeunes autochtones séparés de leur famille dans les mêmes circonstances, comme un rejet. En plus de l’angoisse de la séparation, c’est donc celle du rejet qu’ont vécu les jeunes autochtones de cette génération. Chance nous fait part de ses observations:
« Nos observations sur place de l’interaction familiale nous ont permis d’établir que plusieurs enfants éprouvent des sentiments de rejet lorsqu’ils retournent dans leur famille pour l’été et sont durement critiqués par leurs aînés pour leur « paresse » et leur « esprit de révolte ». Ces sentiments sont encore intensifiés par les comparaisons désobligeantes que les parents font entre l’étudiant et ses sœurs et frères qui n’ont eu à peu près aucune formation scolaire ». (Chance, 1970: 91)
L’école blanche, en plus de leur imposer une nouvelle langue et de nouvelles valeurs, dénigrait vertement tout ce que les enfants avaient appris auprès de leurs parents, interdisant parfois toute manifestation de la culture autochtone. D’une part, ce dénigrement favorisa le développement de sentiments négatifs chez les jeunes autochtones à l’égard de leurs parents et du mode de vie traditionnel qu’ils représentaient. D’autre part, les parents se sentaient contrariés de voir que leurs enfants n’avaient plus les connaissances nécessaires pour être efficace dans un milieu traditionnel (Chance 1970). Au retour dans les communautés une fois « l’instruction » terminée ou le pensionnat fermé, une énorme brèche s’était creusée entre ces deux générations et encore aujourd’hui les rapports peuvent être tendus. L’époque des pensionnats aura laissé des traces difficiles à effacer.

Les parents des jeunes autochtones d’aujourd’hui, ce sont les enfants des années 1960, les pensionnaires qui ont abandonné la culture traditionnelle, parfois bien malgré eux, et qui se sont retrouvés entre deux mondes. Pour bien des parents, les expériences traumatisantes dans les pensions indiennes ont laissé des souvenirs pénibles qui les ont dégoûtés des études et, comme l’écrit Ross (1992), « […] et sans aucun doute des études de « l’homme blanc ». Le traitement infligé aux Indiens dans les pensionnats a créé un traumatisme important à toute une génération. Les autorités ont longtemps fait la sourde oreille, mais ce traumatisme est bien présent et influence encore aujourd’hui les rapports parents-enfants. Selon Warry (Cité dans Ross, 1992: 15) la désintégration systématique de bien des familles indiennes serait attribuée à l’expérience des pensions indiennes. Les enfants étaient élevés dans un milieu institutionnel, au lieu de l’être dans leur famille. Cette « génération perdue », comme l’écrit Warry, n’a pas appris à élever des enfants selon les coutumes « socialement adéquates ».

Les parents des années 1960 réussissent difficilement à communiquer avec leurs enfants. L’Assemblée des Premières Nations, dans un rapport intitulé Report of the National Inquiry Into First Nations Child Care, et publié en 1989, de même Ross (1992) met en évidence que la méfiance de ces parents envers l’école, le principal lieu où évolue l’enfant, se répercute sur les rapports parents-enfants. Vinette (1996) va jusqu’à dire qu’à la limite, ces parents ont le sentiment de perdre leurs enfants aux mains d’une culture qui leur échappe totalement. Ceci entraîne d’évidents problèmes de communication. Comme le souligne Breton (1994), les jeunes se sentent parfois exclus, même à l’intérieur de leur propre famille. De plus, comme cette dernière est aussi soumise aux différents problèmes engendrés par les conditions économiques, les valeurs individualistes et l’instabilité sociale, la communication n’y a pratiquement plus sa place. Les jeunes autochtones d’aujourd’hui revivent-ils, d’une certaine manière une autre rupture?

Donc, deux générations de parents qui ont toujours des rapports aussi difficiles avec leurs enfants. Comme l’indique Larose: d’abord les enfants observés en 1982 appartenaient à cette première génération d’individus nés ou scolarisés sur une réserve. Leurs parents avaient connu la vie en forêt, ils avaient été socialisés dans le contexte sociologique et économique relativement peu contraignant des fourrures. Puis :
« En 1990 nous observions des enfants dont les parents ont eux-mêmes été socialisés en majeure partie sur la réserve, dans un contexte socio-économique peu contraignant et favorable à la multiplication des modèles de socialisation précoce au gré des processus d’acculturation individuels (Larose, 1989, 1991c) ». « Ainsi la disparition des chaînes comportementales ritualisées observées en 1982 n’est guère étonnante. » (Larose, 1993: 323).
C’est toute la société autochtone qui a été brisée. Nous avons tendance à reproduire le mode d’éducation dans lequel nous avons baigné, il est donc difficile de casser le moule pour rétablir un dialogue parents-enfants.
2.6.2 Avec les aînés et leur communauté d’origine
Lorsque des jeunes sont interrogés sur les aînés, un grand respect transpire de leurs propos. Le mode de vie traditionnel, qu’ils pratiquent parfois encore, est admiré. Les témoignages recueillis auprès de jeunes Micmaques (Procès-verbaux et témoignages, fascicule no 38: 14) (Collectif Alphabétisation : 41), montrent bien que le respect des anciens est une chose primordiale pour les jeunes autochtones. Ils rappellent que dans toutes leurs activités, on fait appel à l’expérience des anciens, qu’ils sont des gens importants. Par exemple, dans les églises, ce sont eux qui commencent les prières, pour l’enseignement dans les écoles, on leur demande conseil. Selon ces témoignages, les aînés seront appelés à jouer encore un grand rôle au sein des communautés. Pour ces jeunes Micmaques, ce respect des anciens se reflète également dans les organisations administratives et politiques. Les jeunes autochtones comptent beaucoup sur les aînés pour les aider à protéger leur langue, pour leur enseigner. Ils sont, selon eux les gardiens des traditions et représentent tout ce qui semble positif dans la culture autochtone.

D’autres témoignages recueillis par Collin (1988) vont dans le même sens. Selon ces propos, les anciens sont perçus comme des personnes qui sont accommodantes (accepting), qu’elles ne se perdent pas dans les détails et qu’elles ne sont pas angoissées. Les anciens sont perçus par les jeunes comme étant honnêtes, tolérants, solidaires. Ils ont le sens de l’humour et ils savent mettre les gens à l’aise. On leur attribue différents qualificatifs: timidité, commérage, renfermés, ils sont vaillants, sûrs d’eux, sans contraintes, heureux, débrouillards, travaillants, fiers, indépendants et respectueux de leurs biens. Les anciens semblent très idéalisés par les jeunes. Ces descriptions très positives évoquent, selon Colin « le véritable Indien ou Inuit, doté d’une nature ou d’une essence profonde et immuable » (Collin, 1988: 70). Même les descriptions négatives des anciens, recueillies par Collin, expriment des qualités positives et importantes dans le contexte de la vie traditionnelle. Ces mêmes qualités qui deviennent, selon l’auteur, dans le contexte de la vie moderne, des sources de vulnérabilité ou de faiblesse. Là, réside leur seul défaut, leur stagnation dans le temps.

En effet, pour ces jeunes autochtones, les anciens entretiendraient une certaine vision empreinte de nostalgie. Cette nostalgie qui les habite, ils seraient incapables de la traduire dans le cadre d’une « existence contemporaine de l’Indien ». Par contre, les jeunes, qui croient pouvoir exprimer cette nostalgie de la vie traditionnelle sont privés de la connaissance de la tradition. Les jeunes ne connaissent donc pas ce qu’ils voudraient bien exprimer: leurs traditions (Colin, 1994). Les travaux plus récents de Girard et N'tetu s’inscrivent dans le même sens (Girard, N'tetu, 2004). Ces auteurs précisent que l’attachement aux territoires ancestraux se construit à travers les grands-parents qui sont toujours perçus comme les porteurs de la tradition et des territoires d’origine.

À une époque où la consommation et le gaspillage sont rois, comme l’écrit Cannat (1990), une pratique, un objet, un concept vieux de plus d’un an sentent le démodé. C’est la dictature de l’éphémère, de la caducité organisée. Ils font figures d’antiquités. Les valeurs qu’ils véhiculent sont bonnes mais semblent bien loin de notre monde moderne et les appliquer au quotidien semble difficile, pourtant, comme l’écrit Breton (1994), chez les autochtones, les relations entre jeunes et aînés font partie intégrante de leur culture. Ces relations sont très favorisées. D’ailleurs, au cours des discussions qu’a animées Breton il fut question à plusieurs reprises de l’importance accordée à l’enseignement des diverses facettes du mode de vie autochtone par les aînés. Ce lien entre les grands-parents et les petits-enfants doit être préservé pour transmettre toute la complexité d’une culture en perte de vitesse. Peu importe ce qu’ils feront, les jeunes autochtones en seront toujours les héritiers et comme disait un aîné : « Mieux vaut, pour les jeunes, apprendre les façons de faire autochtones parce qu’ils ne s’adapteront pas et ne pourront survivre dans la société blanche. Tandis qu’ils le pourront toujours dans le monde qui est le leur. » (Guannish-Vachon, 1992: 147)
2.6.3 Avec les « Blancs »
Pour Collin (1988), le « Blanc » c’est l’Autre, tout ce qui n’est pas autochtone, c'est-à-dire occidentaux et orientaux, Canadiens immigrants etc. Dans la plupart des textes, on oppose cet Autre avec l’autochtone. Selon Collin, cette distinction devient encore plus évidente lorsque l’on juxtapose la description du Blanc et de l’autochtone traditionnel. Ce qui apparaît clairement, écrit Collin, c’est une confrontation entre deux univers mutuellement répulsifs, d’une part la nature profonde de l’autochtone (axée sur la solidarité, la spiritualité, l’harmonie) et d’autre part, l’Autre, son antithèse (individualisme, matérialisme, conflit). Toujours selon Collin, cette confrontation favorise le Blanc qui est plus agressif. D’une certaine manière, l’autochtone a besoin de cette agressivité, au risque de trahir « sa vraie nature », pour reprendre son autonomie et reconstruire un ordre social dédoublant le monde traditionnel (Collin, 1988: 71). Pourtant, ils doivent vivre ensemble, partout sur le territoire, même le Nord doit être partagé. Même là, les allochtones vivent en marge de la société Inuit, sauf pour distribuer les services de leurs employeurs. Ils n’ont pas appris la langue et ne ressentent pas le besoin de s’intégrer.

Certains auteurs se sont intéressés aux rapports entre les Blancs et les Inuits dans le Nord. Duhaime (1989: 98) souligne: « Ils ne comptent plus sur la solidarité des Inuits, comme le faisaient les pionniers, mais sur les structures de services, sur l’organisation dont l’État est le cœur ». Plusieurs semblent croire que seule une vie en parallèle est possible, chacun de son coté alors que d’autres souhaiteraient au contraire connaître les Inuits. Les barrières socioculturelles demeurent, selon Duhaime, difficilement franchissables. Il écrit: « L’enveloppement de l’appareil gouvernemental permet justement qu’elles ne soient pas franchies. » (p.100). Les autochtones sont à la fois fascinants et rebutants, le plus souvent méconnus. Duhaime conclut (1989: 300):
«D’une manière ou d’une autre, le résultat net conduit à la dépossession d’une identité. Il appartient donc aux « Blancs » de cesser de voir dans les Indiens l’envers d’eux-mêmes. La réciproque doit s’affirmer avec autant de fermeté: il appartient aux Amérindiens et aux Inuits de cesser de se définir dans l’œil du Blanc. »
Les rapports entre les groupes restent empreints de méconnaissances de part et d’autres. C’est la crainte de perdre son identité lorsqu’on se rapproche trop de l’autre.

Dans cette partie du travail, nous ne pouvons passer sous silence le texte de l’auteur de l’ouvrage célèbre, Les insolences du frère untel, Jean-Paul Desbiens. Sous prétexte de jeter un regard neuf, le gouvernement du Québec lui a commandé un rapport sur la question autochtone. Le résultat peut nous apparaître à prime abord assez navrant puisqu’il reflète, à notre avis, la vision d’une autre époque même s’il ne date que d’une dizaine d’années. Malgré tout, l’opinion véhiculée dans ce texte est encore partagée par nombre de Québécois, elle ne doit donc pas être passée sous silence. Pour lui, les autochtones canadiens sont privilégiés, ils devraient être assimilés depuis longtemps et leur refus de vivre comme les Blancs n’est que du caprice, qui a assez duré d’ailleurs. Il est grand temps que les dernières traces de culture autochtone soient reléguées dans un musée et qu’ils apprennent à vivre dans la modernité, le gouvernement aurait fait sa part. Jean Paul Desbiens écrit : « Il demeure que l’on pourrait s’étonner qu’après tant d’efforts et d’argent, investis depuis si longtemps, auprès d’une population qui dépasse à peine 60 000 personnes, il subsiste encore une " question autochtone ". » (Desbiens, 1993: 9). J’ose espérer qu’en dix ans cette mentalité a évolué, mais un doute persiste, lorsque des mouvements comme l’Association des droits des Blancs sur le Nitassinan sont créés et surtout médiatisés. Les rapports sont donc encore difficiles et comme l’écrivent Guannish et Vachon (1992: 147): « Aujourd’hui il [l’homme blanc] nous amène beaucoup de choses et il nous fournit des services et des produits qui sont bénéfiques pour nous. Malgré tout, il y a des choses que je n’approuve pas. » Tout est une question de nuance.
2.6.4 Avec les autres « jeunes »
Qu’ils soient autochtones ou non, les jeunes ont les mêmes aspirations, les mêmes rêves, les mêmes conflits. Ils veulent se faire entendre, prendre leur place. Comme l’écrit Breton (1994: 7) : « Le terrain fertile d’entente entre les autochtones et les Québécois est donc lié en partie à un phénomène de conflit de génération : des deux côtés, on veut que les choses changent[…] ». Les jeunes se sentent brimés car ils n’ont pas voix au chapitre auprès des instances décisionnelles de la société. Ils veulent que ça change, que les structures établies ouvrent la voie et leur permettent de discuter. C’est l’époque des remises en question et des expérimentations où l’on prend les plus importantes décisions sur son avenir, sa vie d’adulte mais rares sont ceux qui interrogent directement les jeunes.

Pourtant, ce sont eux les adultes de demain. Leur appartenance à une société a une signification. Ils ont leur place, ils ont un rôle à jouer, c’est leur raison d’être (Breton, 1994: 8). «[…] Pour diverses raisons, ces derniers [jeunes] se sentent exclus du système social, soit parce que ce dernier est mal adapté à leurs besoins, en matière d’éducation et d’emploi par exemple, soit parce qu’il ne donne aucun droit de parole ou ne permet aucune prise de position quant aux différentes sphères sociales qui les touchent directement. » (Breton, 1994: 8). Selon Bernier (1986: 40), « On ne peut demander aux jeunes d’investir dans l’avenir sans leur fournir d’abord le minimum de garanties qu’il y aura un avenir, et deuxièmement sans leur permettre d’y participer le moment venu. ». Même combat donc, mais avec une difficulté de plus pour les jeunes autochtones, soit le rejet.

Ce rejet s’exprime encore de différentes manières. Par exemple, lorsqu’ils doivent vivre l’immersion dans un milieu québécois, pour y étudier ou y travailler. Il leur arrive encore de faire l’objet de racisme. Les préjugés sont tenaces. Ils constituent un obstacle supplémentaire à la valorisation de soi. Ces préjugés sont néfastes autant sur le plan individuel que collectif. Selon Breton (1994), la dévalorisation des origines et de la culture des autochtones a pour effet d’accentuer le décrochage scolaire et tous les autres problèmes vécus par les jeunes en général. En ce sens, comme le décrit cet auteur, l’isolement et l’exclusion vécus par les jeunes autochtones en milieu québécois est plus important et plus alarmant que ceux vécus par les autres jeunes puisqu’ils sont à la fois dissociés de la société en général et dissociés de la collectivité des jeunes. À un âge où l’acceptation et l’opinion de ses pairs est primordiale, les jeunes doivent passer outre ces préjugés pour faire entendre leur voix. Breton (1994) écrit: « À l’intérieur de la société se dessine une autre collectivité, celle de la jeunesse, qui permet d’établir un lien nouveau entre les peuples, basé sur une volonté de changement et de communication. » (Breton, 1994: 6). L’ouverture et le respect peuvent permettre cette union.
2.7 Exode – migration
Ce travail a été réalisé pour visualiser un groupe de jeunes parmi une multitude d’autres dont le point de référence est « les migrations ». De nombreux textes font mention du phénomène, particulièrement courant à l’approche de l’âge dit de la majorité. Principalement interne mais de plus en plus à travers la planète, elle permet aux jeunes de sortir de leur milieu d’origine pour comparer et découvrir autre chose. L’accession aux études supérieures et au marché du travail est le principal prétexte évoqué. Selon Roy (1992), le système scolaire opère une forme de transgression du milieu rural en y véhiculant chez les jeunes des aspirations qui impliquent la mobilité sociale et géographique. Les jeunes peuvent finir par se sentir à l’étroit car l’école est « traversée » par différents courants culturels qui sont porteurs des valeurs de la société. Ces courants culturels deviennent des modèles pour l’imaginaire des jeunes, c’est par eux qu’ils forgent leurs propres aspirations, leurs besoins, leurs projets d’avenir. Ce qui leur est proposé, c’est un modèle urbain qui ne correspond pas toujours avec les modèles ruraux ou les conditions de vie des milieux ruraux. Localisés en ville, les établissements d’enseignement collégial et universitaire commandent également aux jeunes de s’adapter au milieu urbain. Cette adaptation, selon Roy, peut les conduire à « faire leur nid » en ville, à s’y installer à demeure même après que leur scolarité aura été complétée. (Roy: 1992). Les jeunes des milieux ruraux sont confrontés aux mêmes choix que les jeunes des communautés autochtones.

En fait, tous les prétextes sont bons pour partir. S’il est évident que les jeunes doivent émigrer vers la ville pour étudier, cette migration a aussi d’autres objets. Nolet (2003) écrit: « Il est évident, aujourd’hui, que les jeunes émigrent surtout pour étudier, mais en entrevue, lorsqu’on gratte, un bon nombre avouent aussi très souvent qu’ils quittent pour expérimenter un autre style de vie, pour se colleter avec d’autres environnement, pour jouir de plus de liberté. » (Nolet, 2003: 18) Au moment du départ, le retour est souhaité (voir Gauthier, 2002) mais pas toujours possible. Normandeau (1984) souligne que les études américaines et canadiennes portant sur les mouvements migratoires des Indiens mettent en évidence la « sélectivité » des départs des réserves. Les résidents les plus instruits quittent, de même que la population féminine et les jeunes adultes.

Selon les études consultées par Normandeau, (1984), l’importance des mouvements de retour vers les réserves démontre qu’il y a des migrations alternantes ou temporaires au début de la vie active. Après une certaine mobilité, les personnes retournent s’installer définitivement dans les réserves.

Dépendamment des raisons évoquées pour partir, le retour dans la communauté d’origine ne signifie pas nécessairement un accueil à bras ouverts comme nous le raconte Michel Noël:
« Mais, depuis une vingtaine d’années, les réserves ont des impacts plus négatifs. Elles sont devenues des ghettos. La vie y est plus difficile. C’est trop petit; tout le monde se connaît. Les problèmes ont été tels que, ces dernières années, on assiste à un exode d’importance: les jeunes surtout partent en milieu urbain. On dit qu’à Montréal, il y a plus de 15 000 Amérindiens. Quand on sait qu’il y a entre 75 000 et 80 000 Amérindiens au Québec, c’est une présence importante. Les raisons du départ sont nombreuses : les jeunes vont trouver du travail; ils désirent être libres; ils fuient la communauté, etc. Mais c’est tout un défi. Sur la réserve, on trouve toujours de quoi manger, un lieu où dormir, de l’argent pour acheter des cigarettes. Aller en ville n’est pas facile; il faut assumer son indianité, être en mesure d’affronter les préjugés qui se multiplient à son égard. Le mouvement est si affirmé qu’il vide les réserves de leur dynamisme. Certains reviennent ensuite dans la réserve avec les problèmes rencontrés en milieu urbain, le sida, la drogue... Ils sont souvent mal accueillis : on leur reproche d’avoir fui la réserve et de revenir donner des leçons. Ils viennent de l’extérieur et sont devenus quelque peu étrangers. » (Noël Michel, 2002)
Par ce témoignage, on découvre donc que cette manifestation est liée à l’aspect même des réserves, de petites communautés, isolées et repliées sur elles-mêmes, mais qui vivent les mêmes problèmes d’exode que les autres communautés rurales.

L’exode des jeunes des réserves n’est donc pas un phénomène unique. Normandeau compare même les traits de la migration des jeunes des communes rurales françaises à ceux des réserves du Québec. Il souligne que le nombre de départs, importants entre 25-34 ans, diminue aux âges plus élevés et qu’il y a une légère reprise après 65 ans. Par rapport aux populations canadiennes et québécoises, l’auteur souligne que les résultats s’apparentent (Normandeau 1984). L’exode est donc un phénomène quasi généralisé, au point où: « Des géographes n’hésitent pas à parler de « société nomades » pour qualifier nos sociétés, alors que le nomadisme traditionnel est en voie de disparition à peu près partout dans le monde (Knafou, 1998). » (Gauthier, 2001: 216) Comme quoi on a beau vouloir se démarquer, on revient toujours à nos racines, et en fait « on ne part jamais tout à fait seul » (Girard, Garneau, Fréchette, 2004)
Conclusion
De nombreux sujets connexes sont mentionnés à travers le corpus d’articles qui a été rassemblé pour le présent travail. Ce texte aurait pu être tout autre selon l’angle retenu pour aborder le très vaste sujet des « jeunes autochtones » et des citations qui sont retenues. Cette revue de littérature a été réalisée par une jeune Innue de 25 ans, vivant hors réserve. En fait, un travail qui s’est fait de l’intérieur, comme le veut une certaine tendance en anthropologie. Pour elle, le choix de prioriser, dans un premier temps, la question de l’interaction des jeunes autochtones avec leurs parents, avec les aînés de leur communauté d’origine, avec les « Blancs » et avec les autres jeunes apparaissait comme essentiel. Dans un deuxième temps, l’exode et les migrations se sont révélés incontournables pour illustrer la façon dont ces jeunes s’intègrent au monde d’aujourd’hui.

Malheureusement, le travail reste incomplet. Les questions spécifiques aux femmes et aux urbains (entre autres Groves, 1999; Gill, 1995; Noël, 2002; Nolet, 2003) concernent indirectement des questions de mobilité puisqu’elles permettent d’expliquer certains motifs de départ. Nous pensons principalement aux effets des articles discriminatoires de la Loi sur les Indiens qui ont entraîné le retrait ou le refus du statut d’» Indien » pour les femmes autochtones mariées à un non-autochtone et de leurs enfants, de leur expulsion des réserves et de l’adoption du projet de la loi C-31 qui n’a éliminé que partiellement les articles discriminatoires.

Dans un autre ordre d’idées, nous aurions pu tracer tout l’historique des relations entre les « Blancs » et les « Amérindiens » pour expliquer l’état de leurs rapports actuels. De nombreux articles plus théoriques discutent des concepts de colonie, de majorité-minorité (Eriksen, 1993; Simard JJ, 1991), d’intégration, d’insertion ou d’exclusion (Cannat, 1990; Castel, 1994; Eriksen, 1993; Jaccoud, 1995), d’oppression (Belleau, 1994; Doré, 1991; Freire, 1997; Laberge et Roy, 1994; Melançon, 1996; Sioui, 1991) qui encadrent les relations entre les autochtones et les autres groupes. Par contre, ces questions touchent moins les jeunes qui, d’après nous, ont choisi un discours de fier héritier plutôt que de victime qui sous-tend souvent le terme minorité. Dans la même optique, quelques textes traitent spécifiquement des problèmes sociaux : Belleau, 1994; Collectif, 1984 (Drugs&Alcohol); Cusson, 1994; Laliberté, 2000; Larose, 1993; Robitaille et Choiniere, 1984; Ross, 1992; Tremblay et Saint-Pierre, 1971, etc. Loin de nous l’idée de nier ces problèmes criants, particulièrement visibles sur les réserves, mais ils relèvent encore une fois d’une vision « victimisante » et d’une politique de totale prise en charge par les gouvernements. Nous avons voulu aller au-delà de ce discours et mettre en évidence cette possibilité pour les jeunes autochtones de s’approprier le monde moderne tout en gardant un attachement à leur culture et un lien social avec leur communauté d’origine.
Au cours de nos lectures, nous avons pu faire un autre constat: le ton et le point de vue des différents articles sont directement liés avec les politiques gouvernementales en place lors de leur rédaction. C’est ainsi que les plus anciens se contentent d’observations avec une pointe de condescendance (voir par exemple Tremblay et St-Pierre, 1971) alors que quelques-uns des plus récents sont rédigés par les autochtones eux-mêmes. Avec des discussions d’égal à égal ou de nation à nation telles que le projet de traité entre les Innus, le Québec et le Canada, communément appelée « l’Approche Commune », le propose, une ère nouvelle s’ouvre pour les jeunes autochtones. Il faut souhaiter que de plus en plus, ils prennent la place qui leur revient dans la société, quelle soit dite « canadienne » ou « québécoise, mais surtout qu’elle soit celle qui leur permet le mieux de s’épanouir. Contrairement à leurs prédécesseurs, les jeunes autochtones ne sont plus des « victimes » mais des acteurs sociaux à part entière. Ils vivent, agissent, réagissent et écrivent.
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Chapitre II

Construction identitaire et dynamique interculturelle
Enquête sur les jeunes migrants autochtones au Québec.
Analyse de récits de vie et d’un sondage auprès des jeunes Innus-Attikamekw et Algonquins (18-34 ans)



Camil Girard, GRH- CONTACT _Con-42529D061 UQAC
Patrice LeBlanc, UQAT

Introduction
À l’instar de certains auteurs (par exemple Galland 1997, Gauthier 1999, etc.), nous considérons la jeunesse comme une période de transition vers la vie adulte, période durant laquelle les jeunes expérimentent et acquièrent graduellement des comportements propres aux adultes, notamment l’autonomie et l’indépendance. C’est également une période durant laquelle se construit et se cristallise l’identité du jeune. Toutefois, si la construction et l’affirmation de l’identité sont le propre de toutes les jeunesses du monde, celles des jeunes autochtones prennent une couleur particulière. Souvent à cheval entre leur culture première autochtone et la culture québécoise d’origine européenne dans laquelle ils baignent, tiraillés entre des valeurs traditionnelles et d’autres plus modernes, les repères dont les jeunes autochtones ont besoin ne sont pas pour eux toujours faciles à trouver. Au Québec, mais aussi dans d’autres sociétés, cette construction identitaire est par ailleurs imbriquée dans un processus d’affirmation nationale des peuples autochtones dans une perspective d’intégration sans assimilation, défi qui consiste à maintenir une culture distincte dans un contexte de reconnaissance des droits des peuples autochtones des Amériques et de prise en charge du développement par ces peuples. (Commission royale sur les peuples autochtones du Canada, 1995; Gill, 1995). Dans cette quête d’identité, tant individuelle que collective, l’affirmation des peuples autochtones s'appuie sur une certaine réappropriation du territoire ancestral et sur la prise en charge, par des gouvernements autochtones, des destinées des populations en cause. Le territoire devient l'élément central à partir duquel les différentes nations autochtones cherchent à rétablir les assises de leur développement économique (droits de chasse et de pêche, droits sur les ressources) et social (gestion des réserves et des territoires), les gouvernements cherchant, dans ce processus, à redéfinir les nouvelles bases de l'identité et de la culture autochtones.
Cet article analysera le processus de construction identitaire des jeunes autochtones du Québec. Quelles en sont ses caractéristiques et sur quoi repose-t-il ? Nos travaux et nos réflexions s’inscrivent dans le prolongement des enquêtes menées par le Groupe de recherche sur la migration des jeunes au Québec. Poser le problème de la migration dans les sociétés contemporaines, cela consiste en effet à se questionner sur la construction identitaire (Girard, Ntetu, 2006 ; Girard, 1997b, Girard, Garneau, Fréchette, 2004) dans des dynamiques d'échanges interculturelles (Girard, Gagné, 1995 ; Girard, 1997a; Turgeon, Delâge, Ouellet, 1996; Espagne, Werner, 1988). L'interculture implique des échanges multiples entre les cultures à la fois sur le plan intranational et international (Clapier- Valladon et Mannoni, 1991). Ces échanges sont inégaux à savoir que les cultures dominantes ont tendance à s'imposer en occupant tout l'espace socioculturel et symbolique.
Après avoir posé quelques jalons théoriques sur les rapports de la culture, de l’interculture et de l’acculturation dans le processus de construction identitaire, nous présenterons un portrait de la mobilité des jeunes autochtones du Québec puis une analyse de quelques éléments de leur identité et de sa construction à partir d’un corpus d’entrevues réalisées auprès d’une trentaine de jeunes Innus, Attikamekw et Algonquins.
1. La culture et la construction identitaire
Alors que l’idéologie de la modernité semble inviter à s’intégrer à tout prix, l’insertion sociale tout comme l’intégration dans les sociétés contemporaines ne peuvent se faire au détriment d’un questionnement profond des cultures et des rapports interculturels. Cependant, il est souvent difficile pour un individu qui s’identifie à un peuple autochtone de trouver les éléments nécessaires à une affirmation dynamique de son identité à partir d'une culture première qui n'est pas reconnue comme valeur en soi (Eveno, 2003; Roy, 2002; Girard, 1997b; Collin, 1994; Larose, 1989; sur le Mexique : Lartigue, Quesnel, 2003). Dans cette quête d'identité individuelle et collective, l'affirmation des Premières nations s'appuie sur une construction identitaire qui s'accomplit dans une certaine marginalité, voire une certaine exclusion (Jaccoud, 1995; Xiberras 1993; Castel, 1994; Parazelli, 2002; Pérez Islas, Valdez González, 2003 et 2004).
Le cas des nations autochtones du Québec pose un certain nombre de questions qu'il faut préciser. Les autochtones des réserves sont confinés à des territoires restreints. Ils sont contraints par des lois qui limitent considérablement leur développement économique et social. Ils sont aux prises avec des difficultés économiques et sociales très importantes. Dès lors, comment s'insérer dans un monde moderne en se réappropriant sa propre culture, alors que celle-ci est marginalisée ? Comment construire, dans cette conjoncture, son identité ? Deux grandes tendances se manifestent dans les populations étudiées au Québec (Kurtness, 1983). Les uns estiment pouvoir retrouver leur véritable identité en retournant aux fondements de la culture traditionnelle. Les autres pensent qu'il est essentiel de bâtir une identité autochtone qui emprunte tout autant à la modernité qu'à la tradition.
Nous croyons que toute culture est nécessairement en contact avec d'autres cultures dont elle prend en compte certains traits. En conséquence, certaines influences passent à toutes fins utiles inaperçues dans une culture tandis que d'autres sont assimilées en toute connaissance de cause ou sont rejetées. Trois concepts sous-tendent notre réflexion: celui de culture, celui d'interculture et celui d'acculturation.
1.1 La culture
La culture – ou l'ensemble des faits de civilisation – ne peut être cernée qu'en vertu de traits spécifiques à chaque groupe humain. Dès son plus jeune âge, chaque individu fait l'apprentissage de traits identitaires qui l'associent à son groupe. L'humain accapare ainsi un ensemble d'éléments qui lui permettront de s'insérer dans une certaine collectivité culturelle, qu'il s'agisse d'une civilisation de type sédentaire ou nomade, d'une culture orale ou écrite, d'une culture autochtone ou occidentale, etc. En adoptant une manière d'être, les humains font à la fois des apprentissages spécifiques à leur condition humaine et à leur identité culturelle. Ainsi, lorsqu'un individu fait l'apprentissage d'une langue, il accomplit les étapes complexes de tout humain qui apprend à parler; il devient un autochtone d'Amérique (groupes innus, attikamekw et algonquins qui sont associés aux grandes cultures algiques ou algonquiennes) en apprenant le montagnais, l'attikamek, l’algonquin ou un francophone nord-américain lorsqu'il apprend le français québécois.
En somme, l'être humain s'intègre dans un environnement; il tente de s'y établir et, s’il est à l’abri de problèmes majeurs, de difficultés d’adaptation, de problèmes psychiques, intellectuels ou autres, il réussira à fonctionner et à transmettre à sa progéniture une partie de son héritage culturel. La culture peut ainsi se définir comme la somme des identifications et des paramètres appris dans une société. C'est à la fois une expérience intérieure et une manière de vivre. L'individu qui participe à sa culture ne la vit pas seulement de manière externe, mais il la vit plutôt comme quelque chose d'intériorisé qui devient partie intégrante de sa structure et de sa réalité psychique (Devereux, 1970, p. 365). En fait, au-delà des objets physiques et des structures sociales, c'est peut-être davantage dans les manières de penser et de croire que se construit le sens de chaque culture. Le fait de ne pas se placer au-delà des apparences pour entrer dans l’intériorité où se retrouve la véritable signification d’une culture, peut expliquer la difficulté de comprendre cette dernière. Comme le souligne Georges Devereux:
« [...] l'uniformité de la psyché humaine implique également l'uniformité de la Culture humaine, avec un C majuscule. De même que les individus, les cultures diffèrent entre elles essentiellement par la manière dont leurs éléments constitutifs se juxtaposent et s'organisent en modèles et structures. » (Devereux, 1970, p. 219).
1.2 L’interculture
En vertu du statut qu'il acquiert, l'individu peut prendre sa place dans sa collectivité, mais aussi dans une culture différente de la sienne. En précisant son identité dans un contexte interculturel, il endosse une certaine part de responsabilités vis-à-vis de son propre devenir au sein de sa communauté ou de la société d'accueil. Ce processus d'identification en fait une personne informée qui cherche à assurer une certaine reproduction de sa culture au contact des autres cultures.
Des définitions de l’interculturation rencontrées dans nos recherches, nous avons retenu celle de Retschtzki: « L'ensemble des processus par lesquels les individus et les groupes interagissent lorsqu'ils appartiennent à deux ou plusieurs ensembles se réclamant de cultures différentes ou pouvant être référés à des cultures distinctes. » (Retschtzki et al, 1989, p. 210). L'interculture pourrait alors être définie comme la somme des rapports qui régissent les contacts entre deux ou plusieurs cultures. À ce propos, les différentes interprétations formulées par les auteurs semblent démontrer que l'interculture est au centre de toutes les composantes de nos sociétés contemporaines. En fait, la mondialisation des rapports « inter-nationaux », la communication et les transferts technologiques nous placent en contact constant avec des cultures différentes des nôtres.
L'interculturalité ou les rapports qui existent entre les cultures peuvent ainsi être appréhendés comme des espaces de jeux culturels où la construction identitaire s'accomplit dans une certaine fragilité. Selon Roger Bastide:
« L'identité d'un individu est la conséquence du processus d'identification à un groupe, qui peut être simplement social, mais qui peut être aussi ethnique ou culturel et qui lui permet d'avoir un statut déterminé, reconnu, lui assurant une place propre à l'intérieur du cosmos comme de la société, lui dictant enfin un rôle appris à travers les mécanismes de la socialisation… » (Bastide, 1975, p. 154).
Pour l'autochtone, les rapports interculturels se vivent habituellement, d'abord au contact des autres communautés autochtones. Il y a, dans cette stratégie identitaire, une volonté manifeste de s’inscrire dans la filiation d’un héritage culturel ancestral. Cependant, au sein de la jeunesse autochtone, l'influence marquée de la culture euro-canadienne et nord-américaine apparaît comme une menace à la survie de la culture autochtone. Au sein des communautés, des différences marquées se perçoivent entre les plus âgés et les plus jeunes. À cet égard, certaines communautés autochtones évoluent à proximité de zones urbaines alors que d'autres sont plus isolées. L'interculture est donc d'un type différent selon que l'individu est autochtone, immigré ou membre de la société globale. De même, la capacité d'interculturalité dépend aussi de contacts plus ou moins fréquents qu'impose la situation géographique d'une communauté par rapport à une autre.
Dans les cas qui sont à l'étude, les jeunes autochtones sont en contact permanents avec la société globale. La proximité de villes comme Roberval, Baie-Comeau, Sept-Îles, La Tuque ou Val-d’Or, l'attrait pour les grandes villes comme Gatineau, Québec et Montréal ont une influence sur les perceptions, les attitudes et les aspirations des jeunes autochtones (Groves, 1999). Les jeunes discernent fort bien certaines conditions de vie relatives à la vie en ville, à la réserve et à la vie traditionnelle en territoire. Tout se passe comme si de manière consciente ou non, ils filtraient les informations reçues sous forme de fragments identitaires pour les placer en réserve, en utilisant, au mieux de leurs connaissances, ce qu'ils estiment être les meilleurs éléments liés aux deux cultures.
Toute dynamique culturelle a d'abord pour but de ramener chaque culture à sa spécificité. Les contacts entre les cultures ne déstructurent pas nécessairement une culture, si petite soit-elle. Chacun peut cohabiter et exister dans un monde relativement fermé, avec des frontières qui semblent établies par chacune des cultures. Voilà toute la complexité de celle-ci.
1.3 De l’acculturation à la transculturation
Le phénomène d’acculturation a d’abord une dimension de contrainte : celle de la domination d’une culture sur une autre. Cependant, si ce concept est porteur d’un décloisonnement inégal entre les cultures, il s’inscrit aussi dans un processus d’échanges et de transferts qui marquent toutes les cultures, même celles qui affirment avoir conquis ou découvert les peuples autochtones des Amériques (Girard, Gagné, 1995, 3-15 ; Todorov, 1982, p. 72 ; Axell, 1982, p. 246, 274). Dans ce contexte, lorsque le volume des emprunts et le rythme des novations s'accentuent, semblant dès lors bouleverser en profondeur les sociétés d'origine, on peut définir l'acculturation comme l'ensemble des phénomènes qui résultent du contact direct et continu entre des groupes d'individus de cultures différentes avec des changements subséquents dans les types culturels de l'un et l'autre groupe (Clapier-Valladon et Mannoni, 1991, p. 541; Sélim, 1991, p. 99). Ainsi considérée:
L'acculturation apparaît soit comme une superposition d'éléments culturels qui sont intégrés, soit comme une dépossession; elle s'inscrit tout autant comme facteur d'assimilation d'éléments étrangers à sa culture que comme une rupture véritable. Enfin, si l’acculturation transforme les cultures et exerce sur ces dernières des pressions très fortes, cela ne signifie pas nécessairement leur disparition, du moins en théorie. (Girard, 1997b, p. 231)
Depuis le milieu du XXe siècle, la postindustrialisation a engendré de nombreux bouleversements, lesquels ont entraîné la dégradation des modes de comportements et des systèmes de valeurs (Croteau, 1991). Ce phénomène, que nous appellerons à l'instar du spécialiste Jean Poirier « dysculturation », affecte en profondeur et de manière inégale toutes les sociétés. En somme, même les grandes cultures sont de plus en plus interpellées par diverses formes de métissage, d’acculturation réciproque voire de transculturation (Clapier-Valladon, Mannoni, 1991, 553, 565) Devant les innovations et les progrès qui se multiplient à un rythme de plus en plus rapide, les cultures perdent leur fondement et leurs systèmes de références et en viennent à ne plus assimiler les changements. Considéré ainsi, la dysculturation est:
«[…] ce processus – cet état – né de la mutation postmoderne, qui est la conséquence d'effets pervers des avancés technologiques et des progrès de tous ordres mal assimilés et au rythme trop précipité. À partir de l'éclatement des structures d'accueil de la personne et du changement drastique [sic] des modèles culturels, l'individu est devenu orphelin du groupe et malade de la société. Cette dysculturation, contrecoup du progrès, poserait une situation inédite dans l'histoire, coïncidence unique entre une extrême progression et une profonde régression: l'hétéroculture (qui fonde les sociétés sur deux modèles opposés), la dérive des concepts et la confusion des valeurs» (Poirier, 1991, p. 1587).
Dans cette perspective, les individus et les groupes sont appelés à modifier sensiblement leurs rapports à la famille et aux groupes sociaux avec lesquels ils s'identifient. Leur système de croyances et de valeurs est modifié au point de remettre en cause la préservation des humains dans leur être et leur devenir le plus profond, dans leur culture.
En fait, les grandes cultures et civilisations semblent commencer à comprendre de l’intérieur ce que vivent les peuples autochtones depuis cinq siècles.
Lorsque sa culture est menacée, les stratégies de repli de l’individu et du groupe sur la culture d'origine viennent témoigner du stress vécu dans ces cultures. Comme le précisent Akoun et Ansart qui ont étudié des groupes immigrants en Europe:
Dans la mesure où l'appartenance à un groupe, à une culture, à une société est une façon de construire sa propre image de soi, on comprend que des problèmes se posent à un groupe qui se trouve immergé dans une société où il ne se reconnaît pas. Des logiques et des conflits surgissent alors, qui vont de la volonté d'intégration à la société nouvelle à la volonté contraire de résistance et de maintien de l'identité originaire (Akoun et Ansart, 1999, p.265).
Les cultures autochtones du Québec restent profondément marquées par la culture occidentale, cette dernière étant peu sensible à assumer les influences autochtones comme des valeurs positives. En connaissant bien la culture des « autres », l'autochtone s'offre une certaine forme de pouvoir; à la limite il s'en sert comme contrepoids pour reconstruire son identité autochtone. Par sa position au sein de sa communauté et par sa capacité d'intégrer la culture québécoise, il cherche à reconstruire perpétuellement sa propre identité autochtone fragilisée, et ce, dans un effort d'intégrer le plus de changements possibles en respectant une culture autochtone qui tente de se perpétuer.
2. La mobilité des jeunes autochtones du Québec
En 2004-2005, le Groupe de recherche sur la migration des jeunes a réalisé un sondage téléphonique auprès de 6 000 jeunes québécois âgés de 20 à 34 ans (Gauthier, et al., 2006) dont 168 jeunes se déclaraient autochtones (Girard, LeBlanc, Fortin, 2007). De ceux-ci, 72 % représentent des jeunes adultes identifiés ici au Groupe-Centre des Innus, des Attikamekw et des Algonquins et 28 % représentant les autres jeunes. Bien que, nos données restent limitées à une représentation sommaire de jeunes autochtones qui vivent dans le centre du Québec et à proximités des villes, elles permettent tout de même de dresser un certain portrait de leur mobilité.
Le profil migratoire des jeunes autochtones se compose de 35 % de non-migrants, de 11 % de migrants intrarégionaux et de 26 % de migrants extrarégionaux (total: 37 % de migrants). Les migrants interrégionaux de retour constituent 28 % des cas identifiés. S’inscrivant dans des profils et des trajectoires qui ressemblent aux jeunes Québécois, les jeunes autochtones du Québec aspirent à améliorer leur condition de vie à travers des départs qui sont motivés par le désir de poursuivre des études (48 %), pour suivre un conjoint (39 %) ou pour travailler (23 %). Plus de 77 % des jeunes disent avoir quitté leur milieu d’origine afin d’améliorer leurs perspectives d’avenir.
Dans le milieu d’accueil, les jeunes affirment avoir peu de connaissance des nouveaux lieux qu’ils fréquentent. Plus de 60 % des jeunes déclarent avoir des amis dans leur nouvel environnement associé à leur départ. Ils gardent des contacts téléphoniques avec leurs parents (60 %) et ils estiment que l’école (45 %) et les amis, dans une moindre mesure (14 %), favorisent l’insertion dans le nouveau milieu.
Près d’un jeune autochtone interrogé sur deux (49 %) reviendrait vivre dans son lieu d’origine (lieu où habitait ses parents lorsqu’il les a quitté une première fois pour une période de plus de six mois) si les circonstances s’y prêtaient, 10 % sont incertains tandis que 41 % n’y reviendraient pas. Dans les motifs de retour qui sont privilégiés par les jeunes adultes, il est certain que le retour dans la communauté d’origine pourra se faire à la condition de pouvoir y retrouver une bonne qualité de vie (76 % des jeunes affirment oui à l’énoncé). L’importance du retour peut aussi s’expliquer par une volonté d’élever ses enfants dans son milieu d’origine (72 %), pour se rapprocher des parents (69 %), pour se rapprocher de la nature (66 %) ou pour avoir sa maison (65 %). Dans les projets de retour, le désir de se rapprocher des amis constitue une donnée moins importante pour les jeunes (45 %).
Bien que près de la moitié des jeunes autochtones affirment être prêts à revenir dans leur milieu d’origine, seulement 31 % de ceux-ci le font. Les motifs les plus fréquemment invoqués pour expliquer ce retour sont: pour avoir une bonne qualité de vie (89 %), pour la proximité de la nature (72 %), pour gagner sa vie (68 %), pour se rapprocher de ses parents (62 %) ou de ses amis (62 %) et pour élever vos enfants (50 %).
Lorsque l’on compare les comportements migratoires des jeunes autochtones avec ceux de l’ensemble des jeunes québécois interrogés lors de la même enquête, on constate qu’ils sont similaires sur bien des aspects. En ce sens, les jeunes autochtones participent de plain-pied à la société québécoise et en éprouvent les effets. Mais qu’en est-il de leur construction identitaire ?

 3. La construction de l’identité: une enquête qualitative
Pour les fins de la présente réflexion, l'équipe a analysé les témoignages recueillis en 2001 et 2002 auprès de 33 jeunes adultes d'origine autochtone qui s'identifient à la nation innue, attikamek ou algonquine et dont l'âge variait entre 18 et 34 ans. Un guide d'enquête semi-dirigée a été adapté à partir de celui qui avait été développé dans une enquête précédente menée auprès d'une centaine de jeunes au Québec. Les Attikamekw qui ont participé à la présente enquête sont issus des trois communautés attikamekw existantes. Les Innus qui ont participé à l’enquête sont issus ou associés aux communautés du groupe centre (Sept-Iles / Uashat-Malioténam), Betsiamites et Mashteuiatsh). Les algonquins interviewés vivaient à l’âge de 15 ans dans les communautés de Grand-Lac-Victoria, Lac Simon et Pikogan tandis que certains autres habitaient Val-d’Or, Senneterre ou Dupuis en Abitibi-Témiscamingue. Il faut donc situer les résultats de cette enquête dans les limites qui s'imposent. En fait, les jeunes interviewés ont été pour la plupart rejoints dans les villes situées à proximité de leur communauté: La Tuque, Shawinigan, Sept-Iles, Roberval, Ville de Saguenay, Alma, Amos ou Val-d’Or. Dix-sept jeunes sur 33 ont déclaré vivre dans leur communauté d'origine à 15 ans et 14 ont déclaré vivre dans des villes proches de leur communauté.
La Nation innue du Québec est composée de 9 communautés réparties sur un territoire immense qui va de Mashteuiatsh (Roberval, Lac-Saint-Jean) à Saint-Augustin, près du Labrador (25 % du territoire péri-nordique du Québec). La population innue comprend 14 492 membres dont 10 289 résident dans les réserves et 4 203 résident hors réserves (Site du Secrétariat aux Affaires autochtones du Québec). Mahsteuiatsh a plus de 57 % de sa population qui vit en dehors de la réserve (2 595 sur 4 555). Quant aux Attikamekw, les trois communautés sont situées dans le secteur de La Tuque: Manouane, Obejiwan et Weymontachie. Ces trois communautés regroupent près de 4 500 personnes dont 19 % (836 personnes) vivent hors réserve. Enfin, un peu plus de 5 000 algonquins vivent dans neuf communautés situées en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue alors qu’environ 3 800 autres habitent ailleurs au Québec.
Parmi les jeunes migrants interviewés, 13 s'identifiaient à la nation attikamek, neuf à la nation innue et 11 à la nation algonquine; 15 jeunes étaient de sexe masculin et 18 de sexe féminin. Au moment de l'enquête, 15 étudiaient, 12 travaillaient à temps plein, trois étaient en emploi à temps partiel et trois autres sans emploi. Huit jeunes avaient complété des études dont six du niveau secondaire et deux, un cours professionnel; dix étaient encore engagés dans des études au niveau secondaire et dix jeunes étudiaient au cégep dont deux affirmaient avoir complété leur programme. Quatre jeunes étudiaient à l'université. La grande majorité des répondants (24 sur 33) affirmait vivre en couple et plusieurs vivaient en appartement (23 sur 33). Treize participants à l'enquête ont affirmé n'avoir aucun enfant, quatre ont dit avoir deux enfants, cinq ont affirmé en avoir trois et neuf ont déclaré avoir un enfant à charge. Près de 60 % des jeunes interviewés ont dit tirer leur revenu d'un emploi, le reste provenait principalement des bourses d'études. Près de la moitié du groupe a déclaré avoir des revenus annuels inférieurs à $15 000. Ce sont pour la plupart des jeunes qui ont quitté leur communauté d'abord pour étudier.
3.1 La mobilité: attrait pour le milieu d’accueil mais attachement au milieu d’origine
Les jeunes autochtones quittent généralement leur milieu d'origine pour poursuivre des études au-delà du secondaire ou pour travailler. Les jeunes autochtones interviewés ont montré un intérêt marqué pour les métiers reliés à une relation d'aide. Qu'ils aspirent à devenir avocat, psychologue, travailleur social, enseignant, infirmière, coiffeur, électricien ou policier, tous espèrent pouvoir un jour exercer leur travail afin de contribuer au mieux-être de leur communauté. Tous voient dans l'éducation un moyen pour s'accomplir tant individuellement que collectivement. Plusieurs voient aussi dans leur réussite scolaire, une fierté pour toute leur famille. Sous ce rapport, les filles semblent plus déterminées que les garçons à compléter leurs projets d'étude:
« Il faut que je finisse mon Bac, c'est important d'avoir des études. Je serais une des premières, je serais la troisième de la famille à avoir un Bac. [...] Ben, c'est important des deux côtés. On n'est pas beaucoup qui a un Bac dans la famille. [...] C'est important pour nous autres parce que c'est comme... il faut s'en sortir un petit peu... C'est pas pour se vanter... les femmes surtout sont diplômées. Les gars, c'est pas pareil. Les femmes, on est beaucoup diplômées. » (ATT-03, femme, 24 ans, étudiante, baccalauréat)
Mais si le départ coïncide souvent avec la poursuite des études, il correspond aussi à une volonté de prendre une distance d’avec le milieu d’origine. C’est l’occasion pour les jeunes de s’affranchir à la fois de leur famille immédiate, mais aussi plus largement d’un milieu de vie perçu comme contraignant.
« Bien moi, je suis partie parce que je voulais m’instruire. Je voulais aller à l’école puis en même temps aussi voir d’autres choses que Senneterre. Je voulais sortir de là puis être libre. Je ne voulais surtout pas que les gens voient... Pas voient mais je voulais être indépendante. C’était surtout ça parce que je voulais avoir mon indépendance. Je ne voulais pas m’accrocher à cette ville-là puis attendre que les années passent. » (ALG-02, femme, 28 ans, travailleur, Cégep)
« Oui, j’étais déjà avec ma copine. On est parti d’ici à cause qu’il y avait trop de boisson. Il y avait trop de va et vient, de la drogue puis tout ça là. [...] On voulait s’instruire. Et aller chercher du potentiel puis d’avoir des crédits, pour avoir un job, quelque chose comme ça » (ALG-04, homme, 25 ans, travailleur, secondaire)
Néanmoins, si le départ est perçu comme nécessaire, il n'en demeure pas moins que l'intégration dans les milieux d'accueil n'est pas facile. Quitter la réserve ou une petite ville pour aller vivre dans une grande ville, c'est, à la limite, comme aller vivre dans un pays étranger:
« C'est comme si tu t'en vas d'un pays que tu connais puis tu t'en vas dans un pays étranger. C'est la même chose, c'est deux mondes... Pour moi, c'est la même chose que si tu pars d'une réserve puis tu t'en vas rester en ville. C'est un univers qui est complètement différent. » (INN-07, homme, 31 ans, étudiant, maîtrise)
« Je voulais surtout partir de Senneterre puis je suis déménagée à Hull vers la fin de l’été puis j’ai fréquenté le CÉGEP là pendant toute la session de l’automne. Puis j’ai déménagé dans une petite chambre, dans un petit, une garçonnière qu’on appelle. Puis je trouvais ça un peu difficile parce que j’étais enfermé comme dans un petit carré puis quand tu viens de l’Abitibi puis que tu arrives en ville comme ça puis qu’il y a des voitures qui passent vites puis qu’il y a du monde partout, mais moi, je n’étais pas vraiment préparé à ça et puis... » (ALG-02, femme, 28 ans, travailleur, cégep)
Dans le milieu d’accueil, les besoins sont souvent plus pressants pour les jeunes mères. L'entraide des amies permet de dépanner. Cependant, c'est autour de divers organismes que les femmes trouvent les moyens de s'en sortir. Les Centres d'amitié autochtones et les garderies sont privilégiés par les jeunes mères autochtones qui vivent un stress considérable. La recherche de petits emplois rémunérés permet de combler un budget de famille souvent insuffisant. À l'évidence, malgré les pressions énormes qu’elles subissent, les jeunes mères autochtones cherchent auprès de la communauté les moyens d’améliorer leur condition. En cela, elles ne limitent pas leur action à l'école ou au milieu de travail; leur cercle s'élargit rapidement, ce qui peut favoriser l'insertion dans les milieux d'accueil.
« Oui, je me suis mis dans des organismes autochtones là [à Montréal]. Comme Terre en Vue [….]. C’est une entreprise, je pourrais dire autochtone mais il n’y en a pas beaucoup là mais… […] Oui, j’allais au Centre d’Amitié aussi. Je faisais partie de comités de jeunes là. J’allais souvent là-bas. Comment je vous disais Terre en Ville, ils ont une revue aussi eux autres là. Puis, il y a des… Un organisme autochtone, il y a un festival, toujours au mois de juin. » (ALG-05, femme, 23 ans, travailleur, secondaire)
Dans ces départs, les jeunes découvrent à la fois leurs limites mais aussi leurs possibilités. En cela, les jeunes migrants de toutes les cultures se ressemblent. Ils se découvrent à distance de leur milieu et de leur culture d'origine. Le repli sur soi permet à chacun de se découvrir avec ses limites mais aussi avec ses forces jusque-là ignorées. En cela, l'expérience du départ est jugée comme positive. Ainsi, ce jeune attikamek de 23 ans (travailleur, cégep) ne cache pas que son départ lui a permis de se découvrir des qualités qu'il ne se connaissait pas auparavant:
« Je pense que j'ai gagné quelque chose. [...] J'ai découvert en dedans de moi que j'étais quelqu'un de débrouillard. Si j'aurais resté à Obedjiwan, c'est sûr que là-bas, je sais pas ce que je serais devenu si j'aurais resté là-bas. Ici, je me suis découvert, le monde m'ont découvert. Les personnes avant ça, [ils ne] me connaissaient pas. Quand je suis retourné là-bas, j'ai travaillé là-bas, les gens ont commencé à me connaître, les personnes ont trouvé ce que moi j'étais capable de faire... En parlant à ces gens-là, ils deviennent mes amis, quand je les revois en ville, je suis content. Moi, j'ai plus gagné. » (ATT-05, Homme, 23 ans, travailleur, cégep)
Les jeunes ont un regard assez critique de leur communauté d'origine tout en découvrant, une fois partis, que leur milieu de vie leur manque. Avec l'arrivée des enfants, les possibilités de retour sont envisagées avec plus de sérieux. La remémoration des lieux et des temps où toute la famille se retrouvait dans sa communauté contribue à reconstruire une image plus positive du milieu d'origine. Le retour peut ainsi être envisagé.
«  Comme quand on est parti là, on est parti juste nous autres puis oui, on a bien aimé ça à Gatineau. C’était quand même un gros changement-là mais c’était… Ça fait juste du bien de sortir d’ici aussi, du lac Simon. Puis aller partir au moins un an, revenir avec quelque chose en main. Puis c’est bon puis c’est ça qui… C’est comme le fait de penser que c’est plate au lac Simon, c’est… Ça a changé de bord-là. Je veux comme m’impliquer astheure pour les jeunes puis là, c’est ça là, l’avenir. » (ALG-07, homme, 25 ans, travailleur, secondaire)
« C'est sûr que j'aimerais ça travailler pour les autochtones, faire quelque chose pour les enfants. Je sais pas, montrer c'est quoi la culture, y a pas assez de choses qu'on voit pour les enfants, comme le mien. Le mien, y s'en vient, ça me manque beaucoup les makushan, ça me manque beaucoup, la musique, ça me manque beaucoup, les aînés me manquent beaucoup, je vois pas personne, ça, ça me manque beaucoup. C'est pas icitte je pense que j'vas le trouver, ça va être plus à Obedjiwan que je vais être capable d'y donner ça, ces choses-là qui manquent icitte. » (ATT-02, femme, 21 ans, travailleur, cégep)
Pour d'autres, le départ reste difficile à assumer. À mesure que l'on vieillit, que la famille se crée et que l'insertion professionnelle se complète en dehors de sa communauté, certains constats s'imposent au jeune adulte qui fait certains deuils.
« C'est sûr que quand ton âme a grandi là, ton âme reste là à un moment donné... puis c'est une partie de moi que j'avais laissée là-bas. Sauf qu'aujourd'hui, je garde ça comme des beaux souvenirs. Je prends ça positif. Je m'ennuie... oui je m’ennuie. Quand je vais là, je fais mon possible pour faire le tour, de voir... toute la gang avant de partir. Quand j'ai pas le temps, j'ai pas le temps. » (ATT-13, homme. 33 ans, travailleur, baccalauréat)
En définitive, si le départ s’inscrit dans une volonté d’améliorer sa condition par les études, le travail et le contact avec ses pairs, il reste qu’un choc culturel est vécu par les jeunes autochtones. Ce choc incite le jeune à remettre en question les valeurs de sa culture d’origine tout en jetant un regard critique sur sa culture d’accueil.

3.2 Le milieu d’origine des jeunes autochtones et l’identité
Dans la famille autochtone, la famille élargie, plus particulièrement, les grands-parents jouent un rôle important. Les jeunes adultes interviewés ont parlé davantage des rapports qu'ils avaient eus avec leurs grands-parents qu'avec leurs parents dans leur milieu d'origine. Les grands-parents interviennent dans l'éducation des jeunes, du moins durant l'enfance. La famille élargie aux parents, grands-parents, frères, sœurs, oncles, tantes, cousins et cousines, constitue le noyau des liens communautaires du jeune autochtone.
« Nous autres, c’était plus collectivité. En collectivité, on vivait plus en collectivité avec mes frères, mes sœurs. On jouait plus ensemble puis avec d’autres enfants aussi de la communauté surtout l’été quand on retournait après les écoles. » [nb: Les jeunes de Kitcisakik sont scolarisés à Val-d’Or où ils demeurent dans des foyers durant l’année scolaire]. (ALG-10, femme, 29 ans, étudiante, cégep)
[Après ma première année à l’école primaire] nous sommes déménagés à [ville]. Mes parents sont allés compléter leurs études là-bas. […] J’ai réussi à rester là-bas pendant six mois. Je m’ennuyais trop fait que… Bien, je m’ennuyais trop du village puis c’est pour ça que ma mère a décidé de me renvoyer chez mes grands-parents ici pour finir l’année scolaire. (ALG-09, homme, 26 ans, travailleur, cégep)
Certains problèmes ont été soulevés eu égard à l'exiguïté des maisons et à un certain manque d'intimité.
« Je restais chez ma grand-mère. À côté de chez nous, il y avait deux de mes oncles. En face de chez nous, il y avait une tante. [...] Dans le village, on était situés proches proches. Chez ma grand-mère, il y avait deux de mes tantes qui restaient là, c'était vraiment serré. On était vraiment proches, ce qui se passait sous un toit se passait aussi sous l'autre toit parce qu'on finissait tout le temps par se promener d'une place à l'autre. » (INN-04, femme, 23 ans, travailleur, secondaire)
On se plaint parfois que dans le milieu d'origine, il n'y « a rien à faire ». Cependant, la plupart des interlocuteurs ont affirmé avoir leur réseau d'amis autochtones. C'est à l'échelle de la réserve que les souvenirs des jeunes ont été les plus vivaces.
« Oui, bien j’avais des amis, oui mais c’est vrai que… On disait toujours ça que c’était plat là à cause que… Je ne sais pas. C’est plutôt le fait qu’il n’y a pas d’activités pour les jeunes ici là. Il n’y a pas vraiment une Maison des Jeunes organisées puis tout le temps à l’improviste-là qu’on s’amuse ensemble là. Ce n’est pas… Ce n’est jamais organisé là. » (ALG-07, homme, 25 ans, travailleur, secondaire)
Certaines activités organisées localement ont pour but de se réapproprier des éléments de sa culture traditionnelle. Les souvenirs les plus marquants concernaient les makushan (repas traditionnels), les danses, les prières, les rites de passages auxquels les membres de la communauté sont associés. D'autres activités comme les Jeux autochtones qui regroupent les jeunes de différentes nations autochtones sont perçues comme des temps privilégiés pour élargir les réseaux d'amitié en milieu autochtone.
« Ça, les Jeux, ça a commencé en 90, 90-91, c'était les Jeux attikamekw en premier, il y avait juste des Attikamekws-Montagnais. En 92, c'est devenu les Jeux autochtones inter-bandes. C'est des communautés de partout, c'est des rassemblements. Il y avait déjà des rassemblements, je te dirais, de toutes les communautés dans les tournois de volley-ball justement amérindiens, dans les tournois de hockey amérindiens tout ça, mais là c'était tout pour les adultes, là c'était juste pour les enfants. C'est les Jeux du Québec pour les jeunes. On avait mille jeunes qui arrivaient à Pointe-Bleue, ça fait que là, tu en connaissais, tu te faisais des chums à travers, à tous les soirs il y avait des partys. Ah! ça, c'était spécial! Là, ça fait deux ans qu'il y en a pas pis je suis ben déçue. (INN-04, femme, 23 ans, travailleur, secondaire) 
Même si les jeunes fréquentent peu le territoire ancestral de chasse et de pêche, ils estiment que ces territoires restent les véritables lieux où peut se perpétuer leur culture traditionnelle. Lieux mythiques où les pratiques traditionnelles peuvent se perpétuer autour des familles qui les partagent. Ce sont des lieux de ressourcement.
« À Obedjiwan, sur le terrain de mon grand-père à cette heure, il y a un chalet sur ce terrain-là. On peut y aller encore, c'est à la famille. Mais la famille, c'est pas rien qu'à moi, mon grand-père puis tout ça. C'est la famille vraiment élargie, c'est plusieurs personnes, mes oncles, mes tantes. Dans ma famille, on est dix, onze. Ma grand-mère a eu onze enfants. Ça fait que tous les onze ont le droit d'y aller à leur guise quand c'est le temps de la chasse. » (ATT-02, femme, 21 ans, travailleur, cégep)
« Mettons comme quand j’ai besoin de m’évader comme pour relaxer après des grosses journées ou bien des grosses semaines stressantes. Je me paye un voyage d’une journée dans le bois moi-même tout seul juste pour décompresser parce que c’est là-bas que je me retrouve. Ce ne sera pas en ville parce que là-bas, en ville, tu as du bruit puis tout mais dans le bois, tu n’as personne, tu n’as pas de bruit. Tu as juste les oiseaux qui peuvent te déranger, des animaux qui peuvent venir te déranger mais à part ça, tu as du bruit en masse. Bien, tu n’as pas de bruit en masse. Tu es bien. C’est pour ça que je retourne dans le bois. C’est pour retrouver l’Indien, façon de parler. » (ALG-09, homme, 26 ans, travailleur, cégep)
Si le territoire ancestral de chasse et de pêche apparaît comme un lieu idéal, cela doit s'accomplir dans le respect des valeurs autochtones: partage entre les membres de la famille et respect de la nature. Espace d'une identité autochtone qui se découvre dans un rapport étroit avec la nature et en compagnie de membres du réseau familial:
« Tu sais, nous autres on connaît comme nos états d'âme... Je te dirais qu'à rester au Lac pendant un bout de temps, tu es capable de lire dans l'eau la température qu'il va avoir... On y va avec notre famille depuis qu'on est jeunes... Tu sais c'est une place où tu te sens bien. [...] Tu sais, c'est des places sécurisantes, c'est des places que moi, je sais qu'il m'arrivera rien si je suis assis dans le bois à cette place-là parce que j'ai tout le temps été là. C'est juste dans le bois en arrière de chez nous avec ma fille, je veux qu'elle connaisse ça parce que moi je me sentais bien à cette place-là, parce que j'étais dans le bois mais j'étais proche de la ville, j'étais proche... » (INN-04, femme, 23 ans, travailleur, secondaire)
Les jeunes adultes sont soucieux d'assurer une certaine transmission des valeurs traditionnelles à leurs enfants. Toutefois, il est évident que les jeunes migrants autochtones fréquentent peu ce territoire ancestral si ce n'est lors des rencontres familiales.
Malgré cet attachement à leur identité autochtone, les jeunes restent ouverts au changement. Amateurs de sport, de musique, parfois de lecture, entourés de leurs amis, ils fréquentent, dans leur communauté d'origine, les terrains de jeu, les maisons de jeunes, les centres communautaires et les arénas selon les âges de la vie ou selon leurs besoins. Les jeunes désirent poursuivre des études afin d'occuper des emplois si possible dans leur milieu d'origine. Cependant, pour retourner dans les communautés, les jeunes croient qu'il faut y trouver une certaine qualité de vie. Parmi les points négatifs soulevés, la rareté des emplois vient en premier lieu, mais aussi les problèmes de consommation de drogue et d’alcool. Pour les femmes, la qualité déficiente de l'enseignement dans les écoles de certaines communautés pose problème.
«  Oui, moi, je suis toujours ouverte à [vivre ailleurs que sur la réserve]. Parce que c’est vrai que des fois, je suis tannée d’être ici quand même à [nom de la réserve] parce que je vois beaucoup de problèmes de boisson; de boisson, d’alcool; beaucoup de monde qui ont le problème. Mais moi, je ne dis pas que c’est vrai mais c’est ce que je vois là. Je dis juste ce que je pense voir. » (ALG-11, femme, 28 ans, étudiant, secondaire)
Dans certains cas, ce sont les communautés entières qui sont perçues de manière négative. Les jeunes estiment que de telles situations favorisent les départs et limitent les possibilités de retour. Parmi les problèmes soulevés par les jeunes, outre l’alcool, la drogue, la violence et le suicide, il y a le climat général d'insécurité qui crée une atmosphère de peur et de stress telle que les jeunes doivent quitter leur communauté. Plusieurs jeunes interlocuteurs ont affirmé avoir été, eux-mêmes, victimes d’actes de violence ou avoir eu des problèmes de consommation. Toutefois, tous essayaient de s'en sortir et envisageaient l'avenir avec un certain optimisme.
« C'est sûr que j'ai vu des affaires. Mais je sais pas, il me semble que tous les jeunes autochtones qui ont vécu à Obedjiwan, pis Manouane, pis Weymon, c'est toute la même histoire: suicide, boisson, drogue, battage, battage de femmes... Tu sais, il faut pas tout le temps penser au négatif, il faut penser au positif. Moi, c'est ça que je pense. Parce qu'avant c'était de même, aujourd'hui c'est plus comme ça. » (ATT-02. femme, 21 ans, travailleur, cégep)
Les jeunes accordent une grande importance à leur milieu d’origine qu’ils considèrent comme le lieu premier de construction de leur identité autochtone. Les valeurs associées à la famille, à la communauté, au territoire et à la nature, sont au centre des préoccupations des jeunes qui estiment que la transmission de ces valeurs apparaît bien difficile pour les générations à venir.
3.3 L’identité autochtone
Les jeunes sont fiers de leur identité et de leur appartenance à leur culture d'origine autochtone. Plusieurs estiment d’ailleurs important de transmettre à leurs propres enfants cette culture. Par exemple, ce jeune algonquin de 25 ans (travailleur, secondaire) nous explique, au sujet de sa toute jeune fille (2 ans), qu’il « veut qu’elle apprenne avant tout ma langue, ma langue à moi [l’algonquin] ». Cette autre jeune femme est d’ailleurs revenue vivre sur la réserve avec son enfant de façon à ce qu’il ne perde pas ses racines:
« Bien, c’était positif pareil [le retour dans la communauté], j’ai un enfant puis je voulais qu’il connaisse sa famille. Je ne veux pas qu’il oublie puis… Aussi, bien, c’est son monde à elle là, ce n’est pas… […] Je voulais l’amener dans le bois aussi ma fille. Je ne veux pasqu’elle oublie d’où qu’on vient. » (ALG-05, femme, 23 ans, travailleur, secondaire)
Outre les questions des langues ancestrales et des pratiques traditionnelles dont la transmission reste fragile, ce sont les membres de la famille qui manquent le plus aux jeunes qui quittent leur milieu. Ainsi, s'ils pouvaient y trouver des conditions favorables, les jeunes adultes retourneraient sans exception dans leur communauté pour se rapprocher des êtres qui leur sont chers. Une jeune femme de 19 ans d'origine attikamek, pourtant très critique de son milieu d'origine, s’est remémorée avec nostalgie son appartenance à son réseau d'origine:
« J'aime bien cela. J'irais rester là encore toute ma vie. J'aimerais ça mourir là. Je vais demander de me faire enterrer là, à côté de mon père. Toute ma famille est là, mes amis ... les parents de mes amis. Ça me tient à coeur. Pour moi c'est tous mes frères et mes soeurs. » (ATT-11, femme 19 ans, travailleur, secondaire)
La fierté autochtone ne fait donc pas de doute. Que l'on soit autochtone avec carte, vivant en réserve ou en ville, que l'on entre dans les catégories de métis ou de jeune dont la réappropriation de statut fait suite à la modification de la constitution de 1982, incluant la Loi C-31 qui permet en particulier aux femmes mariées à des non autochtones de se réapproprier leur statut, les jeunes adultes autochtones ont le sentiment qu'ils sont différents des Québécois ou des Canadiens d'origine européenne. Par leur langue, leur rapport à la nature et leurs territoires ancestraux, par leur statut et leur appartenance à une communauté, ils se considèrent avant tout comme les membres de cultures distinctes.
« Moi, je suis fier de dire ce que j'ai vécu, j'ai grandi avec mon grand-père comme je t'ai dit, je suis fier de ça. D'avoir une fierté en tant qu'autochtone, je l'ai en dedans de moi. [...] Bien en moi j'ai pas peur de dire que je suis fier d'être Attikamek; d'être fier, c'est de défendre ses propres principes, puis ses propres valeurs, puis c'est de grandir dans un esprit, on dit: " dans un corps sain… dans un esprit sain. " On entend parler régulièrement les traditionalistes et tout ça de ça. » (ATT-13, homme, 33 ans, travailleur, baccalauréat)
Dans ce contexte, les jeunes autochtones du Québec s’identifient d’abord à leur nation d’origine avant de signifier leur appartenance au Canada ou au Québec.
Conclusion
Les jeunes migrants autochtones qui ont participé au sondage sur la migration ne semblent pas, du moins dans nos premières analyses, se distinguer des jeunes du Québec en général. À travers les départs de leur milieu d'origine et bien qu’ils soient dispersés et isolés sur un territoire immense, ils aspirent à une vie meilleure. Ils désirent par leurs études et par leur travail devenir des membres à part entière de leur communauté, communauté que plusieurs ont réintégrée ou sont tout disposés à le faire si les circonstances s’y prêtaient.
Cependant, les jeunes autochtones que nous avons interviewés présentent des différences notables des autres jeunes québécois en regard de leur construction identitaire. Ils sont en effet à construire une identité dans la modernité qu'ils assument et désirent intégrer aux valeurs de leur culture d'origine. En cela, nous pourrions dire que les jeunes autochtones du Québec cherchent à construire une identité dans un contexte d’affirmation, de tension et d'ambivalence qui leur est particulier. Sur le plan de l'analyse, il semble que plusieurs autochtones restent incapables, dans leur système culturel présent, de trouver les éléments nécessaires à une affirmation dynamique de leur identité d’origine. Certains se tournent vers une sorte d'idéal traditionnel, alors que d'autres intègrent les valeurs contemporaines tout en essayant de prendre appui sur des valeurs sociales et économiques typiquement québécoises.
En somme, les jeunes autochtones cherchent à construire leur identité d’origine en jouant dans les interstices des rapports interculturels. En découle, une culture autochtone fortement métissée, voire acculturée, mais une culture que les jeunes cherchent à assumer.
Les données qualitatives nous permettent également de voir que les rapports qu’entretiennent les jeunes autochtones avec leurs parents, et donc leur culture première, semblent être médiatisés par les liens privilégiés qui sont entretenus avec les grands-parents, les tantes ou les oncles. Sous ce rapport, les anciens viennent jouer un rôle important dans le transfert intergénérationnel surtout dans le système des valeurs des jeunes migrants autochtones. C’est à travers ce regard et cette filiation avec ceux qui les ont précédés que les jeunes cherchent à rétablir les ponts avec leur milieu d’origine.
Les jeunes autochtones que nous avons rencontrés se distinguent par ailleurs des générations autochtones qui les ont précédés puisqu’ils cherchent à reconstruire leur identité à partir d'un territoire beaucoup plus large que le territoire ancestral traditionnel qui est généralement associé à la réserve, aux territoires de chasse et de trappe ainsi qu’aux sites patrimoniaux (Girard, 1997a; Girard, 2003; Girard, Bourassa, Tremblay, 2003; Girard, Garneau, Fréchette, 2003). Parce qu’ils sont soumis à des repères d’identification qui varient et qui sont en déstructuration, (réseaux sociaux, cultures, langues, modèles de valeurs et de comportements différents), un nouveau rapport au territoire constitue un enjeu important pour le maintien de l’identité des nations autochtones au Québec. Chez les jeunes que nous avons étudiés se manifeste toujours la nécessité de maintenir une identité d’origine et cela malgré la fragilité d’une reconstruction qui se fera autour de fragments identitaires et dans une certaine marginalité (ici la ville) qui cause un stress accru avec les problèmes qui s’en suivent dans les processus d’insertion sociale et culturelle (Girard, 1997a; 1997b). Ces résultats de nos recherches rejoignent ceux d’Oehmichen Bazàn qui portent sur les peuples autochtones de la ville de Mexico. La ville y apparaît comme centre-marge dans des processus de dynamiques interculturelles complexes lorsqu’elle traite des lieux de refuge des cultures, des lieux d’interstices et des banlieues (dans Lartigue, Quesnel, p. 265). Cependant, dans leur trajectoire de migration, tous les autochtones étudiés déconstruisent le territoire ancestral ou d’origine pour le reconstruire dans une perspective d’échange interculturel où le territoire autochtone n’est pas seulement le territoire ancestral ou rural des premiers habitants de l’Amérique, mais l’ensemble du territoire, incluant celui des villes avec leur diversité culturelle et territoriale.
Dans les sociétés contemporaines, l'identité semble se construire en dehors de tout territoire physique, le moi devenant le territoire souvent trop solitaire à partir duquel se reconstruisent les identités autour d'appartenances diverses (culture d'origine, groupe professionnel, groupe religieux, etc.). Chez les jeunes autochtones que nous avons étudiés, il semble que c'est l'inverse qui se produise. Le territoire, dans un rapport complexe mais nécessaire qui se perpétue avec sa communauté d’origine, recouvre l'espace physique et symbolique à partir duquel les valeurs et l'identité autochtone cherchent à se reconstruire.
Les jeunes autochtones qui ont participé à notre étude font le pari de construire leur identité qui, aux confluents de divers espaces transitionnels, et le plus souvent à la marge de leur milieu d’origine. Ils empruntent à la fois à la modernité et à la tradition, aux milieux naturel, rural et urbain. Dans cette marginalité, dans ces territoires utilisés comme marge, les jeunes essaient de reconstruire une nouvelle identité autochtone. Tout se passe comme si ces jeunes qui s’identifient aux nations autochtones utilisaient tout le territoire ou tous les territoires comme espace de jeu pour reconstruire leur identité d’origine. La marge leur sert alors d'espace de jeu limite pour chercher à retisser des liens affectifs avec leurs proches et leur culture première, mais à partir de nouvelles valeurs souvent marquées par la vie urbaine.
Les jeunes autochtones essaient de tirer le meilleur de ces rapports souvent critiques du dehors et du dedans avec les territoires culturels. Il est évident que la situation actuelle de développement économique des communautés autochtones laisse peu d'espoir aux jeunes autochtones. Plusieurs envisagent ainsi leur avenir en dehors de leur communauté d’origine tout en perpétuant les valeurs de leur culture autochtone à partir de la ville. Cela pose des défis encore plus grands dans les pays où les peuples autochtones sont peu reconnus, comme cela est le cas en Amérique centrale et en Amérique du Sud.
Outre la vie difficile dans les réserves, sur les territoires de chasse ou ailleurs au Québec, se profilent plusieurs images dont celle des rapports entre les autochtones et les cultures européennes en Amérique. Il est clair que les modèles d'industrialisation, d'urbanisation et de culture de type occidental ne s'adaptent que difficilement au système de valeurs des premiers habitants du continent. En cela, il n'y a rien de nouveau. Il y a entre les cultures des espaces de rencontre et de non-rencontre. Cependant, par leurs témoignages, les jeunes autochtones du corpus nous incitent à repenser nos approches en matière de développement et de culture, particulièrement lorsqu'il s'agit de développer de nouvelles approches de cohabitation qui permettent de dynamiser certaines cultures ancestrales tout en favorisant l'insertion sans intégration à la société globale.
Sous ce rapport, les cultures ancestrales nous font découvrir que les humains sont des êtres de communautés avant d’être des acteurs qui composent leur vie autour des multiples possibilités qu'offrent les cultures. En ce sens, il s'agit e de chercher à comprendre, à travers la place des jeunes adultes, les modes de construction identitaire des peuples autochtones marginaux actuels où le territoire, les rapports sociaux (famille, clan, gouvernements locaux), le rôle de l’individu plus ou moins acteur dans sa trajectoire de vie peuvent se comparer aux autres jeunes dans les cultures contemporaines. Pour les nations autochtones, il s'agit de découvrir les fondements d'une histoire commune qui n'est pas juste centrée sur l'exclusion mais sur les échanges interculturels et leur impact sur les dynamiques identitaires.
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Chapitre III

La migration des jeunes au Québec
Résultats d’un sondage auprès des autochtones de 20-34 ans du Québec




Camil Girard, GRH- CONTACT _Con-42529D061 UQAC
Patrice LeBlanc, UQAT
Valérie Fortin,
Madeleine Gauthier,
Serge Côté,






avec la collaboration de Normand Croteau,
Philippe Parenteau, Claire Boily et Canisius Kamanzi Quelques faits saillants
1. Méthodologie
L’échantillon se compose de 168 répondants. Les analyses reposent sur des données non pondérées, donc non représentatives de l’ensemble des jeunes autochtones du Québec. Parce que non pondérés, les résultats ne peuvent être mis en comparaison avec ceux des autres rapports d’analyses réalisées à partir de la même banque de données sur la migration des jeunes de 20-34 ans du Québec.

Les données quantitatives (issues d’un sondage téléphonique) sont traitées de manière descriptive, en raison de la taille de l’échantillon. La marge d’erreur est de 7,6 % (19 fois sur 20).
2. Qui sont les jeunes interrogés ?
Les jeunes interrogés sont âgés entre 20 et 34 ans au moment de l’enquête.
• Tous les répondants appartiennent à une communauté autochtone. La majorité d’entre eux sont Innus (Montagnais) (32,7 %), Algonquins (21,2 %) ou Attikamekw (14,1 %).
• Les proportions respectives des hommes et des femmes sont de 40,5 % et de 59,5 %.
• 41,7 % des répondants avaient complété des études postsecondaires au moment de l’enquête.
• La plupart des répondants (46,4 %) étaient au travail au cours de la dernière année.
• 76,5 % des répondants ont mentionné avoir eu un revenu personnel annuel (brut) de moins de 30 000 $ au cours de l’année 2003.
• 35,7 % des répondants sont des non-migrants, 10,1 % des migrants intrarégionaux, 26,2 % des migrants interrégionaux et 28 % des migrants interrégionaux de retour.
3. Pourquoi partir ?
• Les jeunes ont principalement déménagé dans leur premier lieu d’accueil pour vivre leur vie (83,5 %), pour avoir une bonne qualité de vie (78,9 %) et pour améliorer leurs perspectives d’avenir (76,1 %). Fait important à souligner, peu d’entre eux y sont allés pour des raisons liées au travail (20,2 %).
• Même si 65,7 % des jeunes auraient pu continuer à vivre dans leur milieu d’origine, la plupart d’entre eux sont néanmoins partis parce qu’ils voulaient augmenter leur chance dans la vie (73,2 %) et parce qu’ils aspiraient à un autre style de vie (60,1 %).

4. La première migration
• 69,4 % des migrants ont effectué leur première migration avant l’âge de vingt ans.
• 57 % des migrants sont déménagés seuls lors de leur premier départ. Parmi ceux qui sont partis en même temps que d’autres, 69,6 % l’ont fait en même temps que des amis.
• 55 % des jeunes connaissaient peu ou pas du tout leur premier lieu d’accueil. Cependant, la majorité d’entre eux (60,2 %) avaient des amis déjà établis à cet endroit.
• 83,2 % des migrants ont affirmé qu’ils auraient pu aller vivre ailleurs, ce qui démontre que ces jeunes se sont dirigés vers leur premier lieu d’accueil non pas par nécessité, mais bien par choix.
• Dans la période qui a suivi la première migration, la majorité des jeunes ont bénéficié du soutien de leurs parents. Les contacts téléphoniques étaient fréquents pour plus de 60 % d’entre eux et 46,7 % ont affirmé avoir reçu de nombreuses visites de leur famille durant cette période.
• Lors de leur premier départ, les jeunes ont bénéficié principalement du programme de prêts et bourses (32,2 %) et des revenus de travail (22,9 %) comme première source de revenu.
5. Le retour dans le milieu d’origine
• Une faible proportion de migrants (11,9 %) connaissait le projet Place aux jeunes au moment de l’enquête.
• Près d’un migrant sur deux (49 %) a affirmé qu’il retournerait vivre dans son milieu d’origine si les conditions s’y prêtaient. Ce sont principalement les perspectives d’avoir une bonne qualité de vie (75,9 %), d’élever les enfants (72,4 %) et de se rapprocher des parents (69 %) qui inciteraient à regagner le lieu d’origine.
• Pour les migrants qui avaient regagné leur milieu d’origine au moment de l’enquête, c’est essentiellement la possibilité d’avoir une bonne qualité de vie (88,5 %), la proximité de la nature (71,2 %) et l’opportunité d’y gagner leur vie (67,3 %) qui les ont amenés à y retourner.
6. Pourquoi rester ?
• 41,7 % des non-migrants vivaient chez leurs parents au moment de l’enquête.
• C’est essentiellement la qualité de vie (89,3 %), le désir de vivre auprès de la famille et des amis (87,5 %), les opportunités de travail (75 %) et la proximité de la nature (76,4 %) qui ont incité la plupart des non-migrants à rester dans leur localité d’origine.
• 78,3 % des non-migrants se considéraient impliqués socialement lorsqu’ils ont été interrogés.
• La majorité des non-migrants (51,6 %) avaient complété des études secondaires générales ou professionnelles au moment de l’enquête.
• Au cours de la dernière année, 43,3 % des non-migrants étaient principalement en emploi. Une forte majorité d’entre eux occupaient un emploi à temps plein (80,8 %).
• La plupart des non-migrants sont membres des communautés innue (35,2 %), algonquine (18,5 %) et attikamek (11,1 %).
• 74,1 % des non-migrants sont des Indiens inscrits.
• 63,3 % ont mentionné qu’ils résidaient sur une réserve lorsqu’ils ont été interrogés.
7. La migration et l’emploi
• Chez les jeunes qui ont vécu au moins une migration au cours de leur vie, l’expérience de la mobilité géographique est perçue très positivement par la plupart d’entre eux. La majorité des migrants considèrent en effet qu’elle leur a permis d’acquérir les compétences nécessaires pour se trouver un emploi (62,3 %) et qu’elle a amélioré leurs conditions de vie (73,1 %).
• La moitié des migrants croient qu’il n’y a pas d’emploi pour eux et pour leur conjoint dans leur localité d’origine et ses environs.
• 60,1 % des migrants ont répondu que la situation économique est difficile dans leur localité d’origine et ses environs.
• Une forte proportion de migrants est optimiste quant à son avenir professionnel; ces migrants ont confiance de toujours avoir un emploi (70,6 %) et croient qu’il leur sera facile de se trouver du travail dans le domaine où ils ont étudié (77,1 %).
• Les migrants donnent plus d’importance à un emploi intéressant (67,3 %) qu’à un emploi stable (23,4 %) ou bien payé (9,3 %).
• Un nombre élevé de migrants est d’avis qu’il est difficile d’avoir de bonnes conditions de travail sans diplôme (79,8 %) et qu’il est préférable de quitter son milieu pour étudier (74,1 %).
8. L’attachement des migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour B) au milieu d’origine
• Les migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour B) retournent annuellement dans leur milieu d’origine. Chez 55 % d’entre eux, ces retours s’effectuent entre une et dix fois par année alors que 35 % y retournent plus de onze fois par an.
• 58,7 % des migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour B) sont très ou assez intéressés par le devenir de leur milieu d’origine.
9. Les représentations de la localité d’origine et de ses environs selon le profil de migration (non-migrants, migrants intrarégionaux, migrants interrégionaux et migrants interrégionaux de retour).
• En comparant le point de vue des non-migrants, des migrants intrarégionaux, des migrants interrégionaux et des migrants interrégionaux de retour, on remarque que la majorité d’entre eux ont une opinion défavorable de l’administration locale dans leur localité d’origine et ses environs.
• En comparant toujours selon le profil de migration, on peut constater que les jeunes considèrent qu’il n’y a pas assez de loisirs dans leur localité d’origine et ses environs, dans des proportions variant entre 45,4 % et 75,6 %.
• De plus, seulement une faible proportion d’entre eux (proportions variant entre 7 % et 17,7 %) croit qu’il n’y a pas assez d’écoles pour les enfants.
10. La stabilité et la mobilité potentielle
• C’est essentiellement la volonté de vivre leur vie (91,7 %), le désir d’avoir une bonne qualité de vie (90,7 %) et la possibilité d’améliorer leurs perspectives d’avenir (66,7 %) qui expliquent l’établissement des migrants dans leur lieu de résidence actuel.
• Parmi les jeunes qui avaient vécu au moins une migration au moment de l’enquête, seulement deux d’entre eux avaient migré à l’extérieur du Québec.
• Pour les répondants qui ont migré à l’intérieur du Québec, seulement 22,8 % d’entre eux envisagent ou envisagent peut-être de partir à l’extérieur du Québec pour une période de plus de six mois.
• Les deux principales raisons qui pourraient amener les migrants qui envisagent ou envisagent peut-être de quitter le Québec pour une période de plus de six mois, seraient la volonté de vivre l’aventure (76 %) et la possibilité d’améliorer leurs perspectives d’avenir (72 %).
• 77,8 % des migrants étaient très intéressés ou assez intéressés par l’avenir du lieu où ils vivaient au moment de l’enquête.
• 58,1 % des migrants considéraient que leur lieu de résidence actuel était définitif lorsqu’ils ont été contactés.
11. L’avenir résidentiel
• De l’avis des migrants, les grandes villes permettent d’être plus proche des services (83,5 %) et offrent plus d’activités culturelles (80,7 %) alors que les régions rapprochent de la nature (88 %) et offrent une vie paisible (89 %).
• En ce qui concerne les aspects jugés le plus négativement, la plupart des migrants considèrent que les grandes villes sont violentes (72,2 %) et qu’elles isolent les individus les uns des autres (63,3 %) alors que les régions connaissent trop de commérages (82,4 %) et offrent peu de services (60,1 %).
12. La migration et l’emploi selon le profil migratoire des répondants (non-migrants, migrants intrarégionaux, migrants interrégionaux et migrants interrégionaux de retour)
• Peu importe le profil de migration, la majorité des jeunes autochtones rejoints ont confiance de toujours avoir un emploi et considèrent qu’il leur sera facile de trouver du travail dans le domaine où ils ont étudié.
• Qu’ils aient vécu une migration ou non au cours de leur vie, la majorité de l’ensemble des répondant donnent plus d’importance à un emploi intéressant qu’à un emploi stable ou bien payé.
• Les migrants interrégionaux de retour (61,7 %) et les migrants interrégionaux (50 %) donnent plus d’importance à la perspective d’avoir un travail en lien avec leurs études que les non-migrants (35,6 %) et les migrants intrarégionaux (31,3 %).
• Les non-migrants sont plus optimistes quant aux opportunités d’emploi et à la situation économique dans leur localité d’origine que les migrants. Ils sont en effet moins nombreux à penser qu’il n’y a pas d’emploi pour eux et pour leur conjoint, qu’ils ne pourront pas avoir d’avancement dans leur localité d’origine et ses environs et que la situation économique est difficile.
• Peu importe le profil de migration, plus de 60 % des jeunes considèrent qu’il est préférable de quitter son milieu d’origine pour étudier et que quitter ce lieu permet d’améliorer ses conditions de travail.
Introduction
1. La migration des jeunes au Québec (par Madeleine Gauthier)
Depuis onze ans, le Groupe de recherche sur la migration des jeunes (GRMJ) étudie la question de la migration des jeunes Québécois, mais, plus encore, le rapport des jeunes au territoire Québécois, subdivisé en régions administratives pour les fins de la recherche. L’équipe qui compose ce groupe est interdisciplinaire et interuniversitaire (voir la liste des membres en page III). Plusieurs étudiants et agents de recherche ont apporté leur collaboration à une étape ou l’autre de la recherche. Elle sera signalée dans les rapports de recherche auxquels ils auront contribué.
Amorcés par un travail de réflexion théorique (Gauthier, dir., 1997) sur ce que plusieurs percevaient comme le problème de « l’exode des jeunes », les travaux du GRMJ se sont rapidement orientés autour du concept de « migration » entendue comme mobilité géographique hors du lieu d’origine impliquant une certaine durée. Le concept d’exode faisait référence à un certain déterminisme, le plus souvent économique, et au caractère quasi irréversible. Le concept de migration fait plutôt appel au rôle d’acteur social du jeune à l’âge de la socialisation, de la formation de l’identité et de la transition vers la vie adulte. Cette approche théorique pave la voie à une conception plus large de la réalité à l’étude et à diverses attitudes qui atténuent les dimensions négatives de la rétention, généralement associée à l’exode. Ainsi le concept appelle, en amont, la référence au sentiment d’appartenance et, en aval, au pouvoir d’attraction qu’exercent certains lieux. Pendant le processus migratoire, il suggère le maintien du lien avec le milieu d’origine au lieu de la fuite par l’exode. Plus encore, le concept de migration implique ceux d’intégration, tant au lieu d’arrivée qu’à celui du retour lorsqu’il y a lieu, et d’insertion sociale et professionnelle dans tous les cas.
Au-delà de ces considérations d’ordre théorique, l’enquête par entrevue réalisée durant la deuxième moitié de la décennie de 1990 a clairement indiqué que le terme de migration rendait mieux compte de ce que les jeunes disent eux-mêmes de leur parcours: personne ne perçoit son départ comme un exode et peu, parmi les répondants, avaient une représentation négative de leur milieu d’origine. Les motifs de départ avaient un lien étroit avec cette étape du cycle de vie orientée vers la construction de soi et la transition vers la vie adulte.
Jugeant important d’analyser le phénomène à partir de ce cadre théorique et du discours des jeunes eux-mêmes, le GRMJ a effectué, au fil des ans, plusieurs recherches de nature empirique. En 1998-1999, il réalisait 102 entrevues en profondeur avec des jeunes migrants et non-migrants. Une vérification statistique s’imposait ensuite. En 1999-2000, le GRMJ conduisait un vaste sondage téléphonique auprès de 5 518 jeunes Québécois francophones âgés de 20 à 34 ans. Le choix d’étendre le sondage aux 30-34 ans a été motivé par le besoin d’identifier de manière plus précise la période de la vie où la migration perd de son ampleur et non parce que les 30-34 ans sont encore définis comme « jeunes ».
Ce sondage a donné lieu à plusieurs analyses qui fournissent des éclairages variés et novateurs sur le phénomène de la migration des jeunes, tant à l’échelle nationale que régionale. Certaines de ces analyses ont permis de confirmer ou d’apporter des précisions aux résultats de l’enquête qualitative précédente tandis que d’autres ont révélé des aspects insoupçonnés du phénomène, en particulier la possibilité de retour, une représentation généralement positive du lieu d’origine, l’existence d’âges plus sensibles que d’autres à la migration dans le parcours de vie.
Deux volumes et plusieurs rapports de recherche et articles ont émané de ces recherches dont on trouve la référence sur le site de l’Observatoire Jeunes et Société : www.obsjeunes.qc.ca.
En 2004, soit cinq ans après le premier sondage, le GRMJ reprenait l’enquête et a rejoint, cette fois, 5 997 jeunes adultes de 20-34 ans. Une révision attentive du questionnaire fut effectuée, mais aussi sa traduction en anglais de façon à ce que la langue ne soit pas un obstacle à son administration auprès de l’ensemble de la population jeune du Québec. Des suréchantillons d’anglophones et d’autochtones de même que des suréchantillons régionaux se sont ajoutés à l’échantillon de base dans le but de rejoindre un nombre suffisant de répondants qui permet d’enrichir l’analyse statistique.
Le financement de l’échantillon de base, y incluant une partie de l’échantillon constitué des anglophones et la totalité de celui sur les autochtones, et de l’analyse des données provient de l’Alliance de recherche universités/communautés (ARUC) intitulée « Insertion et participation des jeunes en région », subvention obtenue par concours auprès du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Le suréchantillon qui concerne les anglophones, a été financé par Patrimoine Canada et la Table communautaire du Comité national de développement des ressources humaines pour la communauté minoritaire anglophone. Le financement des suréchantillons régionaux provient de plusieurs sources: Forum Jeunesse Estrie et Emploi Québec Estrie, Emploi Québec Chaudière-Appalaches, Emploi Québec Capitale-Nationale, Le Club Initiative Jeunesse de la Mauricie, Conférence régionale des élus de la Mauricie, Conférence régionale des élus du Saguenay–Lac-Saint-Jean, ministère du Développement économique et régional et de la Recherche et l’Université du Québec, Chaire Desjardins en développement des petites collectivités (UQAT), Forum jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue, Emploi Québec Bas-Saint-Laurent et Commission Jeunesse Bas-Saint-Laurent, Emploi Québec Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
La présente étude se veut une réitération du sondage effectué en 1999-2000. La méthodologie utilisée lors du premier sondage fut reprise intégralement pour celui-ci. C’est ainsi que près de 5 997 jeunes Québécois âgés entre 20 et 34 ans ont été interrogés. Le questionnaire a été administré par la firme Léger Marketing entre les mois de mai 2004 et février 2005.
1.1 La formation de l’échantillon
Un premier échantillon national de 2 700 cas a été constitué au sein des 17 régions administratives du Québec. À cela s’ajoute un suréchantillonnage de 2 179 cas pour neuf régions du Québec, c’est-à-dire: Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Capitale-Nationale, Mauricie, Estrie, Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et Chaudière-Appalaches. De plus, un fichier de 1 081 anglophones et un autre regroupant 168 autochtones (dont 37 en supplément de ceux qui ont été tirés aléatoirement dans l’échantillon) ont été constitués pour des fins particulières. Au total, l’enquête regroupe 5 997 répondants, répartis selon leur région d’échantillonnage:
• Les 8 régions administratives non suréchantillonnées: 2 757 répondants; • Les 9 régions administratives suréchantillonnées: 3 240 répondants (tableau 1).
Tableau 1: Nombre de répondants par région administrative suréchantillonnée
No de régionRégionsRépondants01• Bas-Saint-Laurent31402• Saguenay–Lac-Saint-Jean32203• Capitale-Nationale42004• Mauricie40405• Estrie42408• Abitibi-Témiscamingue39009• Côte-Nord34211• Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine30712• Chaudière-Appalaches317Total3 240** Données non pondérées.
Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Les répondants qui font partis des différents suréchantillons régionaux, ont été sélectionnés à partir de la région d’échantillonnage. Rappelons brièvement que la région d’échantillonnage est déterminée par la région où se situe le domicile rejoint par téléphone, pouvant correspondre ou non au domicile du répondant. Ce faisant, certains répondants peuvent ne jamais avoir vécu dans la région d’échantillonnage. Ils peuvent avoir été joints par le biais de leurs parents déménagés dans cette région après leur départ du domicile familial.
Afin de contrer cette lacune, une sélection a été effectuée afin de conserver uniquement les répondants dont le lieu d’origine et/ou le lieu actuel de résidence (au moment de l’enquête) correspond à la région d’échantillonnage. Ont donc été exclus les répondants qui n’ont jamais vécu dans cette région ou qui y ont vécu à un moment de leur trajectoire migratoire, excluant le lieu actuel de résidence.
1.2 Les caractéristiques générales des répondants
Le fichier total (5 997 cas) a été pondéré afin de redonner à chaque contingent régional et linguistique son poids dans la population québécoise des personnes du même âge. Ainsi, le fichier total pondéré est composé à 51,2 % d’hommes et à 48,8 % de femmes. Les 20-24 ans ainsi que les 25-29 ans représentent respectivement 33,6 % et 34 % de l’échantillon total tandis que les 30-34 ans suivent de près avec 32,4 %.
Seulement 3 % des répondants sont sans diplôme ou n’ont pas terminé les études secondaires (tableau 2). Les répondants dont le plus haut niveau de scolarité complété est un diplôme secondaire (général ou professionnel) ou moins constituent 28 % de l’échantillon. Le niveau collégial (général ou professionnel) représente le plus haut niveau de scolarité complété pour 38,1 % des personnes interviewées. Enfin, 33,9 % des répondants possèdent un diplôme d’études universitaires dont 7,6 % des cycles supérieurs. À noter que certains répondants peuvent, au moment de l’enquête, poursuivre des études à un niveau supérieur à celui qu’ils ont complété.
Tableau 2: Plus haut niveau de scolarité complété
Quel est le plus haut niveau de scolarité‚ pour lequel vous avez obtenu un diplôme?%Aucun diplôme 1,0Primaire 1,9Secondaire général16,7Secondaire professionnel (technique) 8,4Collégial général16,1Collégial professionnel (technique)22,0Baccalauréat26,3Maîtrise 6,8Doctorat 0,8Total100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Durant l’année de l’enquête, 60,6 % des répondants étaient en emploi. Parmi ceux-ci, 89,4 % travaillaient à temps plein (tableau 3). À l’inverse, seulement 3,9 % des répondants étaient à la recherche d’un emploi. Le quart (25,4 %) des personnes interrogées étaient aux études et 9,1 % étaient à la maison.
Tableau 3: Occupation des répondants au cours de la dernière année
Occupation principale%… au travail60,6… aux études25,4… à la maison 9,1… à la recherche d'un emploi 3,9… autre 1,1Total100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

La moitié des répondants (50,7 %) ont eu des revenus bruts se situant entre 20 000 $ et 59 999 $ durant l’année 2003 (tableau 4). La tranche de revenu entre 30 000 $ et 39 999 $ rejoint 18,2 % des répondants. Les revenus de moins de 20 000 $ représentent 43,5 % des répondants (des étudiants dans la majorité des cas) et ceux de 60 000 $ et plus, 5,8 %.
Tableau 4: Revenu brut des répondants pour l’année 2003
Quel a été votre revenu personnel provenant de toutes sources, avant impôts et déductions, pour l’année 2003 ?%aucun revenu 2,01 $ à 4 999 $ 5,55 000 $ à 9 999 $11,710 000 $ à 14 999 $12,215 000 $ à 19 999 $12,120 000 $ à 29 999 $16,730 000 $ à 39 999 $18,240 000 $ à 59 999 $15,860 000 $ à 79 999 $ 4,080 000 $ à 99 999 $ 1,1100 000 $ et plus 0,7Total100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Près des deux tiers des personnes interrogées (62,9 %) avaient un conjoint au moment de l’enquête et la majorité des répondants (65,9 %) n’avaient pas d’enfants (tableau 5).
Tableau 5: Nombre d'enfants des répondants
Nombre%Non (Aucun) 65,91 15,52 13,03 4,24 0,85 0,36 ou plus 0,1Total100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
L’échantillon est composé en grande majorité (78,2 %) de personnes dont la langue maternelle est le français (tableau 6). Ceux pour qui l’anglais est la première langue apprise représentent 7,2 % des répondants. Enfin, 12,8 % de l’échantillon ont une autre langue que le français et l’anglais comme langue maternelle.
Tableau 6: Langue maternelle des répondants
Langue maternelle, c'est-à-dire la première langue apprise et encore comprise%Français78,2Anglais 7,2Français et anglais 1,7Autre12,8Total100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

1.3 Le profil de migration des répondants
Parmi l’ensemble des répondants, 37,3 % n’ont pas migré et sont demeurés chez leurs parents ou dans la même municipalité qu’eux (tableau 7). C’est donc dire que 62,7 % ont quitté leur municipalité d’origine. Ainsi, 9,8 % se sont déplacés à l’intérieur de leur région d’origine (incluant les déménageurs) tandis que 36,3 % ont migré vers une autre région. Enfin, 16,7 % des répondants sont revenus s’établir dans leur région d’origine.
Tableau 7: Profil de migration des répondants à l’échelle québécoise
TypeDéfinition%Non-migrant 1Individu restant chez ses parents, dans la municipalité d’origine, et n’ayant jamais vécu ailleurs;16,9Non-migrant 2Individu restant dans la municipalité d’origine et n’ayant jamais vécu dans une autre municipalité;20,4DéménageurIndividu restant dans une autre municipalité de la même agglomération de recensement;0,3Migrant intrarégionalIndividu restant dans une autre municipalité de la région d’origine;7,1Migrant intrarégional de retourIndividu restant dans la municipalité d’origine et ayant vécu dans une autre municipalité de la région d’origine;2,4Migrant interrégional**Individu restant dans une autre municipalité d’une autre région;36,3Migrant interrégional de retour AIndividu restant dans la municipalité d’origine et ayant vécu dans une autre municipalité d’une autre région;11,6Migrant interrégional de retour BIndividu restant dans une autre municipalité de la région d’origine et ayant déjà vécu dans une autre municipalité d’une autre région. 5,1Total100,0
(5 997 cas)** Pour l’analyse des données de certaines régions, une distinction est faite entre les migrants interrégionaux qui quittent leur région d’origine et ceux qui, non originaires de la région, viennent y vivre. Ils sont désignés par le vocable migrant interrégional sortant ou entrant. Cette nuance est importante pour la compréhension de la formation des échantillons régionaux.
Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
2. Les caractéristiques générales des répondants autochtones
En 2004-2005, lorsque le Groupe de recherche sur la migration des jeunes a réalisé un sondage téléphonique auprès de 6 000 jeunes québécois âgés de 20 à 34 ans, 168 jeunes se déclaraient autochtones. Parmi ceux-ci, 72 % représentent des jeunes adultes identifiés ici au Groupe-Centre des Innus, Attikamekw et Algonquins et 28 % représentent d’autres jeunes des Premières Nations et des Inuits. Bien que nos données restent limitées à une représentation sommaire de jeunes autochtones qui vivent dans le centre du Québec et à proximité des villes, elles permettent tout de même de dresser un premier portrait de la dynamique migratoire chez ces jeunes.

Les données sociodémographiques indiquent que la proportion des jeunes âgés de 20-24 ans et 25-29 ans représente 35,7 % dans chacun de ces groupes d’âge alors que celle des 30-34 ans correspond à 28,6 % (tableau 8).
Tableau 8: Âge des répondants autochtones
Âge des répondants %20-24 ans  35,725-29 ans  35,730-34 ans  28,6Total100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Les proportions respectives d’hommes et de femmes sont de 40,5 % et de 59,5 % (tableau 9). La majorité d’entre eux (70,2 %) avaient un conjoint lorsqu’ils ont été interrogés (tableau 10).

Tableau 9: Sexe des répondants autochtones
Sexe des répondants %Homme  40,5Femme  59,5Total100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 10: Répondants ayant un conjoint
Avez-vous un conjoint présentement ?%Oui 70,2Non 29,8Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Près de 41 % des répondants ont complété des études postsecondaires (tableau 11) dans des domaines très variés (tableau 12). Le tableau 11 fait cependant ressortir qu’un nombre plus important a terminé une formation secondaire (42,3 %) ou collégiale (32,8 %) plutôt qu’universitaire (8,9 %). Les répondants ont principalement étudié dans le domaine des services sociaux, éducatifs et juridiques (27,8 %) ou dans celui de l’administration, du commerce et de l’informatique (25 %).
Tableau 11: Plus haut niveau de scolarité complété
Plus haut niveau de scolarité complété %Aucun diplôme  3,6Primaire 12,5Secondaire général  38,1Secondaire professionnel  4,2Collégial général  15,5Collégial technique 17,3Baccalauréat  8,9Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 12: Domaine d’études
Domaine d’études %Services sociaux, éducatifs et juridiques 27,8Administration, commerce et informatique  25,0Bois et matériaux connexes 5,6Électrotechnique 5,6Santé 5,6Soins esthétiques  5,6Domaine indéterminé 5,6Agriculture et pêches  2,8Alimentation et tourisme  2,8Arts  2,8Foresterie et papier  2,8Mines et travaux de chantier  2,8Métallurgie  2,8Transport 2,8Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Au cours de la dernière année, la plupart des répondants étaient au travail (46,4 %) (tableau 13). Parmi eux, 84,6 % occupaient un emploi à temps plein alors que 15,4 % avaient un travail à temps partiel (tableau 14). Quant aux autres répondants, 24,4 % étaient aux études, 17,9 % étaient à la maison et 10,1 % étaient à la recherche d’un emploi (tableau 13).
Tableau 13: Principale occupation au cours de la dernière année
Principale occupation au cours de la dernière année%Au travail 46,4Aux études 24,4À la maison 17,9À la recherche d’un emploi 10,1Autre  1,2Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 14: Type d’emploi
Type d’emploi %À temps plein  84,6À temps partiel  15,4Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
La totalité des jeunes appartiennent à une communauté autochtone (tableau 15). La majorité d’entre eux sont membres des communautés innue (32,7 %), algonquine (21,2 %) et attikamek (14,1 %). Dans des proportions moindres, on retrouve également des Cris (7,7 %), des Mohawks (5,1 %) et des membres d’autres communautés, notamment huronne (3,8 %), micmac (3,2 %) et inuit (3,2 %) (tableau 16).
Tableau 15: Membre d’une communauté autochtone
Membre d’une communauté autochtone%Oui100,0Non  0,0Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Tableau 16: Communautés autochtones d’appartenance
Communautés autochtones %Innue  32,7Algonquine  21,2Attikamek 14,1Autres 9,0Crie 7,7Mohawk 5,1Huronne 3,8Micmac 3,2Inuit 3,2Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

La majorité des jeunes sont des Indiens inscrits (72 %) (tableau 17). Cependant, seulement 41,3 % ont répondu qu’ils vivaient sur une réserve au moment de l’enquête (tableau 18).
Tableau 17: Répondants étant des Indiens inscrits
Êtes-vous un Indien inscrit ?%Oui 72,0Non 28,0Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Tableau 18: Jeunes résidant sur une réserve
Résidez-vous dans une réserve présentement ?%Oui 41,3Non 58,7Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

À la question: « quel a été votre revenu personnel provenant de toutes sources, avant impôts et déductions, pour l’année 2003 (revenu brut) », 76,5 % des jeunes ont répondu avoir eu un revenu de moins de 30 000 $. Les jeunes déclarant des revenus bruts inférieurs à 10 000 $ représentent 31,9 % de l’échantillon, ceux déclarant des revenus bruts de 10 000 $ à 29 999 %, 44,6 % et, enfin, le salaire personnel de 30 000 $ et plus est le fait de seulement 23,5 % des répondants (tableau 19).
Tableau 19: Revenu brut des répondants pour l’année 2003
Revenu personnel provenant de toutes sources, avant impôt et déductions, pour l’année 2003%Aucun revenu 5,11 $ à 4 999 $ 11,55 000 $ à 9 999 $ 15,310 000 $ à 14 999 $ 18,515 000 $ à 19 999 $ 14,020 000 $ à 29 999 $ 12,130 000 $ à 39 999 $ 10,240 000 $ à 59 999 $ 12,160 000 $ à 79 999 $ 0,680 000 $ à 99 999 $ 0,6Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
2.1 Le profil de migration des répondants
Au moment de l’enquête, 35,7 % des répondants n’avaient jamais vécu de migration au cours de leur vie (non-migrants). Pour ceux qui résidaient ailleurs que dans la localité où vivaient leurs parents lorsqu’ils ont quitté le foyer familial, 10,1 % d’entre eux ont quitté pour une autre municipalité de leur région d’origine (migrants intrarégionaux) alors que 26,2 % sont partis pour une localité d’une autre région (migrants interrégionaux). Enfin, 28 % ont regagné leur milieu d’origine après avoir vécu au moins six mois dans une autre région (migrants interrégionaux de retour) (tableau 20).
Tableau 20 : Profil de migration des jeunes autochtones
TypeDéfinition%Non-migrantIndividu restant dans sa municipalité d’origine et n’ayant jamais vécu ailleurs;35,7Migrant intrarégionalIndividu restant dans une autre municipalité de la région d’origine;10,1Migrant interrégionalIndividu restant dans une autre municipalité d’une autre région;26,2Migrant interrégional de retourIndividu restant dans la municipalité d’origine et ayant vécu dans une autre municipalité d’une autre région.28,0Total100,0
168 casSource : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
2.2 Profil de migration des répondants selon leurs caractéristiques sociodémographiques
Le tableau 21 présente le profil de migration des répondants selon l’âge. Un regard à l’ensemble des données montre que les plus jeunes migrent moins et qu’avec l’avancé en âge, la mobilité géographique croît. Plus en détail, le groupe des 20-24 ans comporte un plus grand nombre de non-migrants (58,3 %) que les 25-29 ans (16,7 %) et les 30-34 ans (31,3 %). Les 30-34 ans sont plus nombreux à avoir migré dans une autre localité de la région d’origine (migrants intrarégionaux : 18,8 %) alors que les 25 ans et plus présentent des pourcentages inférieur à 8 %. Ce sont les 25-29 ans qui ont migré en plus grand nombre à l’extérieur de la région d’origine à un moment ou l’autre de leur vie (78,4 %), affichant un écart notable avec les 30-34 ans (50 %). Or, une proportion importante de ces migrants sont retournés dans leur milieu d’origine et y vivaient au moment de l’enquête (migrants interrégionaux de retour), 36,7 % chez les 20-29 ans et 29,2 % chez les30-34 ans.
Tableau 21: Profil de migration des répondants selon l’âge (en %)

Profil de migrationÂge
Total
20-2425-2930-34Non-migrants58,316,731,335,7Migrants intrarégionaux 8,3 5,018,810,1Migrants interrégionaux15,041,720,826,2Migrants interrégionaux de retour18,336,729,228,0Total100,0100,0100,0100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Lorsqu’on regarde le profil migratoire des répondants selon le niveau de scolarité, on remarque que la proportion de jeunes qui n’a jamais obtenu de diplôme ou qui a complété un niveau primaire ou secondaire général est plus élevée chez les jeunes qui n’avaient jamais quitté leur milieu d’origine au moment de l’enquête (non-migrants). Quant à ceux qui ont obtenu un diplôme d’études postsecondaires, la majorité d’entre eux sont des migrants interrégionaux et interrégionaux de retour (tableau 22).
Tableau 22: Profil de migration des répondants selon le niveau de scolarité (en %)

Niveau de scolaritéProfil de migrationNon-
migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux de retourTotalAucun diplôme50,016,7 0,033,3100,0Primaire52,49,519,019,0100,0Secondaire général45,314,120,320,3100,0Secondaire
professionnel28,60,028,642,9100,0Collégial général30,87,730,830,8100,0Collégial technique17,210,334,537,9100,0Baccalauréat13,3 0,046,740,0100,0Maîtrise 0,0 0,0 0,0 0,0100,0Doctorat 0,0 0,0 0,0 0,0100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Le tableau 23 indique que les proportions d’hommes et de femmes sont relativement homogènes chez les non-migrants et les migrants interrégionaux, respectivement de 38,2 % et 34 % chez les non-migrants et de 25 % et 27 % chez les migrants interrégionaux. Bien que la proportion d’hommes (33,8 %) soit un peu plus importante que celle de femmes (24 %) chez les migrants interrégionaux de retour, le plus grand écart se retrouve chez les migrants intrarégionaux avec 2,9 % d’hommes et 15 %. de femmes.
Tableau 23: Profil de migration des répondants selon le sexe (en %)
Profil de migrationSexeTotalHommeFemmeNon-migrants38,234,035,7Migrants intrarégionaux 2,915,010,1Migrants interrégionaux25,027,026,2Migrants interrégionaux de retour33,824,028,0Total 100,0100,0100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

3. La migration des jeunes autochtones
Ce chapitre traite de différents aspects de la migration. Il aborde successivement les motifs de départ des jeunes autochtones de leur milieu d’origine et d’installation au premier lieu d’accueil, les conditions de vie lors de la première migration, les motifs qui justifieraient un retour dans la région d’origine et les motifs qui expliquent le retour d’un certain nombre de migrants. Il traite également de la situation des non-migrants et de la question de l’emploi en lien avec la migration.
3.1 Pourquoi partir ?
On a demandé aux jeunes autochtones qui ont vécu au moins une migration au cours de leur vie ce qui les avait amenés à déménager au premier lieu d’accueil. En examinant les motifs qui les ont incités à s’installer à cet endroit, on constate que les raisons liées au travail (20,2 %) ont été peu significatives. Ce sont plutôt la volonté de vivre leur vie (83,5 %), la possibilité d’avoir une bonne qualité de vie (78,9 %) et le désir d’améliorer leurs perspectives d’avenir (76,1 %) qui ont principalement motivé leur déplacement. Enfin, dans une proportion moindre mais également significative, 61,5 % des répondants ont mentionné être partis dans leur premier lieu d’accueil pour poursuivre des études (tableau 24).
Tableau 24: Motifs qui expliquent le déménagement au premier lieu d’accueil
Motifs %Pour vivre votre vie 83,5Pour avoir une bonne qualité de vie 78,9Pour améliorer vos perspectives d’avenir76,1Pour poursuivre des études61,5Pour vivre l’aventure56,0Pour vivre dans un environnement auquel vous vous identifiez43,1Pour mettre à profit vos compétences linguistiques 35,2Pour bénéficier d’un meilleur contexte économique33,9Pour la proximité de la nature27,5Pour suivre les conseils de vos parents ou professeurs 24,8Pour suivre ou rejoindre votre conjoint 22,9En raison de problèmes familiaux 21,1Pour des raisons de travail 20,2Pour vous rapprocher de la famille et des amis17,4Pour éviter de vous sentir victime de discrimination 16,8Pour apprendre une autre langue 16,5Pour faire de l’aide humanitaire 11,1Pour demeurer dans un milieu majoritairement anglophone 10,2Pour des raisons liées aux lois linguistiques du Québec  7,3Pour acheter une maison 5,5Pour des raisons liées au contexte politique du Québec  3,7Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Lorsqu’on a demandé aux migrants quelles raisons les ont incités à quitter leur milieu d’origine au moment de leur première migration, la majorité d’entre eux ont évoqué être partis parce qu’ils voulaient augmenter leur chance dans la vie (73,2 %) et parce qu’ils aspiraient à un autre style de vie (60,1 %). Plus d’un jeune sur d’eux a également répondu avoir quitté parce qu’il voulait sortir de la routine (55,2 %) et parce qu’il avait des ambitions différentes de celles des gens de son milieu (51,8 %) (tableau 25). Si les motivations de départ du milieu d’origine font davantage référence à la volonté de vivre de nouvelles expériences de vie qu’à une nécessité de quitter pour gagner sa vie ou encore pour poursuivre des études, le tableau 25 fait ressortir que 65,7 % ont mentionné qu’ils auraient pu continuer à y vivre.
Tableau 25: Motifs qui expliquent le départ du lieu d’origine (addition des mentions « beaucoup » et « assez »)
Motifs %Parce que je voulais augmenter mes chances dans la vie 73,2J’ai quitté mais j’aurais pu continuer à y vivre 65,7Parce que j’aspirais à un autre style de vie60,1Je voulais sortir de la routine 55,2Parce que j’avais d’autres ambitions que les gens de ce milieu 51,8Mon programme d’études ne se donnait pas dans cette région47,7Pour avoir de meilleures conditions de travail 38,9Les valeurs des gens ne correspondaient plus aux miennes28,7Parce que c’était un milieu trop contrôlant 27,8Je voulais vivre loin de mes parents 25,9Parce que tout le monde était au courant de ma vie 18,6Parce que mes compétences linguistiques n’étaient pas suffisantes pour occuper un bon emploi13,1Pour m’éloigner de ma gang de jeunesse 11,1Parce que mes compétences linguistiques n’étaient pas reconnues comme un atout  7,5Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
3.2 Partir pour aller où ?
Lors de leur première migration, 55 % des migrants connaissaient peu ou pas du tout leur premier lieu d’accueil (tableau 26). Par ailleurs, lorsqu’on leur a demandé si ce lieu était une nécessité ou un choix, 83,2 % ont mentionné qu’ils auraient pu aller vivre ailleurs (tableau 27).
Tableau 26: Degré de connaissance du premier lieu d’accueil
Degré de connaissance du premier lieu d’accueil%Beaucoup27,5Assez17,4Peu26,6Pas du tout 28,4Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 27: Choix du lieu au moment de la première migration
Au moment de la première migration, auriez-vous pu déménager ailleurs que dans votre premier lieu d’accueil ?%Non, ce lieu était nécessaire  16,8Oui, j’aurais pu aller ailleurs  83,2Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

En examinant de plus près la situation des migrants au moment de leur déménagement dans leur premier lieu d’accueil, on remarque que même si la majorité méconnaissait ce lieu, plusieurs d’entre eux avaient des amis déjà établis à cet endroit (60,2 %) ou des parents vivant dans cette région (46,3 %). C’est sans doute en partie ce qui explique qu’une proportion d’entre eux avait déjà séjourné quelques jours dans cette région (68,2 %) ou connaissait le quartier où ils sont déménagés (42,6 %). Enfin, la plupart des migrants ont bénéficié du soutien familial; les contacts téléphoniques étaient fréquents dans les premiers moments de leur première migration pour la majorité d’entre eux et 46,7 % ont mentionné avoir eu de nombreuses visites de leur famille durant cette même période (tableau 28).
Tableau 28: Connaissance du lieu d’accueil et contact avec les parents
Lorsque vous avez déménagé dans votre premier lieu d’accueil, est-ce que…OuiVous aviez déjà séjourné quelques jours dans cette région68,2Vous avez téléphoné régulièrement chez vos parents dans les premiers temps64,5Vos parents vous téléphonaient régulièrement60,7Vous connaissiez des amis déjà établis à cet endroit60,2Vous avez eu souvent des visites de votre famille durant cette période46,7Vous aviez des parents dans cette région46,3Vous connaissiez le quartier où vous êtes déménagé42,6Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

À la question: « depuis votre départ du foyer familial, avez-vous déjà vécu à l’extérieur du Québec pour une période de plus de six mois », seulement trois migrants ont répondu avoir résidé pendant un certain temps à l’extérieur du Québec; tous les trois sont allés vivre dans une autre province canadienne.
Parmi les raisons qui ont motivé les trois jeunes à aller vivre dans une autre province canadienne pendant une période de plus de six mois, il s’agit principalement de la possibilité d’améliorer leurs perspectives d’avenir. Deux ont été motivés par le désir de mettre à profit leurs compétences linguistiques et la possibilité de bénéficier d’un meilleur contexte économique.
3.3 La première migration
Le tableau 29 indique que la plupart des migrants (79,6 %) ont effectué leur première migration avant vingt ans. Ceux qui ont quitté à l’âge de 16 et 17 ans représentent 39,8 % alors que ceux qui sont partis à 18 et 19 ans sont au nombre de 29,6 % (tableau 29).
Tableau 29: Âge à la première migration
Âge à la première migration%15 ans et moins  10,216 ans à 17 ans  39,818 ans à 19 ans  29,620 ans à 24 ans  13,925 ans et plus  6,5Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Lorsqu’on a demandé aux migrants quelles personnes les ont aidés à déménager lors de leur première migration, un peu plus de la moitié des répondants (53,6 %) ont affirmé avoir eu le soutien de leurs parents (tableau 30).
Tableau 30: Personnes qui ont aidé les jeunes à déménager lors de leur première migration
Personnes qui ont aidé les jeunes à déménager lors de leur première migration%Vos parents  53,6Vos amis 23,7D’autres personnes  22,7Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Parmi les migrants, 43 % ont déménagé en même temps que d’autres personnes de leur région au moment de leur première expérience migratoire (tableau 31). Parmi ceux qui ont quitté en même temps que d’autres personnes, la plupart d’entre eux (69,6 %) sont partis avec des amis (tableau 32).
Tableau 31: Déménager seul ou avec d’autres au moment de la première migration
Lors de votre première migration, avez-vous déménagé en même temps que d’autres personnes de votre région ?%Oui 43,0Non 57,0Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Tableau 32: Personnes du lieu d’origine qui ont déménagé en même temps lors de la première migration
Personnes qui ont déménagé en même temps qu’eux lors de la première migration%Des amis 69,6Quelqu’un d’autre 39,1Votre blonde ou votre chum 28,9Votre frère ou votre sœur  26,1Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Au moment de leur première migration, la plupart des migrants (66,1 %) ont privilégié l’appartement comme type d’habitation (tableau 33) et ont décidé de vivre en cohabitation dans une proportion de 79,8 % (tableau 34).
Tableau 33: Type d’habitation privilégié lors de la première migration
Type d’habitation privilégié%En appartement  66,1Autre 15,6En chambre  10,1En résidence étudiante 8,3Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 34: Répartition des répondants vivant seul ou avec d’autres lors de la première migration
Viviez-vous seul ou avec d’autres ?%Seul 20,2Avec d’autres 79,8Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
À la question: « pourriez-vous me dire par ordre d’importance quelles sont les principales sources de revenus que vous aviez au moment de votre première migration », un peu plus de la moitié des jeunes ont répondu que le programme de prêts et bourses (31,2 %) et les revenus de travail (22,9 %) étaient leur principale source financière. Parmi les répondants (56 %) qui bénéficiaient d’une deuxième source de revenu, 18,3 % disposaient du soutien de leurs parents et, dans des proportions moindres, d’allocations familiales (8,3 %) et des revenus du conjoint (7,3 %). Enfin, pour les répondants qui complétaient leur budget avec une troisième source de revenu (21,3 %), le tableau 35 fait ressortir que le travail (8,2 %), le soutien des parents (6,6 %) et les économies accumulées (4,9 %) figuraient comme autre ressource financière. Enfin, lorsqu’on a demandé aux migrants quelle était leur situation financière personnelle à cette période, près de la moitié d’entre eux (48,1 %) ont répondu qu’elle était plutôt bonne (tableau 36).
Tableau 35: Principales sources de revenus au moment de la première migration (en %)
Principales sources de revenus au moment de la première migration1èresource
de revenuDes prêts et bourses 31,2Des revenus de travail  22,9De l’aide sociale  13,8Autre  11,0Un soutien des parents  9,2Des revenus du conjoint 3,7Des économies accumulées  3,7De l’assurance-chômage  2,8Des allocations familiales  0,9Une pension alimentaire  0,9Pas de deuxième source de revenun/aPas de troisième source de revenu n/aTotal 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Tableau 36: Situation financière personnelle au moment de la première migration
Situation financière personnelle au moment de la première migration%Très bonne 10,2Plutôt bonne 48,1Plutôt mauvaise 26,9Très mauvaise  14,8Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

C’est le milieu d’études qui a le plus contribué à les mettre en contact avec de nouvelles personnes lors de leur arrivée dans leur premier lieu d’accueil (45,4 %). (tableau 37).
Tableau 37: Endroit ayant contribué à faire de nouvelles connaissances au premier lieu d’accueil
Ce qui a le plus contribué à mettre les jeunes en contact avec de nouvelles personnes%Votre milieu d’études 45,4Les amis ou les connaissances 13,9Les activités sociales et récréatives 12,0Le quartier où vous habitiez 10,2La famille 10,2Votre milieu de travail 7,4Autre chose  0,9Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Comme le montre le tableau 37, le quartier a été relativement peu déterminant pour favoriser les nouvelles rencontres des migrants dans leur premier lieu d’accueil. Cependant, si l’on s’attarde uniquement au quartier, on peut voir que les bars et les restaurants (24,5 %), le voisinage immédiat (17 %) et le centre de loisirs (11,3 %) ont été des lieux propices pour faire de nouvelles connaissances (tableau 38).
Tableau 38: Endroit ayant facilité les contacts dans le quartier
L’endroit où il a été le plus facile de faire de nouvelles connaissances dans le quartier%Les bars et les restaurants  24,5Un autre endroit 22,6Le voisinage immédiat 17,0Le centre de loisirs du quartier 11,3Les petits commerces du quartier 9,4Les organisations communautaires du quartier  6,6La garderie ou l’école des enfants  6,6Les parcs 1,9Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
3.4 Partir pour mieux revenir ?
Lorsqu’on a demandé aux migrants intrarégionaux et interrégionaux s’ils reviendraient vivre dans leur milieu d’origine si les conditions s’y prêtaient, près d’un jeune sur deux (49 %) a répondu par l’affirmative (tableau 39). Parmi les principales raisons qui justifieraient un éventuel retour, ce sont les perspectives d’avoir une bonne qualité de vie (75,9 %), d’y élever les enfants (72,4 %) et de se rapprocher des parents (69 %) qui inciteraient ces migrants à regagner leur milieu d’origine (tableau 40). Si la possibilité d’y gagner leur vie ressort comme un facteur de retour non négligeable (62,1 %), les répondants ne reviendraient pas vivre dans leur milieu d’origine essentiellement pour des raisons liées au travail.
Tableau 39: Possibilités d’un éventuel retour dans le milieu d’origine
Possibilités d’un éventuel retour dans le milieu d’origine%Oui 49,0Non  40,8Peut-être  10,2Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 40: Motifs qui pourraient justifier un retour dans le milieu d’origine
Motifs%Pour avoir une bonne qualité de vie 75,9 TOC \f \n Pour élever vos enfants 72,4Pour vous rapprocher de vos parents 69,0Pour la proximité de la nature 65,5Pour avoir une maison à vous65,5Pour gagner votre vie 62,1Pour partir une petite entreprise ou reprendre
l’entreprise familiale 62,1Pour suivre ou rejoindre un conjoint 46,4Pour être plus proche de vos amis44,8 TOC \f \n Pour un logement à plus bas prix37,9Pour avoir de meilleures conditions de travail 34,5Pour vous rapprocher de vos enfants 34,5Pour poursuivre des études 6,9Autre raison  0,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Sur l’ensemble des migrants, seulement treize connaissaient le projet Place aux jeunes au moment de l’enquête. Parmi ces treize jeunes, seulement deux ont participé au projet mis en place dans leur région d’origine et ont mentionné que le projet les avait influencés à retourner vivre dans leur milieu d’origine. Enfin, parmi les onze migrants qui connaissaient le projet mais n’y avaient jamais participé, trois ont affirmé que cette initiative pourrait influencer un éventuel retour dans le milieu d’origine.
Une série d’énoncés a été proposée aux migrants qui sont retournés vivre dans leur milieu d’origine (migrants de retour) afin de faire ressortir les raisons qui expliquent leur retour. Le tableau 41 indique que ces jeunes ont principalement regagné leur milieu d’origine pour avoir une bonne qualité de vie (88,5 %), pour la proximité de la nature (71,2 %) et pour y gagner leur vie (67,3 %). Finalement, si l’on compare les raisons qui pourraient favoriser un éventuel retour dans le milieu d’origine (tableau 39) avec celles qui ont incité un certain nombre de migrants à y retourner (tableau 41), on constate que la qualité de vie ressort comme le facteur le plus attractif pour le retour des jeunes dans leur milieu d’origine.
Tableau 41: Motifs qui expliquent le retour des migrants dans leur région d’origine
Motifs%Pour avoir une bonne qualité de vie 88,5Pour la proximité de la nature 71,2Pour gagner votre vie 67,3Pour vous rapprocher de vos parents 63,5Pour être plus proche de vos amis 61,5Pour avoir de meilleures conditions de travail 53,8Pour élever vos enfants 51,0Pour avoir un logement à plus bas prix46,2Pour avoir une maison à vous42,3Pour vous rapprocher de vos enfants 38,0Pour poursuivre des études 34,6Pour suivre ou rejoindre votre conjoint 23,1Pour partir une petite entreprise ou reprendre l’entreprise familiale 19,2Autre raison 0,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

3.5 Pourquoi rester ?
Cette section présente la situation des non-migrants, c’est-à-dire des jeunes qui n’avaient jamais vécu de migration au cours de leur vie. Il faut se rappeler qu’il s’agit de 60 répondants. Parmi eux, 41,7 % résidaient en permanence chez leurs parents au moment de l’enquête (tableau 42).
Tableau 42: Proportion des non-migrants résidant chez leurs parents
Actuellement, résidez-vous en permanence chez vos parents ?%Oui 41,7Non 58,3Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005


C’est principalement la qualité de vie (89,3 %) et le désir de vivre auprès de la famille et des amis (87,5 %) qui ont incité ces jeunes à rester dans leur localité d’origine. Dans des proportions moindres mais néanmoins significatives, plus de trois jeunes sur quatre ont également mentionné pour les opportunités d’y travailler (75 %) et le désir de vivre près de la nature (76,4 %) (tableau 43).
Tableau 43: Raisons qui ont incité les jeunes à rester dans leur localité d’origine
Raisons %Pour la qualité de vie 89,3Désir de vivre auprès de la famille et des amis 87,5Pour la proximité de la nature 76,4Opportunités d’y travailler 75,0Désir de rester avec le conjoint62,5Pour poursuivre des études 39,3Pas d’argent pour m’installer ailleurs 36,4Autre raison 16,7 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Au moment de l’enquête, la totalité des non-migrants avaient des amis (100 %) et presque tous avaient des loisirs avec d’autres (95 %). Une forte majorité d’entre eux avaient également de la parenté dans la localité (90 %) et des contacts avec leurs voisins (83,3 %). Enfin, le tableau 44 fait ressortir que 63,3 % avaient un emploi.
Tableau 44: Situation actuelle des non-migrants
Avez-vous présentement…%Des amis 100.0Des loisirs avec d’autres  95.0De la parenté dans la ville  90.0Des contacts avec vos voisins  83.3Du travail  63.3Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Si un nombre relativement faible de non-migrants étaient inscrits à des cours (31,7 %), la plupart étaient impliqués socialement (78,3 %) et favorisaient la pratique du sport avec d’autres (65 %) (tableau 45).
Tableau 45: Activités pratiquées par les non-migrants au moment de l’enquête
Actuellement …%Êtes-vous impliqué socialement 78,3Faites-vous du sport avec d’autres 65,0Êtes-vous inscrit à des cours 31,7Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Le tableau 46 montre qu’une majorité de non-migrants sont âgés entre 20 et 24 ans au moment de l’enquête (58,3 %). Les 25-29 ans et les 30-34 ans représentent respectivement 16,7 % et 25 % (tableau 46). Il y a 43,3 % d’hommes et 56,7 % de femmes (tableau 47).
Tableau 46: Âge des non-migrants
Âge des répondants%20-24 ans  58,325-29 ans  16,730-34 ans  25,0Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 47: Sexe des non-migrants
Sexe des non-migrants%Homme  43,3Femme  56,7Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
La majorité des non-migrants (51,6 %) ont complété des études secondaires générales ou professionnelles. Parmi ceux qui ont poursuivi une formation de niveau postsecondaire, 21,6 % ont terminé des études collégiales générales ou techniques alors que 3,3 % ont complété des études universitaires de premier cycle (tableau 48).
Tableau 48: Niveau de scolarité complété chez les non-migrants
Plus haut niveau de scolarité complété%Aucun diplôme  5,0Primaire  18,3Secondaire général 48,3Secondaire professionnel  3,3Collégial général 13,3Collégial technique  8,3Baccalauréat  3,3Maîtrise 0,0Doctorat  0,0Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Au cours de l’année qui a précédé l’enquête, 43,3 % des non-migrants étaient principalement au travail (tableau 49), dont 80,8 % occupaient un emploi à temps plein (tableau 50). Quant aux autres non-migrants, 23,3 % étaient aux études, 20 % étaient à la maison et 10 % étaient à la recherche d’un emploi (tableau 49).
Tableau 49: Occupation des non-migrants au cours de la dernière année
Au cours de la dernière année, étiez-vous surtout…?%Au travail  43,3Aux études  23,3À la maison  20,0À la recherche d’un emploi 10,0Autre  3,3Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 50: Type d’emploi des non-migrants
Avez-vous surtout travaillé…%À temps plein  80,8À temps partiel  19,2Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

La totalité des non-migrants sont membres d’une communauté autochtone (tableau 51). Ils sont membres principalement des communautés innue (35,2 %), algonquine (18,5 %) et attikamek (11,1 %). On retrouve également 9,3 % de Cris, 5,6 % de Hurons, 5,6 % de Mohawks, 5,6 % d’Inuits et 9,3 % appartenant à d’autres communautés (tableau 52).

Tableau 51: Non-migrants membres d’une communauté autochtone
Membre d’une communauté autochtone %Oui100,0Non 0,0Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Tableau 52: Communautés autochtones d’appartenance des non-migrants
Communauté d’appartenance %Innue 35,2Algonquine  18,5Attikamek 11,1Crie 9,3Autres 9,3Huronne 5,6Mohawk 5,6Inuit  5,6Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005


Parmi les non-migrants, 74,1 % sont des Indiens inscrits (tableau 53) et 63,3 % vivaient dans une réserve au moment de l’enquête (tableau 54).
Tableau 53: Non-migrants étant des Indiens inscrits
Êtes-vous un indien inscrit ?%Oui 74,1Non 25,9Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Tableau 54: Non-migrants résidant dans une réserve
Résidez-vous dans une réserve présentement ?%Oui 63,3Non 36,7Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Enfin, en ce qui a trait au revenu personnel des non-migrants (revenu personnel provenant de toute source, avant impôts et déductions), 64,9 % ont répondu qu’ils avaient eu, pour l’année 2003, un revenu inférieur à 20 000 $. Quant aux autres non-migrants, le tableau 55 fait ressortir que les revenus entre 20 000 $ et 39 999 $ représentent une proportion de 22,8 % et ceux entre 40 000 $ et 59 999 $, 12,3 %.

Tableau 55: Revenu brut des non-migrants pour l’année 2003
Revenu personnel provenant de toutes sources, avant impôt et déductions, pour l’année 2003%Aucun revenu 7,01 $ à 4 999 $ 12,35 000 $ à 9 999 $ 15,810 000 $ à 14 999 $ 14,015 000 $ à 19 999 $ 15,820 000 $ à 29 999 $ 17,530 000 $ à 39 999 $ 5,340 000 $ à 59 999 $ 12,360 000 $ à 79 999 $ 0,080 000 $ à 99 999 $ 0,0Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

3.6 La migration et l’emploi
À l’aide d’une série de questions, on a cherché à savoir auprès des migrants si la première migration les avait aidés sur le marché du travail. D’après les résultats présentés au tableau 56, l’expérience de la migration semble avoir contribué à améliorer un certain nombre d’aspects dans la vie de ces jeunes autochtones. Elle leur a permis notamment d’améliorer leurs conditions de vie (73,1 %) et d’acquérir les compétences nécessaires pour se trouver un emploi (62,3 %). Cependant, si plus de la moitié des jeunes (53,3 %) considèrent que la mobilité géographique leur a permis de se trouver du travail plus rapidement, ils sont moins nombreux à penser qu’elle a amélioré leurs conditions de travail (44,2 %).
Tableau 56: Apport de la première migration
L’apport de la première migration%Améliorer vos conditions de vie 73,1Acquérir les compétences nécessaires pour trouver un emploi62,3Trouver un travail plus rapidement 53,3Améliorer vos conditions de travail 44,2Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Si l’on s’attarde à l’opinion des migrants concernant la situation économique et l’emploi dans leur localité d’origine et ses environs, on constate qu’ils sont plutôt pessimistes quant aux possibilités d’y travailler. Non seulement la situation économique locale apparaît difficile à 60,1 % d’entre eux, mais la moitié des migrants considèrent également qu’il n’y a pas d’emploi pour eux (50,4 %) et pour leur conjoint (50 %) et qu’ils ne pourront pas avoir d’avancement dans leur milieu d’origine (52,4 %) (tableau 57).
Tableau 57: Opinions des migrants concernant l’emploi et la situation économique dans la localité d’origine et ses environs (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Opinions des migrants concernant l’emploi et la situation économique dans la localité d’origine et ses environs%La situation économique est difficile 60,1Je ne pourrai pas avoir d’avancement dans cette localité et ses environs 52,4Il n’y a pas d’emploi pour moi50,4Il n’y a pas d’emploi pour mon conjoint50,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Les migrants sont toutefois très optimistes face à leur avenir professionnel. En additionnant les réponses « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord, on peut voir qu’une forte majorité d’entre eux ont confiance de toujours avoir un emploi (70,6 %) et considèrent qu’il leur sera facile de se trouver du travail dans leur domaine d’études (77,1 %) (tableau 58).
Tableau 58: Opinions des migrants concernant leur avenir professionnel (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Opinions des migrants concernant leur avenir professionnel%Il me sera facile de trouver du travail dans le domaine où j’ai étudié77,1J’ai confiance de toujours avoir un emploi 70,6Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Par ailleurs, entre avoir un emploi stable, un emploi bien payé ou un emploi intéressant, les migrants donnent plus d’importance à un travail intéressant dans 67,3 % des cas (tableau 9)
Tableau 59: Priorités des migrants concernant le travail
Ce qui vous importe le plus %Un emploi intéressant  67,3Un emploi stable 23,4Un emploi bien payé 9,3Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

De manière à faire ressortir le rapport que les jeunes migrants autochtones entretiennent face au travail, une série d’énoncés leur a été proposée afin de connaître quels aspects du travail ont le plus d’importance pour eux. Le tableau 60 indique que la possibilité d’avoir un travail qui procure de la satisfaction personnelle (74,3 %), qui permet d’être autonome dans la réalisation des tâches à assumer (71,3 %) et qui donne des responsabilités (62,4 %) recueillent le plus de mentions. Dans des proportions moindres mais néanmoins significatives, plus d’un jeune sur deux accorde beaucoup d’importance à un travail qui permet de concilier famille-travail (55,6 %) et en lien avec les études (52,8 %). Dans l’ensemble, les résultats montrent bien que les jeunes donnent une place beaucoup plus grande aux aspects du travail qui leur permettent de s’épanouir en tant qu’individu qu’à un travail qui paie bien (38,5 %).
Tableau 60: Opinions des migrants concernant le travail (mention « beaucoup » d’importance)
Opinions des migrants concernant le travail%Avoir un travail qui procure de la satisfaction personnelle74,3Avoir un travail qui permet d’être autonome dans la réalisation des tâches à assumer71,3Avoir un travail qui donne des responsabilités62,4Avoir un travail qui concilie famille-travail55,6Avoir un travail en lien avec vos études52,8Avoir un travail qui offre des possibilités d’avancement 48,6Avoir un travail qui paie bien 38,5Travailler avec des gens que vous connaissez34,9Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Concernant leur opinion sur les possibilités d’emploi dans leur milieu d’origine à partir d’une série d’énoncés, le tableau 61 montre que les migrants ont encore une fois une opinion relativement négative. Bien qu’une forte majorité d’entre eux considèrent que quitter le milieu d’origine permet d’améliorer ses conditions de travail (67,3 %), on remarque également que plus de la moitié d’entre eux croient qu’il est difficile de se trouver un emploi dans son milieu d’origine (52,3 %), encore plus difficile dans son domaine d’études (54,8 %), et que quitter son milieu aide à se trouver un emploi (54,6 %).
Tableau 61: Opinions des migrants concernant les possibilités d’emploi dans le milieu d’origine (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Opinions des migrants concernant les possibilités d’emploi
dans le milieu d’origine%Le fait de quitter son milieu d’origine permet d’améliorer ses conditions de travail 67,3Il est difficile de se trouver un emploi dans son domaine d’études dans son milieu d’origine 54,8Quitter son milieu aide à se trouver un emploi54,6Il est difficile de se trouver un emploi dan son milieu d’origine 52,3Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Lorsqu’on examine le point de vue des migrants par rapport aux diplômes, on constate que la forte majorité d’entre eux croient aux avantages qu’offrent les études. En effet, 79,8 % pensent qu’il est difficile d’avoir de bonnes conditions de travail sans diplôme. Bien que 74,1 % considèrent qu’il est préférable de quitter son milieu d’origine pour étudier, cela ne signifie pas pour autant qu’ils dévalorisent la formation dispensée en région car peu d’entre eux (33,4 %) ont répondu que les diplômes obtenus en région sont moins valables sur le marché du travail (tableau 62).
Tableau 62: Opinions des migrants concernant les diplômes (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Opinions des migrants concernant les diplômes%Sans diplôme, il est difficile d’avoir de bonnes conditions de travail 79,8Les diplômes obtenus en région sont moins valables sur le marché du travail 33,4Il est préférable de quitter son milieu pour étudier74,1 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Un nombre très élevé de migrants ont mentionné que la poursuite d’autres études leur ouvrirait des portes sur le marché du travail (90,8 %). Ils sont nombreux également à penser que leur implication comme bénévole dans un organisme les aiderait à se trouver un emploi (57,9 %). De plus, les migrants ne se sentent pas démunis pour affronter le marché du travail. La plupart d’entre eux considèrent que leurs connaissances en français (87,9 %) et en anglais (72,6 %) leur permettent de réussir sur le marché du travail alors que peu (31,4 %) croient qu’il leur serait plus facile d’obtenir un emploi dans une autre province canadienne (tableau 63).
Tableau 63: Opinions des migrants concernant l’insertion professionnelle (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Opinions des migrants sur l’insertion professionnelle%La poursuite d’autres études m’ouvrirait des portes sur le marché du travail 90,8Mes connaissances en français me permettent de réussir sur le marché du travail au Québec 87,9Mes connaissances en anglais me permettent de réussir sur le marché du travail au Québec 72,6Mon implication comme bénévole dans un organisme m’aiderait à trouver un emploi57,9Il me serait plus facile d’obtenir un emploi dans une autre province canadienne31,4 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Lorsqu’on relève le point de vue des migrants à l’égard de leur expérience de travail, on remarque que la plupart de ces jeunes possèdent à la fois les compétences personnelles et professionnelles pour affronter le marché du travail. Dans des proportions respectives de 63,2 % et 55,8 %, ils ont mentionné avoir trouvé du travail à leur goût dès les premiers emplois et avoir pu trouver du travail correspondant à leurs études. De plus, 79,2 % ont des conditions de travail qui les satisfont. Enfin, si la majorité des répondants ont affirmé que leurs contacts personnels les avaient grandement aidés à se trouver un emploi (68,3 %), leur personnalité a joué un rôle encore plus déterminant dans leur insertion professionnelle (91,3 %) (tableau 64).
Tableau 64: Expérience des migrants sur le marché du travail (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
L’expérience des migrants sur le marché du travail%Ma personnalité a joué un rôle important pour me trouver un emploi91,3J’ai aujourd’hui des conditions de travail qui me satisfont79,2Mes contacts personnels m’ont grandement aidé à trouver un emploi68,3Dès mes premiers emplois, j’ai trouvé un travail à mon goût63,2J’ai pu trouver un travail correspondant à mes études55,8Le peu d’emplois disponibles actuellement nuit à mes chances de trouver un travail correspondant à mes aspirations47,1Mes responsabilités familiales m’ont limité sur le marché du travail42,0Ces dernières années, je n’arrive pas à trouver du travail quand j’en veux39,7Je n’ai jamais eu d’emplois stables34,9On me reproche de manquer d’expérience de travail 25,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
4. La représentation actuelle du milieu d’origine
Ce chapitre traite du rapport que les jeunes autochtones entretiennent avec leur région d’origine, voire leur municipalité d’origine. Il est question de leur attachement au milieu d’origine et des représentations qu’ils s’en font.
4.1 L’attachement au milieu d’origine
Cette section analyse dans quelle mesure les répondants qui ne vivaient pas dans leur municipalité d’origine au moment de l’enquête, sont encore attachés à celle-ci. Les résultats portent ici sur 108 répondants qui sont des migrants intrarégionaux, des migrants interrégionaux et des migrants interrégionaux de retour.
4.1.1 La fréquentation des personnes originaires du même lieu
Une série de questions cherchaient à faire ressortir si les jeunes autochtones qui ont vécu au moins une migration au cours de leur vie (migrants intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour B) avaient un attachement à leur lieu d’origine. D’abord, lorsqu’on leur a demandé s’ils fréquentaient au moment de l’enquête des gens originaires du même lieu qu’eux, (n= 62), plus de la moitié d’entre eux (51,6 %) ont répondu qu’ils côtoyaient rarement ou jamais ce type de personnes (tableau 65).
Tableau 65: Fréquentation des personnes originaires du même lieu
Degré de fréquentation des personnes originaires du même lieu et vivant au même endroit que les migrants%Très souvent 16,1Assez souvent 32,3Rarement 22,6Jamais 29,0Total100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
4.1.2 Le retour annuel
Peu importe la distance qui les sépare de leur milieu d’origine, les migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour B) y retournent annuellement. Pour 55 % d’entre eux, ces retours s’effectuent entre une et dix fois par année alors qu’une proportion de 35 % regagne ce lieu plus de onze fois par année (tableau 66).
Tableau 66: Fréquence des retours annuels dans le milieu d’origine
Retours annuels au milieu d’origine%Jamais  10,0Entre 1 et 10 fois 55,011 fois et plus  35,0Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
4.1.3 L’intérêt pour le lieu d’origine
Lorsqu’on a demandé aux jeunes migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour B) s’ils étaient concernés par le devenir de leur localité d’origine, 58,7 % ont affirmé y être très ou assez intéressés (tableau 67 ). Cette proportion représente 63 répondants sur un total de 108 migrants.
Tableau 67: Intérêt des migrants pour l’avenir de leur localité d’origine
L’intérêt des migrants pour l’avenir de leur localité d’origine%Très intéressé 33,3Assez intéressé 25,4Peu intéressé 23,8Pas du tout intéressé  17,5Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
4.2 Les représentations du milieu d’origine
Cette partie porte sur les représentations que les jeunes autochtones ont de leur milieu d’origine au regard de la situation économique, de l’administration locale, des services qui y sont offerts et de l’environnement social. Dans cette section, les réponses des 168 répondants sont utilisées.
4.2.1 La représentation de la situation économique
En ce qui concerne la représentation que l’ensemble des répondants ont de l’emploi et de la situation économique dans leur localité d’origine et ses environs, le tableau 68 montre que les non-migrants sont beaucoup plus optimistes que ceux qui ont expérimenté la mobilité géographique au cours de leur vie, soit les migrants intrarégionaux, les migrants interrégionaux et les migrants interrégionaux de retour. Alors que plus de la moitié des migrants ont affirmé que la situation économique était difficile et qu’ils ne pourraient pas avoir d’avancement dans cette localité et ses environs, les mentions recueillies chez les non-migrants représentent respectivement 44,1 % et 37,9 %. C’est cependant aux énoncés « il n’y a pas d’emploi pour moi » et « il n’y a pas d’emploi pour mon conjoint » que les écarts sont plus marqués entre les non-migrants et les migrants. Alors que moins de 35,6 % des non-migrants ont répondu être en accord avec ces deux énoncés, les migrants le sont dans des proportions variant entre 41,9 % et 70,6 %.
Tableau 68: Opinions concernant l’emploi et la situation économique dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord)
Représentation de l’emploi et de la situation économique dans la localité d’origine et ses environsProfil de migrationNon-migrantsMigrants
intrarégionauxMigrants
interrégionauxMigrants
interrégionaux
de retourIl n’y a pas d’emploi pour moi35,670,643,248,9Il n’y a pas d’emploi pour mon conjoint 23,564,354,041,9La situation économique est difficile 44,158,860,559,5Je ne pourrai pas avoir d’avancement dans cette localité et ses environs37,964,750,050,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
4.2.2 La représentation de l’administration locale
Peu importe le profil de migration, la majorité de l’ensemble des répondants sont relativement pessimistes en ce qui concerne l’administration locale dans leur milieu d’origine. En effet, ils sont d’avis que les décideurs locaux ne bougent pas assez vite, dans des proportions de 63,8 % et 67,5 % chez les non-migrants et les migrants interrégionaux et de 80 % et 81,3 % chez les migrants interrégionaux de retour et les migrants intrarégionaux, (tableau 69).
Tableau 69: Opinions concernant l’administration locale dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Représentation de l’administration locale dans la localité d’origine et ses environsProfil de migrationNon-migrantsMigrants
intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourLes décideurs ne bougent pas assez vite63,881,367,580,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

4.2.3 La représentation des services
À l’égard des services offerts dans leur milieu d’origine, le point de vue des répondants varie peu, en général, selon le profil de migration. Sur l’ensemble des mentions proposées, l’offre d’établissements scolaires pour les enfants recueille le point de vue le plus favorable chez plus de 80% des répondants. De plus, à l’exception des migrants intrarégionaux (58,8 %), les jeunes sont moins nombreux à penser qu’il n’y a pas d’activités culturelles dans leur milieu d’origine (38,6 % à 42,5 %). C’est l’offre des services de santé et de loisir qui obtient le jugement les plus défavorables. Dans des proportions variant entre 41,4 % et 55,3 %, les jeunes ont répondu que les services de santé sont déficients alors que pour la mention « il n’y a pas assez de loisirs », les proportions se situent entre 45,4 % et 76,5 % (tableau 70). Enfin, il en ressort que les migrants intrarégionaux sont ceux qui portent le jugement le plus sévère envers l’offre de services dans leur milieu d’origine alors qu’au contraire, ceux qui résidaient à l’extérieur de la région au moment de l’enquête (migrants interrégionaux), sont plus positifs.
Tableau 70: Opinions concernant les services offerts dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Représentation des services offerts dans la localité d’origine et ses environsProfil de migrationNon-
migrantsMigrants
intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourIl n’y a pas assez d’écoles pour les enfants 8,517,7 7,0 8,6Les services de santé sont déficients dans cette localité et dans ses environs41,452,943,255,3Il n'y a pas assez de loisirs54,276,545,453,2Il n'y a pas d'activités culturelles38,658,838,642,5Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

4.2.4 La représentation de l’environnement social
Le tableau 71 présente la représentation des jeunes au regard de l’environnement social dans leur milieu d’origine. Dans l’ensemble, les répondants portent un jugement assez favorable. Peu importe le profil de migration, un nombre relativement faible de répondants considèrent que la population de cette région est trop vieille (entre 30 % et 35 %), que les gens n’ont pas le sens de l’entraide (entre 27 % et 38 %) et qu’ils ne connaissent personne qui pourrait les aider à trouver du travail (moins de 20 %). Par contre, ce sont les énoncés « il n’y a pas assez de place pour les jeunes » et « cette région est trop contrôlée par les générations les plus âgées » qui obtiennent le plus de mentions, et ce, particulièrement de la part des migrants intrarégionaux qui présentent des taux de réponse respectifs de 64,7 % et 68,8 %. D’ailleurs, ce sont presque toujours les migrants intrarégionaux qui portent le jugement le plus sévère.

Tableau 71: Opinions concernant l’environnement social dans la localité d’origine et ses environs selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Représentation de l’environnement social dans la localité d’origine et ses environsProfil de migrationNon-
migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourLa population de cette région est trop vieille32,235,331,930,5Les gens n'ont pas le sens de l'entraide27,235,331,838,3Il n'y a pas de place pour les jeunes44,864,740,947,8Cette région est trop contrôlée par les générations plus âgées39,068,834,949,0Je ne connais personne qui m'aiderait à y trouver un travail16,729,418,119,6Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

5. La représentation du milieu actuel de résidence en lien avec la mobilité potentielle
Ce chapitre va explorer tour à tour les questions de la stabilité ou de la mobilité des jeunes autochtones, de leur situation sociale au lieu où ils vivaient au moment de l’enquête et des représentations qu’ils se font de leur avenir résidentiel.
5.1 La stabilité et la mobilité potentielle des migrants
Lorsqu’on se réfère au tableau 72, il est étonnant de voir à quel point les jeunes migrants autochtones s’identifient à plusieurs lieux à la fois. Bien qu’une proportion importante ait mentionné s’identifier un peu plus fortement à la localité où ils vivaient au moment de l’enquête (69,7 %) et comme citoyen du monde (68,2 %), un nombre presque aussi élevé s’identifie tout autant à la localité d’origine (65,1 %), au Québec (64,9 %) ou au Canada dans son ensemble (62 %).
Tableau 72: Lieux d’identification des migrants (addition des mentions « beaucoup » et « assez »)
Lieux d’identification %À la localité où vous vivez actuellement69,7Comme citoyen du monde 68,2Votre localité d’origine65,1Au Québec dans son ensemble64,9Au Canada dans son ensemble 62,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005


Plus d’un jeune sur deux (51,4 %) se considère membre des Premières Nations. Parmi ceux qui s’identifient à une autre communauté, 32,1 % affirment appartenir à la communauté francophone, 8,3 % se considèrent autant membre de la communauté francophone qu’anglophone et 5,5 % disent être membre de la communauté anglophone (tableau 73).
Tableau 73: Conception identitaire des migrants
Vous considérez-vous surtout comme…%Membre des Premières Nations51,4Membre de la communauté francophone32,1Autant membre de la communauté francophone qu’anglophone  8,3Membre de la communauté anglophone 5,5Autre  2,8Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Lorsqu’on a demandé aux migrants quel est l’élément le plus important dans leur lieu de résidence actuel, les réponses ont été partagées entre le milieu social (25 %), la qualité et le prix des habitations (24,1 %) et la végétation (21,3 %). Au contraire, l’accessibilité aux transports (4,6 %) et l’esthétique du quartier (5,6 %) sont les aspects qui ont reçu le moins de mentions parmi l’ensemble des énoncés (tableau 74).
Tableau 74: Élément le plus important dans le lieu de résidence actuel
Élément le plus important dans le lieu de résidence actuel%Le milieu social 25,0La qualité et le prix des habitations 24,1La végétation21,3La proximité des services publics et commerciaux 10,2Le rythme de vie et l’animation 9,3L’esthétique du quartier  5,6L’accessibilité aux transports  4,6Total 100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

En ce qui concerne les motifs qui expliquent l’établissement des migrants dans leur lieu de résidence actuel, la majorité d’entre eux ont choisi ce lieu principalement pour vivre leur vie (91,7 %) et pour bénéficier d’une bonne qualité de vie (90,7 %). Dans des proportions moindres mais également importantes, plusieurs ont fait ce choix pour améliorer leurs perspectives d’avenir (66,7 %), pour vivre dans un environnement auquel ils s’identifient (65,4 %) et pour la proximité de la nature (61,1 %). Fait intéressant à souligner, le tableau 75 montre que les raisons liées au travail (39,8 %) et aux études (25,9 %) ont été peu déterminantes au moment d’arrêter leur choix sur leur lieu de résidence actuel.
Tableau 75: Motifs qui expliquent l’installation au lieu de résidence actuel
Motifs%Pour vivre votre vie 91,7Pour avoir une bonne qualité de vie 90,7Pour améliorer vos perspectives d’avenir66,7Pour vivre dans un environnement auquel vous vous identifiez65,4Pour la proximité de la nature61,1Pour élever vos enfants 54,2Pour être proche de votre famille ou de vos amis 53,7Pour bénéficier d’un meilleur contexte économique 44,4Pour vivre l’aventure 40,7Pour des raisons liées au travail 39,8Pour suivre ou rejoindre votre conjoint 37,4Pour acheter une maison 29,6Pour mettre à profit vos compétences linguistiques 26,9Pour poursuivre des études25,9Pour apprendre une autre langue 15,7À la suite de problèmes familiaux 14,8Pour suivre les conseils de vos parents ou professeurs 14,8Pour faire de l’aide humanitaire12,0Pour éviter de vous sentir victime de discrimination 9,3Pour demeurer dans un milieu majoritairement anglophone  8,3Pour des raisons liées au contexte politique du Québec  8,3Pour des raisons liées aux lois linguistiques du Québec  6,5Autre raison  5,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005


Parmi les deux jeunes qui ont vécu une migration hors Québec, les deux envisagent ou envisagent peut-être de repartir à l’extérieur du Québec pour une période prolongée. Quant aux jeunes qui ont expérimenté la mobilité géographique uniquement à l’intérieur de la province, 22,8 % d’entre eux envisagent ou envisagent peut-être de partir à l’extérieur du Québec pour une période de plus de six mois (tableau 76).
Tableau 76: Migrants qui envisagent de partir à l’extérieur du Québec
Anticipation des migrants de partir à l’extérieur du Québec pour une période de plus de six mois%Oui 19,0Non 77,1Peut-être 3,8Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Parmi les motifs qui pourraient amener les migrants à quitter le Québec pour une période de plus de six mois, c’est principalement la volonté de vivre l’aventure (76 %) et la possibilité d’améliorer leurs perspectives d’avenir (72 %) qui pourraient les inciter à partir. Les raisons liées au travail (68 %), la possibilité de mettre à profit leurs compétences linguistiques (68 %) et l’opportunité d’apprendre une autre langue (64 %) ressortent également comme des motivations importantes (tableau 77).
Tableau 77: Motifs qui pourraient justifier une migration à l’extérieur du Québec
Motifs %Pour vivre l’aventure76,0Pour améliorer vos perspectives d’avenir72,0Pour mettre à profit vos compétences linguistiques 68,0Pour des raisons liées au travail68,0Pour apprendre une autre langue64,0Pour vivre dans un environnement auquel vous vous identifiez56,0Pour demeurer dans un milieu majoritairement anglophone48,0Pour poursuivre des études44,0Pour bénéficier d’un meilleur contexte économique 44,0Pour faire de l’aide humanitaire 36,0Pour élever vos enfants 36,0Pour suivre ou rejoindre votre conjoint 32,0Pour acheter une maison32,0Pour éviter de vous sentir victime de discrimination12,0Autre raison 16,7Pour être proche de votre famille ou de vos amis 16,0Pour des raisons liées aux lois linguistiques du Québec12,0Pour des raisons liées au contexte politique du Québec 8,0Pour suivre les conseils de vos parents ou professeurs 8,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Lorsqu’on a demandé aux migrants s’ils étaient intéressés par ce que va devenir leur lieu de résidence actuel, 77,8 % ont répondu être très ou assez intéressés par son avenir (tableau.78).
Tableau 78: Intérêt des migrants pour l’avenir du lieu de résidence actuel
L’intérêt pour l’avenir du lieu de résidence actuel%Très intéressé 38,9Assez intéressé 38,9Peu intéressé 12,0Pas du tout intéressé 10,0Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Le tableau 79 indique que 58,1 % des migrants considéraient que leur lieu de résidence actuel était définitif lorsqu’ils ont été contactés.
Tableau 79: Caractère temporaire ou définitif du lieu de résidence actuel chez les migrants
Considérez-vous que le lieu de résidence actuel est temporaire ou définitif ?%Définitif 58,1Temporaire 41,0Autre 1,0Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
5.2 La situation sociale des migrants au lieu actuel de résidence
La situation des jeunes migrants dans leur lieu actuel de résidence peut être un facteur de retour ou de non-retour dans leur milieu d’origine. On peut penser en effet que plus un jeune est bien intégré dans son nouveau milieu, moins il voudra le quitter.
Au moment de l’enquête, une forte majorité de migrants ont affirmé qu’il leur arrivait souvent de rencontrer des amis (84,4 %) et de prendre des responsabilités dans leur milieu (59,6 %). Dans une proportion moins significative, 43,1 % ont affirmé s’impliquer souvent dans des organisations (tableau 80).
Tableau 80: Situation sociale des migrants au lieu de résidence actuel (addition des mentions « très souvent » et « assez souvent »)
Vous arrive-t-il de …%Rencontrer des amis84,4Prendre des responsabilités dans votre milieu 59,6Vous impliquer dans des organisations43,1Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

On a cherché à savoir si les migrants avaient contribué activement à la réalisation de projet et dans quels domaines d’activité précisément. Bien que les proportions soient très variables parmi les domaines d’activité énoncés, les migrants ont répondu s’être impliqués davantage dans les domaines social (68,8 %), des loisirs (66,1 %), sportif (52,3 %) et culturel (52,3 %) que dans les sphères du tourisme (31,2 %), des affaires (29,4 %) et de la politique (16,7 %) (tableau 81).
Tableau 81: Domaines d’activité dans lesquels s’impliquent les migrants
Avez-vous contribué activement à la réalisation de projet…%Dans le domaine social 68,8Dans le domaine des loisirs 66,1Dans le domaine sportif52,3Dans le domaine de la culture52,3Dans le domaine du tourisme31,2Dans le domaine des affaires29,4Dans le domaine politique 16,7Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Au moment de leur arrivée au lieu de résidence actuel, plus d’une jeune sur deux était impliqué socialement (50,9 %) et faisait du sport avec d’autres (63,9 %) alors que 38 % étaient inscrits à des cours (tableau 82).
Tableau 82: Activités sociales des migrants lors de l’arrivée au lieu de résidence actuel
Dans les premiers temps au lieu de résidence actuel…%Faisiez-vous du sport avec d’autres 63,9Étiez-vous impliqué socialement 50,9Étiez-vous inscrit à des cours38,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

5.3 L’avenir résidentiel des migrants
On a cherché à connaître la représentation que les migrants ont des grandes villes. Le tableau 82 montre que la plupart d’entre eux considèrent que les grandes villes offrent plus d’activités culturelles (80,7 %) et qu’elles permettent d’être plus proche des services (83,5 %). Cependant, pour la majorité d’entre eux, les grandes villes présentent également des aspects négatifs. En effet, 63,3 % sont d’avis que les grandes villes isolent les individus les uns des autres et 72,2 % croient qu’elles sont violentes (tableau 83).
Tableau 83: Opinions des migrants sur les grandes villes (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « des plutôt d'accord »)
Opinions sur les grandes villes %Les grandes villes permettent d’être plus proche des services 83,5Les grandes villes offrent plus d’activités culturelles80,7Les grandes villes sont violentes72,2Les grandes villes isolent les individus les uns des autres 63,3Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

En ce qui concerne la représentation qu’ils ont des régions, la grande majorité d’entre eux ont affirmé qu’elles offrent une vie paisible (89 %) et qu’elles rapprochent de la nature (88 %). Or, tout comme les grandes villes, les régions présentent également des aspects négatifs. Dans des proportions respectives de 60,1 % et de 82,4 %, les migrants ont mentionné que les régions offrent peu de services et connaissent trop de commérage (tableau 84).
Tableau 84: Opinions des migrants sur les régions (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « plutôt d'accord »)
Opinions sur les régions %Les régions offrent une vie paisible 89,0Les régions nous rapprochent de la nature88,0Les régions connaissent trop de commérage 82,4Les régions offrent peu de services60,1Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Lorsqu’on a demandé aux migrants dans quel type de milieu ils iraient vivre s’ils avaient à déménager, les choix ont été variés. Bien que la campagne ressorte comme le lieu privilégié pour un plus grand nombre d’entre eux (34,9 %), la ville moyenne, le village et la grande ville recueillent respectivement 22 %, 16,5 % et 14,7 %. La banlieue d’une grande ville (11,9 %) est le milieu le moins attrayant pour eux (tableau 85).

Tableau 85: Milieu privilégié par les migrants lors d’un éventuel déménagement
Milieu privilégié lors d’un éventuel déménagement%À la campagne  34,9Dans une ville moyenne 22,0Dans un village 16,5Dans une grande ville 14,7Dans une banlieue d’une grande ville 11,9Total 100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

6. La migration des jeunes et l’emploi
La migration des jeunes et la question de l’emploi sont souvent reliées. Si l’emploi n’est pas une raison très souvent invoquée pour expliquer le départ du milieu d’origine, il l’est cependant plus fortement pour justifier un retour. Ce chapitre va donc aborder la représentation qu’ont les jeunes autochtones, migrants et non-migrants, du marché du travail.
6.1 L’emploi et l’insertion professionnelle
Une série de questions ont été posées aux jeunes autochtones concernant l’emploi et l’insertion professionnelle. En portant d’abord notre attention au tableau 86, on constate que les répondants, quel que soit leur profil de migration, sont plutôt optimistes quant à leur avenir professionnel. Si la majorité des migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour) sont confiants de toujours avoir un emploi (pourcentages variant entre 64,7 % et 79,5 %) et considèrent qu’il leur sera facile de trouver du travail dans le domaine où ils ont étudié (entre 72,7 % et 84,6 %), ces proportions atteignent 81,6 % et 82,8 % chez les non-migrants.
Tableau 86: Opinions de l’ensemble des répondants concernant leur avenir professionnel selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « plutôt d'accord »)
Opinions des répondants concernant leur avenir professionnelProfil de migrationNon-migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourJ’ai confiance de toujours avoir un emploi81,664,779,565,9Il me sera facile de trouver du travail dans le domaine où j’ai étudié82,884,672,778,7Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Peu importe le profil migratoire, le tableau 87 fait ressortir qu’entre avoir un emploi stable, un emploi bien payé et un emploi intéressant, plus de 64 % des répondants (non-migrants, migrants intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour) accordent plus d’importance à la perspective d’avoir un travail intéressant.
Tableau 87: Caractéristique la plus importante concernant l’emploi selon le profil de migration (en %)
Ce qui importe le plusProfil de migrationNon-migrants
Migrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourUn emploi stable23,729,420,921,7Un emploi bien payé 6,8 5,9 9,310,9Un emploi intéressant69,564,769,867,4Total100,0100,0100,0100,0 Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005


À l’aide d’une série d’énoncés portant sur différents aspects du travail, il a été possible de vérifier le degré d’importance que les jeunes accordaient à chacun d’eux. Le tableau 88 montre que, peu importe le profil migratoire, les répondants privilégient avant tout un travail qui procure de la satisfaction personnelle (70 % et plus). Plus d’un jeune sur deux, quel que soit le profil migratoire, donne également beaucoup d’importance à un travail qui permet de concilier famille-travail. Pour certains énoncés, on relève cependant des différences marquées selon le profil de migration. En effet, si les migrants interrégionaux de retour (61,7 %) et les migrants interrégionaux (50 %) accordent une importance plus grande que les autres répondants à la possibilité d’avoir un travail en lien avec leurs études, les migrants intrarégionaux sont, pour leur part, plus nombreux à donner de l’importance à la possibilité de travailler avec des gens qu’ils connaissent (47,1 %). Enfin, si la possibilité d’avoir un travail qui permet d'être autonome dans la réalisation des tâches à assumer est un élément fort important chez plus de 65 % des migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour), cette proportion chute à 44,8 % chez les non-migrants. Enfin, les migrants intrarégionaux sont, parmi l’ensemble des répondants, ceux qui accordent le moins d’importance au fait d’avoir un travail qui paie bien.
Tableau 88: Aspects importants concernant le travail selon le profil de migration (en %) (mention « beaucoup » d’importance)
Aspects concernant le travail qui ont beaucoup d’importanceProfil de migrationNon-migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourAvoir un travail en lien avec vos études35,631,350,061,7Avoir un travail qui paie bien43,323,545,538,3Avoir un travail qui offre des possibilités d'avancement45,052,950,046,8Avoir un travail qui concilie famille-travail50,058,853,555,3Avoir un travail qui procure de la satisfaction personnelle70,070,672,776,6Avoir un travail qui donne des responsabilités53,376,552,366,0Avoir un travail qui permet d'être autonome dans la réalisation des tâches à assumer44,882,465,972,3Travailler avec des gens que vous connaissez36,747,122,740,4Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Peu importe le profil migratoire des répondants, les jeunes ont eu une expérience relativement positive sur le marché du travail (tableau 89). D’abord, dès les premiers emplois, la majorité d’entre eux ont réussi à se trouver un travail à leur goût. De plus, dans des proportions de plus de 70,4 %, quel que soit le profil de migration, ils ont répondu avoir des conditions de travail qui les satisfont. Par ailleurs, même si une forte majorité d’entre eux ont répondu que leurs contacts personnels les ont grandement aidés à se trouver un emploi, leur personnalité a joué un rôle encore plus déterminant (taux de réponse supérieurs à 87 %). Il existe toutefois certaines différences entre les types de migrants. D’abord, si la majorité des non-migrants, des migrants interrégionaux et des migrants interrégionaux de retour ont répondu avoir trouvé du travail correspondant à leurs études, seulement 26,7 % des migrants intrarégionaux sont en accord avec cet énoncé. C’est également chez les migrants intrarégionaux que l’on retrouve la plus forte proportion de jeunes qui ont affirmé n’avoir jamais eu d’emploi stable (53,3 %) et avoir été limités sur le marché du travail en raison de leurs responsabilités familiales (58,8 %). C’est également ce groupe de répondants qui a le moins bénéficié de ses contacts personnels pour se trouver un emploi (56,3 %).
Tableau 89: Expérience de l’ensemble des répondants sur le marché du travail selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord »)
Opinions des jeunes sur leur expérience du marché du travailProfil de migrationNon-migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourDès mes premiers emplois, j’ai pu trouver un emploi à mon goût78,052,965,164,4J'ai pu trouver un travail correspondant à mes études65,526,758,162,2J'ai aujourd'hui des conditions de travail qui me satisfont70,485,774,381,5Ces dernières années je n'arrive pas à trouver du travail quand j'en veux40,340,039,540,9On me reproche de manquer d'expérience de travail30,513,320,933,4Le peu d'emplois disponibles actuellement nuit à mes chances de trouver un travail correspondant à mes aspirations48,350,038,154,6Je n'ai jamais eu d'emploi stable37,253,328,036,3Mes responsabilités familiales m'ont limité sur le marché du travail44,958,837,238,6Mes contacts personnels m'ont grandement aidé à trouver un emploi74,156,369,870,5Ma personnalité a joué un rôle important pour me trouver un emploi88,287,595,388,6Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
À la question « avez-vous déjà utilisé les services de recherche d’emploi offerts dans votre région d’origine », plus de la moitié des non-migrants (52,5 %) et des migrants interrégionaux (52,3 %) ont affirmé y avoir eu recours. Quant aux migrants intrarégionaux et interrégionaux de retour, seulement 35,3 % et 36,2 % ont respectivement utilisé ce type de service (tableau 90).
Tableau 90: Utilisation des services de recherche d’emploi offerts dans la région d’origine selon le profil de migration (en %)
Utilisation des services de recherche d’emploi offerts dans la région d’origineProfil de migrationNon-migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retour TOC \f Oui52,535,352,336,2Non47,564,747,763,8Total 100,0100,0100,0100,0Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Comme le montre le tableau 91, qu’ils aient vécu l’expérience de la mobilité géographique ou non au cours de leur vie, la migration est perçue pour la majorité des jeunes comme une stratégie avantageuse pour favoriser leur insertion professionnelle. En effet, peu importe le profil de migration, plus de 62 % d’entre eux considèrent que le fait de quitter son milieu d’origine permet d’améliorer ses conditions de travail. Mis à part les migrants interrégionaux de retour qui sont moins nombreux à penser que quitter son milieu aide à se trouver un emploi (42,5 %), plus de 61,3 % des autres types de migrants croient que la mobilité géographique augmente les chances de se trouver du travail. Étrangement, les migrants qui vivaient à l’extérieur de leur région d’origine au moment de l’enquête (migrants interrégionaux) sont plus optimistes quant aux possibilités de se trouver du travail et à la perspective de se trouver du travail dans son domaine d’études dans son milieu d’origine.
Tableau 91: Opinions de l’ensemble des répondants concernant l’emploi dans le milieu d’origine selon le profil de migration (en %) (addition des mentions « tout à fait d'accord » et « plutôt d'accord »)
Opinion des répondants sur l’emploi dans le milieu d’origineProfil de migrationNon-migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourQuitter son milieu d’origine aide à se trouver un emploi62,770,661,342,5Il est difficile de se trouver un emploi dans son milieu d’origine 53,382,334,157,5Il est difficile de se trouver un emploi dans son domaine d’études dans son milieu d’origine 61,075,141,959,5Le fait de quitter son milieu d’origine permet d’améliorer ses conditions de travail 63,876,562,867,4Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Peu importe le profil de migration, une forte majorité de jeunes croient qu’il est difficile d’avoir de bonnes conditions de travail sans diplôme (taux de réponse supérieurs à 77 %) et qu’il est préférable de quitter son milieu d’origine pour étudier (variant de 61 % à 77 %). Quant à la valeur des diplômes obtenus en région, les non-migrants, les migrants intrarégionaux et les migrants interrégionaux de retour sont plus nombreux à penser qu’ils sont moins valables sur le marché du travail (plus de 40 % dans chaque groupe) que les migrants interrégionaux (17,5 %) (tableau 92).
Tableau 92: Opinions de l’ensemble des répondants concernant les diplômes selon le profil de migration (en %) (addition des mentions «tout à fait d’accord» et «plutôt d’accord»)
Opinions des répondants concernant les diplômesProfil de migrationNon-migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourSans diplôme, il est difficile d’avoir de bonnes conditions de travail83,382,477,380,9Les diplômes obtenus en région sont moins valables sur le marché du travail 41,152,917,540,5Il est préférable de quitter son milieu d’origine pour étudier 61,676,577,371,7Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005

Peu importe qu’ils aient expérimenté la mobilité géographique ou non, le tableau 93 indique que la grande majorité des jeunes considèrent qu’ils ont les connaissances nécessaires en français (variant de 83 % à 94 %) et en anglais (variant de 67 % à 80 %) pour réussir sur le marché du travail. Quel que soit le profil de migration toujours, ils sont peu nombreux à croire qu’il leur serait plus facile d’obtenir un emploi dans une autre province canadienne (variant de 17 % à 39 %). Une forte majorité de jeunes pensent toutefois que la poursuite d’autres études leur ouvrirait des portes sur le marché du travail (taux de réponse supérieurs à 89 % chez tous les types de migrants) et une proportion moindre, mais représentant une majorité de répondants, estime qu’en s’impliquant comme bénévole dans un organisme, cela pourrait les aider à trouver un emploi.
Tableau 93: Opinions de l’ensemble des répondants concernant les compétences et l’insertion professionnelle selon le profil de migration (en %) (addition des mentions «tout à fait d’accord» et «plutôt d’accord»)
Opinions concernant les compétences et l’insertion professionnelleProfil de migrationNon-migrantsMigrants intrarégionauxMigrants interrégionauxMigrants interrégionaux
de retourLa poursuite d’autres études m’ouvrirait des portes sur le marché du travail90,094,188,691,5Mon implication comme bénévole dans un organisme m’aiderait à trouver un emploi66,756,370,445,7Il me serait plus facile d’obtenir un emploi dans une autre province canadienne33,317,739,527,3Mes connaissances en français me permettent de réussir sur le marché du travail au Québec83,193,886,387,0Mes connaissances en anglais me permettent de réussir sur le marché du travail au Québec71,780,075,067,4Source : GRMJ, Sondage sur la migration des jeunes, 2004-2005
Conclusion
Rappelons que cette analyse a été réalisée à l’aide d’un échantillon restreint qui correspond à 168 répondants. Lorsqu’on examine les résultats de l’enquête menée sur la mobilité géographique des jeunes autochtones, on constate que la majorité d’entre eux (79,6 %) ont quitté leur milieu d’origine entre 16 et 20 ans. Bien que la plupart des migrants auraient pu continuer à y vivre s’ils l’avaient voulu, ces jeunes sont principalement partis pour augmenter leur chance dans la vie et parce qu’ils aspiraient à un autre style de vie. La première migration s’est fait généralement seule dans la plupart des cas. Quant à ceux qui ont quitté en même temps que d’autres, c’est principalement avec des amis qu’ils sont partis. On remarque également que la majorité des jeunes autochtones connaissaient peu ou pas du tout leur premier lieu d’accueil. Cette méconnaissance pourrait nous faire croire, à première vue, que ce milieu était une nécessité pour une raison spécifique comme la poursuite des études ou le travail, mais, au contraire, la plupart des migrants ont mentionné qu’ils auraient pu aller vivre ailleurs. C’est plutôt la volonté de vivre leur vie, la possibilité d’avoir une bonne qualité de vie et l’opportunité d’améliorer leurs perspectives d’avenir qui les a amenés à déménager dans leur premier lieu d’accueil. Enfin, bien que la mobilité géographique des jeunes autochtones que nous avons rejoints se soit effectuée presque exclusivement à l’intérieur des différentes régions du Québec, un petit nombre d’entre eux ont néanmoins évoqué qu’ils envisageaient ou envisageaient peut-être de quitter le Québec pour une période de plus de six mois pour vivre l’aventure ou encore pour améliorer leurs perspectives d’avenir.

Peu importe le degré d’éloignement de leur milieu d’origine, la plupart des migrants sont restés attachés à ce lieu et ont bénéficié du soutien de leurs parents. Les contacts téléphoniques étaient fréquents pour la majorité d’entre eux au moment de leur première migration, et une proportion relativement importante a reçu de nombreuses visites de leur famille durant cette même période. De plus, même s’ils ont quitté leur milieu d’origine, les migrants (intrarégionaux, interrégionaux et interrégionaux de retour B) demeurent intéressés par l’avenir de celui-ci. Par ailleurs, qu’ils aient vécu ou non une migration au cours de leur vie, la représentation qu’ont les jeunes de leur milieu d’origine est plutôt positive. Peu d’entre eux considèrent que la population est trop vieille, que les gens n’ont pas le sens de l’entraide ou qu’il n’y a pas assez d’écoles pour les enfants, bien que certains éléments soient jugés plus sévèrement, comme l’emploi, la situation économique et l’administration locale.

Les jeunes autochtones sont très optimistes face à leur avenir professionnel. Bon nombre d’entre eux ont confiance de toujours avoir un emploi et considèrent qu’il leur sera facile de se trouver du travail dans leur domaine d’études. La majorité d’entre eux considèrent également que la migration est une expérience enrichissante qui leur a permis d’améliorer leurs conditions de vie et d’acquérir les connaissances nécessaires pour se trouver un emploi. Enfin, se considérant comme membre des Premières Nations dans la majorité des cas, il est étonnant de voir comment ces jeunes autochtones s’identifient tout aussi fortement aux différents lieux où ils ont vécu qu’à des entités territoriales plus vastes telles que le Québec, le Canada, voire comme citoyen du monde.

En d’autres mots, à la lumière de l’enquête, on constate que les jeunes autochtones semblent avoir intériorisé les valeurs de la mobilité et d’ouverture sur le monde souvent rattachées à la société contemporaine. Expérimentant la mobilité géographique afin de s’émanciper et de découvrir de nouvelles réalités, la migration ne semble pas reliée à une fuite de leur milieu d’origine. Au contraire, même si plusieurs jeunes effectuent une migration au cours de leur vie, il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’entre eux regagneront leur milieu d’origine après quelque temps, notamment pour avoir une bonne qualité de vie, pour élever leurs enfants et pour se rapprocher de leurs parents.









ANNEXES Annexe méthodologique
1.0 Stratégie de recherche
1.1 Population d’étude
Toute personne résidant au Québec ou toute personne résidant à l’extérieur du Québec mais dont la famille réside au Québec, âgée de 20 à 34 ans et pouvant s’exprimer suffisamment en français ou en anglais pour répondre à un questionnaire, était éligible au sondage.

La limite des 34 ans peut être considérée comme élevée. Cependant, les objectifs de la recherche étant de reconstituer les trajectoires diverses suivies par les migrants, il a été jugé intéressant de rejoindre des personnes dont la trajectoire avait une bonne probabilité de s’être stabilisée. Les personnes dans la vingtaine avancée et dans la première moitié de la trentaine apparaissaient pouvoir offrir ce profil.

1.2 Échantillonnage
1.2.1 Description de l’échantillon et procédure d’échantillonnage
Le sondage repose sur plusieurs échantillons superposés et administrés séquentiellement. Le premier échantillon, appelé échantillon national, a permis de rejoindre 2 510 répondants à partir d’un modèle d’échantillonnage proportionnel étendu à l’ensemble du territoire québécois. À ce nombre se sont ajoutées des personnes qui, ne pouvant répondre au critère de sélection du suréchantillon anglophone (détails ci-après), ont pu être intégrées à ce noyau central pour totaliser 2 700 répondants. Le tirage a été réalisé par la firme retenue pour le sondage, soit Léger Marketing. Il s’est fait à l’aide du logiciel RDD (Random Digit Dialing) qui permet de générer des numéros de téléphone de façon aléatoire en utilisant un programme informatique. Cet outil permet en effet d’avoir accès à des numéros qui n’auraient pas été générés par Échantillonneur Canada. La génération de numéros s’est donc faite par zones géographiques à partir des trois premières positions attribuées à un secteur donné.

Un second échantillon représente un suréchantillonnage de 2 179 personnes s’appliquant à certaines régions et a été réalisé à partir de deux vagues de collecte de données. Le besoin des suréchantillons régionaux est venu de ce que dans un grand nombre des 17 régions administratives, la quote-part de l’échantillon national qui revenait à ces régions était insuffisante pour mener une analyse particulière sur ces régions. Une démarche a été entreprise auprès de partenaires dans ces régions pour dégager des fonds servant à financer ces suréchantillons. Les régions qui ont obtenu les ressources nécessaires à la réalisation de questionnaires supplémentaires et pour lesquelles un rapport d’analyse distinct a été produit sont au nombre de 8, soit le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Capitale-Nationale, la Mauricie, l’Estrie, l’Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et Chaudière-Appalaches. Un suréchantillon a également été réalisé dans la région de la Côte-Nord. Pour les suréchantillons régionaux, la méthode d’échantillonnage est identique à celle utilisée pour l’échantillon national, mais le tirage supplémentaire a été fait à l’intérieur des régions ciblées.
Un troisième échantillon représente un suréchantillonnage de 1 081 répondants anglophones, sélectionné à partir du critère suivant : utiliser l’anglais à la maison. Le tirage s’est fait à partir des banques d’informateurs constituées par la firme de sondage pour la réalisation de ses sondages Omnibus. L’échantillon a été tiré parmi les « non-francophones », c’est-à-dire parmi les personnes dont la langue maternelle est en principe autre que le français. Les questions filtres permettaient de ne conserver que les personnes qui parlaient l’anglais (parfois en association avec une autre langue) à la maison. Au moment de l’enquête, il s’est avéré que plusieurs répondants ont mentionné parler autant le français que l’anglais à la maison. Or, parmi ceux-ci, un certain nombre avait un profil francophone très marqué, constat fait à partir de l’examen de la langue de réponse au questionnaire, de la langue maternelle, de la langue de la scolarisation, de la langue parlée à l’extérieur de la maison et de la langue du conjoint. Ces cas problèmes ont pu être conservés et intégrés à l’échantillon national, mais ont dû être remplacés dans le suréchantillon anglophone par un nombre équivalent de personnes qui devaient répondre à un second critère de sélection : l’anglais comme langue maternelle. Le suréchantillon est composé de 30,6 % de répondants de la région administrative de Montréal et de 69,4 % des autres régions (la répartition convenue au départ étant de 30 %/70 %). Pour les 16 régions non montréalaises, le suréchantillon anglophone a été stratifié selon la distribution, dans ces 16 régions, des individus dont la langue parlée à la maison est l’anglais d’après le recensement de 2001.
Un quatrième échantillon est constitué de 37 autochtones des communautés suivantes : innue, attikamek, algonquine et huronne. Il s’agissait avant tout d’un pré-test qui a permis d’évaluer la faisabilité d’une enquête de plus grande envergure auprès des jeunes autochtones, conformément aux paramètres méthodologiques établis pour l’ensemble du sondage. La procédure d’échantillonnage pour ce sous-groupe a consisté à générer selon la méthode RRD des numéros de téléphone à partir des NNX (les trois premiers chiffres du numéro de téléphone qui suivent l’indicatif régional) du numéro de téléphone du Conseil de bande ou des réserves. Ces numéros générés se sont retrouvés dans cinq régions administratives du Québec : Capitale-Nationale (Hurons), Côte-Nord et Saguenay–Lac-Saint-Jean (Innus), Mauricie (Attikamekw) et Abitibi-Témiscamingue (Algonquins). Dans l’échantillon national et dans les suréchantillons régionaux, 131 jeunes ont déclaré être d’origine autochtone. Ces répondants (N=131) s’ajoutent aux 37 répondants de l’échantillon et constituent le corpus de 168 répondants qui permettent de jeter un premier regard sur ce groupe.

Les données de l’échantillon national, des suréchantillons régionaux, du suréchantillon anglophone et du suréchantillon autochtone ont été, après pondération adéquate, amalgamées dans un fichier global (5 997 personnes). La pondération a pour effet de redonner à toutes les régions et aux sous-groupes de répondants le poids qu’ils ont dans la population québécoise âgée de 20-34 ans.

Le nombre de personnes rejointes dans tous les volets de la recherche est de 5 997. À partir d’un tirage initial de 45 363 numéros de téléphone, il a fallu en retrancher 5 151 pour diverses raisons : absence de service, numéros non résidentiels, numéros de télécopieur, de modem, de cellulaire ou de téléavertisseur. Un second retrait de 21 275 numéros de téléphone s’est imposé, soit qu’aucun individu n’avait l’âge requis ou ne pouvait être référé par quelqu’un à partir du numéro de téléphone primaire, soit que personne ne correspondait aux critères d’éligibilité du volet de l’enquête. Pour l’ensemble de l’enquête, les 18 937 numéros valides restants ont constitué l’échantillon effectif. Le taux de réponse, calculé ici comme le ratio des questionnaires complétés aux numéros valides, est de 31,7 %. Les non-réponses s’expliquent soit par des refus (36,1 %), soit par l’impossibilité de compléter le questionnaire (32 %), soit par le fait que certains questionnaires ont été rejetés (0,02 %). Une fraction des refus peut être attribuée au moment de l’année où une part non négligeable des questionnaires a été administrée, moment qui correspond aux vacances. En effet, l’échantillon national a été réalisé de mai à juillet 2004, le premier bloc des suréchantillons régionaux entre juin et août 2004 et le gros du suréchantillon anglophone entre juillet et septembre 2004. Quant à l’impossibilité de compléter le questionnaire, elle serait en augmentation dans les opérations de sondage téléphonique en général à cause de l’usage plus répandu des afficheurs, répondeurs et dispositifs similaires depuis quelques années.

1.2.2 Modèle d’échantillonnage
Le modèle d’échantillonnage correspond à la définition classique d’échantillon probabiliste par grappe stratifié pondéré. La sélection des ménages dans l’échantillon national a été faite selon une stratification des 17 régions administratives du Québec. Les ménages éligibles étaient tous ceux qui comprenaient ou qui avaient déjà compris des jeunes âgés de 20 à 34 ans au moment de l’enquête. Dans les cas où une personne âgée de 20 à 34 ans avait quitté le ménage, elle était rejointe à son nouveau domicile. Cette stratégie permettait de procéder à une constitution des ménages dont une ou plusieurs personnes avaient migré tout en respectant l’équiprobabilité de sélection des personnes éligibles. Les suréchantillons régionaux et le suréchantillon anglophone ont également été structurés sur la base des régions administratives du Québec.

1.2.3 Stratification de l’échantillon
L’échantillon national est décomposable en 17 strates régionales, correspondant à chacune des régions administratives du Québec. L’addition de l’échantillon national et des 9 suréchantillons régionaux, du suréchantillon anglophone et du suréchantillon autochtone forme l’échantillon global de la recherche. Cet échantillon global, moyennant l’application de pondérations appropriées, peut lui-même être décomposé en échantillons régionaux pour chacune des régions administratives.

Un échantillon régional est l’ensemble des grappes constituées autour des numéros de téléphone sélectionnés correspondant à des domiciles situés dans une région donnée (téléphones primaires). Cet échantillon regroupe également les jeunes qui ont quitté le ménage (téléphones secondaires) et qui, dans certains cas, vivent à l’extérieur de la région.

Par exemple, l’échantillon de la région Y comprend :
• les jeunes qui habitent dans un domicile de la région Y correspondant à un numéro de téléphone primaire, qu’ils soient originaires de la région Y ou d’une autre région ;
• les jeunes qui vivent dans un domicile correspondant à un numéro de téléphone secondaire et qui sont apparentés à une personne de la région Y vivant dans un domicile correspondant à un numéro de téléphone primaire ; ces jeunes peuvent eux-mêmes vivre dans la région Y ou dans une autre région.

Cette façon de concevoir l’échantillon régional permet de prendre en considération les mouvements qui font varier le volume de la population jeune dans un territoire : les jeunes qui ne bougent pas, ceux qui partent, ceux qui reviennent et ceux qui arrivent de l’extérieur. L’échantillon régional tel qu’entendu ici (A) est une réalité conceptuellement distincte de l’ensemble de toutes les personnes originaires de la même région (B) ou de toutes les personnes vivant dans la même région à un moment donné (C). Les données de la recherche permettent de reconstituer chacun de ces trois univers. Pour certains individus, ces univers se recoupent, pour d’autres ils se distinguent nettement.

1.2.4 Sélection des répondants dans le ménage
Identique à celle de 1998-1999, la méthode appliquée pour constituer l’échantillon est celle des grappes. Pour les fins de la recherche, une grappe est une unité fondée sur les liens familiaux définie ici comme l’ensemble des frères et sœurs et de leurs conjoints âgés de 20 à 34 ans liés à un même ménage. À chaque numéro de téléphone sélectionné (numéros de téléphone primaires), les personnes vivant sous le même toit pouvaient être elles-mêmes âgées de 20 à 34 ans, auquel cas elles étaient invitées à répondre au questionnaire. À ces personnes et aux autres qui ne correspondaient pas au critère d’âge retenu, il était demandé s’elles avaient des frères, des sœurs, un conjoint ou des enfants âgés de 20 à 34 ans et habitant à l’extérieur du domicile correspondant au numéro de téléphone sélectionné. Si c’était le cas, les coordonnées téléphoniques (un ou des numéro[s] de téléphone secondaire[s]) permettant de les rejoindre étaient demandées et par la suite les autres personnes formant la grappe étaient rejointes, certaines d’entre elles pouvant se trouver dans des localités et des régions éloignées du domicile correspondant au numéro de téléphone primaire. La grappe ne comprenait toutefois pas les conjoints ou les colocataires des frères, sœurs et enfants rejoints au[x] numéro[s] de téléphone secondaire[s], ni les frères et sœurs des conjoints quand, cas plutôt rare, le conjoint vivait dans un domicile autre que celui correspondant au numéro de téléphone primaire. Chaque membre de la grappe avait une probabilité égale d’être choisi.

1.3 Questionnaire
1.3.1 Description du questionnaire
Les données ont été recueillies au moyen du questionnaire de l’enquête de 1998-1999, bonifié en raison, notamment, des nouveaux volets constituant l’enquête (sous-groupes anglophone et autochtone). Les huit blocs de questions conservaient toute leur pertinence: sélection des profils; départ du domicile familial; départ et intégration au lieu 1 (arrivée); identité régionale et avenir du Lieu 0 (origine); évaluation de la situation actuelle; stabilité et mobilité potentielle; retour; sociodémographie. Afin de conserver un questionnaire répondant au format d’une enquête réalisée par téléphone, certaines questions jugées moins pertinentes ont été éliminées pour ajouter des questions répondant davantage aux attentes des partenaires et aux connaissances du phénomène mises à jour par les chercheurs (par exemple des questions reliées à l’emploi). Au-delà des questions nécessaires pour établir l’admissibilité des répondants, l’instrument comporte 34 questions sociodémographiques et 76 questions sur la migration et les sujets qui y sont reliés. L’encodage de toutes les informations a nécessité la constitution de 438 variables.

2.0 Cueillette
2.1 Modalités et vérifications
Les entretiens téléphoniques se sont déroulés entre mai 2004 et février 2005. La durée moyenne des entrevues complétées est de 33 minutes. Le questionnaire a été administré à partir de la centrale téléphonique de Léger Marketing à Montréal et les entrevues ont été réalisées sur le logiciel INTERVIEWER. Le questionnaire a été pré-testé par Léger Marketing, la firme chargée d’administrer le sondage. Celle-ci garantissait un monitoring, en plaçant systématiquement sous écoute 10 % des entretiens téléphoniques. De plus, pour chaque numéro de téléphone validé, la firme avait la possibilité d’effectuer jusqu’à 10 appels dans les cas de non-réponse. À partir des données recueillies lors d’un pré-test, des membres de l’équipe de recherche se sont assurés de valider les versions française et anglaise du questionnaire. Ils ont, par la suite, vérifié les données cumulées après les 500 premiers entretiens téléphoniques ainsi qu’après 1 550 entretiens. Des travaux de nettoyage ont amené l’élimination de 45 cas de la banque de données pour les raisons suivantes: non-admissibilité en raison de l’âge; données manquantes pour établir l’âge du répondant ou son profil migratoire.
3.0 Traitement informatique
3.1 Pondération
Pour rendre possibles les comparaisons interrégionales et entre les sous-groupes, on a appliqué une pondération qui redonne à chaque contingent régional et linguistique le poids qu’il a dans la population québécoise des personnes de 20 à 34 ans. Cette pondération incorpore une correction pour le genre et l’âge (20-24, 25-29, 30-34). Le découpage régional qui a servi à effectuer cette pondération est représenté par la variable région d’échantillonnage.

Une première variable de pondération a été créée, comprenant les 17 régions administratives du Québec, selon le poids respectif de leur population âgée de 20 à 34 ans. Cette population jeune, dans chacune des régions administratives, a été subdivisée en fonction de la proportion réelle Hommes/Femmes et chaque cellule homme/femme a été déclinée en fonction des 20-24 ans, 25-29 ans et 30-34 ans. Le calcul s’est fait à partir des données sur la population québécoise de l’année 2004 telle qu’établie par l’Institut de la statistique du Québec dans son scénario A de référence. Une deuxième variable a été créée en fonction des 17 régions administratives et de la langue d’usage à la maison. La pondération s’est exercée à partir des données tirées du recensement de 2001 sur la langue parlée à la maison disponibles sur le site de l’Institut de la statistique du Québec, reflétant ainsi les réponses fournies par les répondants à la première question du questionnaire: « Quelle langue parlez-vous le plus souvent à la maison ? ». Dans les données provenant du recensement, on retrouvait les réponses suivantes: le français; l’anglais; le français et l’anglais; l’anglais et une langue non officielle; une langue non officielle. Ces données étaient disponibles par région administrative du Québec, mais non par âge. Finalement, une pondération multidimensionnelle faisant appel aux deux variables de pondération décrites ci-dessus a été appliquée.

3.2 Remise du fichier de données
Les données du questionnaire ont été remises par Léger Marketing à chaque étape du terrain (échantillon national, 1ère vague et 2e vague de suréchantillons régionaux, suréchantillon anglophone, suréchantillon autochtone) dans des bases de données prêtes à être exploitées à l’aide du logiciel SPSS. Les données de la 5e étape ont été remises en novembre 2004, mais le fichier global final n’a pu être constitué qu’en mars 2005, suite à l’obligation de refaire un certain nombre d’entrevues auprès de jeunes anglophones. La pondération du fichier global a été appliquée en avril 2005.

3.3 Intervalle de confiance et marge d’erreur
Dans les analyses et les sorties statistiques que l’équipe de recherche a effectuées, l’intervalle de confiance généralement retenu a été de 0,95. Avec un tel intervalle de confiance, la marge d’erreur pour l’échantillon global de 5 997 répondants est de 1,3 %. Dans le cas de l’échantillon avec les 168 autochtones, la marge d’erreur est de 7.6 %, 19 fois sur 20.
Questionnaire





Questionnaire
du sondage portant sur la migration
des jeunes (20-34 ans) au Québec







Groupe de recherche sur la migration des jeunes
(GRMJ)
©











INRS Urbanisation, Culture et Société
Enquête 2004-2005 Sondage : (identification)

Titre : (identification)

Texte d’introduction :

Bonjour/bonsoir, je suis ______ de _______________ (identification de la maison de sondage).

Nous faisons présentement une très importante étude pour l'Université du Québec auprès des jeunes de 20 à 34 ans. En vous incluant, y a-t-il chez vous quelqu'un âgé de 20 à 34 ans?

[si la personne elle-même :] auriez-vous quelques minutes pour répondre à notre questionnaire?

[si oui mais pas elle-même :] pourrais-je lui parler?

[si non :] avez-vous des frères, des sœurs ou des enfants qui ont actuellement de 20 à 34 ans et qui habitent à l'extérieur de votre domicile?

[si oui :] compte tenu de l'importance de cette étude, accepteriez-vous de nous donner leur numéro de téléphone pour nous permettre de les rejoindre? [prendre note]

note : les textes entre [crochets] sont des directives pour l'interviewer
on ne les lit donc pas à l'interviewé!


Bloc 1 : Sélection des profils

(Tous)

Question 1

Quelle langue parlez-vous le plus souvent à la maison?

1 Français
2 Anglais
96 Autre – Spécifiez ________________
99 P.R.

Question 2

Dans quelle langue préférez-vous répondre au questionnaire?

1 Français
2 Anglais

Question 3

Pourriez-vous me donner le nom de la localité où vous habitez actuellement? (Lieu F)
______________________________

Question 4

Pourriez-vous me donner le code postal? Si oui, notez______________
Si non = 9999999 N.S.P.

Question 5

Cette localité se situe-t-elle…

1 dans la province de Québec?
2 dans une autre province canadienne?
3 ailleurs dans le monde – Précisez ____________________

Question 6

Actuellement, résidez-vous en permanence chez vos parents?

1 Oui Passez à la question 7 + question X33 doit être posée
2 Non Passez à la question 8
8 N.S.P. Passez à la question 8
9 P.R. Passez à la question 8
Question 7

Avez-vous déjà déménagé ailleurs que chez vos parents pendant une période de plus de six mois?
1 Oui Passez à la question 8
2 Non Passez à la question 17
8 N.S.P. Passez à la question 17
9 P.R. Passez à la question 17

Question 8

À quel endroit habitaient vos parents quand vous les avez quittés pour la première fois pour aller vivre ailleurs plus de six mois? (Lieu 0)
_____________________________

Question 9

Quel âge aviez-vous quand vous avez quitté le domicile de vos parents? _____________

Question 10

À ce moment, avez-vous déménagé dans une autre localité que _______ (Lieu 0)?

1 oui Passez à la question 11
2 non Passez à la question 14
8 N.S.P. Passez à la question 14
9 P.R. Passez à la question 14

Question 11

Laquelle? ________________

Question 12

Cette localité se situe-t-elle…

1 dans la province de Québec?
2 dans une autre province canadienne?
3 ailleurs dans le monde – Précisez __________________

Question 13

Et par la suite, avez-vous déménagé dans une autre localité?

1 Oui Passez à la question 11, puis ensuite à la question 16
2 Non Passez à la question 16
8 N.S.P. Passez à la question 16
9 P.R. Passez à la question 16

Question 14

Depuis votre départ de la maison familiale, avez-vous déjà habité dans d’autres localités que ______ (Lieu F et /ou Lieu 0) pour une période de plus de six mois?

1 Oui Passez à la question 15
2 Non Passez à la question 17
8 N.S.P. Passez à la question 17
9 P.R. Passez à la question 17

Question 15

Lesquelles? _______________________________

Question 16

Quel âge aviez-vous lorsque vous avez quitté (LIEU 0) pour la première fois pour une période de plus de 6 mois? ______________

Passez à la question 19

Question 17

Pourquoi êtes-vous resté dans votre localité __________ (LIEU O)? Répondre par oui ou par non aux énoncés suivants
OuiNonNSPPRPossibilité d’y poursuivre les études1289Opportunité d’y travailler1289Désir de rester avec le conjoint1289Désir de vivre auprès de la famille et des amis1289Pour la qualité de vie1289Pas d’argent pour m’installer ailleurs1289Pour la proximité de la nature1289Pour une autre raison1289
Si autre raison = 1 : posez la question 18
Si autre raison = 2, 8 ou 9 : passez à la question 19
Question 18

Précisez l’autre raison _________________

Question 19

Avez-vous présentement ...
OuiNonNSPPRdu travail?1289des amis?1289des contacts avec vos voisins?1289des loisirs avec d’autres?1289de la parenté dans la ville?1289
Question 20

Et...
OuiNonNSPPRÊtes-vous impliqué socialement?1289Êtes-vous inscrit à des cours?1289Faites-vous du sport avec d’autres?1289
Bloc 2 : Départ du domicile familial

(Tous sauf non-migrant 1)
Bloc2= (profil (= 2)

Question 21

Pouvez-vous nous dire si les énoncés suivants expliquent votre départ du domicile familial?
OuiNonNSPPRPour poursuivre des études1289Pour aller travailler1289Pour vivre votre vie1289Pour suivre un conjoint1289Pour acheter une maison1289Pour avoir une bonne qualité de vie1289En raison de problèmes familiaux1289Pour apprendre une autre langue1289
Question 22

Y a-t-il une autre raison qui explique votre départ du domicile familial?

1 Oui Passez à la question 23
2 Non Passez à la question 24
8 N.S.P. Passez à la question 24
9 P.R. Passez à la question 24

Question 23

Laquelle? _____________________

Question 24

Diriez-vous que les énoncés suivants correspondaient beaucoup, assez, un peu ou pas du tout à la situation qui était la vôtre lorsque vous avez quitté le domicile de vos parents?

BeaucoupAssezUn peuPDTNSPPRQuitter le domicile de mes parents a été très difficile pour moi123489Quand j’ai quitté la maison familiale, j’aurais pu rester chez mes parents si j’avais voulu123489J’ai quitté la maison familiale parce que c’était le temps pour moi123489Quand j’ai quitté la maison familiale, je savais que c’était définitif123489J’ai quitté la maison familiale pour me prouver quelque chose à moi-même123489
Bloc 3 : Départ et intégration à lieu 1

- Déménageurs, déménageurs de retour- Migrants intra, migrants intra de retour- Migrants extra, migrants extra de retour (A et B)Bloc3=(profil (= 3

Maintenant, parlons des circonstances qui vous ont conduit à (LIEU 1)

Question 25

Pouvez-vous nous dire si les énoncés suivants expliquent votre déménagement à (Lieu 1)

OuiNonNSPPRPour poursuivre des études1289Pour des raisons de travail1289Pour améliorer vos perspectives d’avenir1289Pour éviter de vous sentir victime de discrimination1289Pour faire de l’aide humanitaire1289Pour vivre l’aventure1289Pour vivre votre vie1289Pour mettre à profit vos compétences linguistiques1289Pour apprendre une autre langue1289Pour suivre ou pour rejoindre un conjoint1289Pour vous rapprocher de la famille et des amis1289Pour acheter une maison1289Pour avoir une bonne qualité de vie1289Pour la proximité de la nature1289En raison de problèmes familiaux1289Pour demeurer dans un milieu majoritairement anglophone1289Pour bénéficier d’un meilleur contexte économique1289Pour des raisons liées au contexte politique du Québec1289Pour des raisons liées aux lois linguistiques du Québec1289Pour vivre dans un environnement social auquel vous vous identifiez1289Pour suivre les conseils de vos parents ou professeurs1289
Posez la question pour tous les énoncés
Si « pour poursuivre des études » = 1 : posez la question 26
Si « pour apprendre une autre langue » = 1 : posez la question 27
Sinon, passez à la question 28

Question 26

Lorsque vous avez déménagé à (Lieu 1) pour poursuivre des études, à quel niveau était-ce?
1 secondaire
2 collégial
3 universitaire
4 autre
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 27

Lorsque vous avez déménagé à (Lieu 1) pour apprendre une autre langue, laquelle était-ce? _______________________________

Question 28

Y a-t-il une autre raison qui explique votre déménagement à (Lieu 1)?

1 oui Passez à la question 29
2 non Passez à la question 30
8 N.S.P. Passez à la question 30
9 P.R. Passez à la question 30

Question 29

Laquelle? ________________

Question 30

À l'époque, connaissiez-vous beaucoup, assez, peu ou pas du tout (LIEU 1)?

1 beaucoup
2 assez
3 peu
4 pas du tout
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 31

Plus spécifiquement, pouvez-vous me dire si les affirmations suivantes correspondent beaucoup, assez, un peu ou pas du tout aux raisons qui expliquent votre déménagement du (LIEU 0) au (LIEU 1)?
BeaucoupAssezUn peuPDTNSPPRJ’ai quitté LIEU 0 parce que mon programme d'études ne se donnait pas dans cette région123489J’ai quitté LIEU 0 parce que je voulais vivre loin des parents123489J’ai quitté LIEU 0 pour avoir de meilleures conditions de travail123489J’ai quitté LIEU 0 mais j’aurais pu continuer à y vivre123489J’ai quitté LIEU 0 parce que j’aspirais à un autre style de vie123489J’ai quitté LIEU 0 parce que c’était un milieu trop contrôlant123489J’ai quitté LIEU 0 pour m’éloigner de ma “gang de jeunesse”123489J’ai quitté LIEU 0 parce que j’avais d’autres ambitions que les gens de ce milieu123489J’ai quitté LIEU 0 parce que je voulais augmenter mes chances dans la vie123489J’ai quitté LIEU 0 parce que je voulais sortir de la routine123489J’ai quitté LIEU 0 parce que les valeurs des gens ne correspondaient plus aux miennes123489J’ai quitté LIEU 0 parce que tout le monde était au courant de ma vie123489J’ai quitté LIEU 0 parce que mes compétences linguistiques n’étaient pas reconnues comme étant un atout123489J’ai quitté LIEU 0 parce que mes compétences linguistiques n’étaient pas suffisantes pour occuper un bon emploi123489
Question 32

À ce moment là, auriez-vous pu déménager ailleurs qu'à (LIEU 1)?

1 Non : ce lieu était nécessaire
2 Oui : aurais pu aller ailleurs
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 33

Pouvez-vous nous dire si votre déménagement de (Lieu O) au (Lieu 1) vous a aidé à…

OuiNonNSPPRAcquérir les compétences nécessaires pour trouver un emploi?1289Trouver un travail plus rapidement?1289Améliorer vos conditions de travail?1289Améliorer vos conditions de vie?1289
Question 34

Lorsque vous avez déménagé à (LIEU 1) est-ce que…
OuiNonNSPPRVous connaissiez des amis déjà établis à cet endroit?1289Vous aviez des parents dans cette région?1289Vous aviez déjà séjourné quelques jours dans cette région?1289Vous connaissiez le quartier où vous êtes déménagé?1289Vous avez téléphoné régulièrement chez vos parents dans les premiers temps? 1289Également, vos parents vous téléphonaient régulièrement?1289Vous avez eu souvent des visites de votre famille durant cette période?1289
Question 35

Lorsque vous êtes allé vivre à (LIEU 1), qui vous a aidé à déménager? Était-ce...

1 Vos parents?
2 Vos amis?
3 D’autres personnes?
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 36

Avez-vous déménagé à (LIEU 1) en même temps que d'autres personnes de votre région?

1 Oui Passez à la question 37
2 Non Passez à la question 38
8 N.S.P. Passez à la question 38
9 P.R. Passez à la question 38

Question 37

Était-ce...
OuiNonNSPPRDes amis?1289Votre blonde ou votre chum?1289Votre frère ou votre sœur?1289Quelqu’un d’autre?1289
Question 38

Lorsque vous avez déménagé à (LIEU 1), habitiez-vous...

1 en appartement?
2 en chambre?
3 en résidence étudiante?
4 autre?
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 39

Viviez-vous seul ou avec d'autres?

1 Seul
2 Avec d'autres
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 40

Pourriez-vous me dire par ordre d’importance, quelles sont les principales sources de revenu que vous aviez au moment de votre arrivée à (LIEU 1)?
[3 mentions, de la plus à la moins importante]
Mention 1Mention 2Mention 3Des revenus de travail010101Des économies accumulées020202Un soutien des parents030303Une pension alimentaire040404Des prêts et bourses050505De l'assurance-chômage060606De l'aide sociale070707Des allocations familiales080808Des revenus du conjoint090909Autre101010N.S.P.989898P.R.999999
Question 41

À cette époque, diriez-vous que votre situation financière personnelle était très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise ou très mauvaise?

1 très bonne
2 plutôt bonne
3 plutôt mauvaise
4 très mauvaise
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 42

Dans les premiers temps de votre arrivée à (LIEU 1), qu’est-ce qui a le plus contribué à vous mettre en contact avec de nouvelles connaissances?
Est-ce...
1 votre milieu d'étude?
2 votre milieu de travail?
3 le quartier où vous habitiez?
4 les activités sociales et récréatives?
5 la famille?
6 les amis ou les connaissances?
7 le conjoint ou la conjointe
96 autres? Précisez ______________
98 N.S.P.
99 P.R.

Question 43

Dans votre quartier, à (LIEU 1), quel est l'endroit où il a été plus facile de faire de nouvelles connaissances? Est-ce surtout...

01 les bars et les restaurants?
02 le centre de loisirs du quartier?
03 les organisations communautaires du quartier?
04 les petits commerces du quartier?
05 la garderie ou l’école des enfants ?
06 les parcs?
07 le voisinage immédiat?
08 Autre endroit? Précisez ____________
98 N.S.P.
99 P.R.

Bloc 4 : Identité régionale et avenir de Lieu 0

- Migrants intra (sans les migrants intra de retour)
- Migrants extra
- Migrants extra de retour B
Bloc4=(profilA = 4 ( profilA = 6 ( profilA = 8)

Question 44

Est-ce que vous rencontrez très souvent, assez souvent, rarement ou jamais des gens qui vivent à (LIEU F) et qui ont déjà vécu eux aussi à (LIEU 0)?

1 très souvent
2 assez souvent
3 rarement
4 jamais
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 45

Combien de fois par année retournez-vous visiter vos parents ou vos amis à (LIEU 0)? ______________

Question 46

En général, diriez-vous que vous êtes encore très intéressé, assez intéressé, peu intéressé ou pas du tout intéressé par ce que va devenir (LIEU 0) dans le futur?

1 très intéressé
2 assez intéressé
3 peu intéressé
4 pas intéressé du tout
8 N.S.P.
9 P.R.

Bloc 5 : Évaluation de la situation actuelle

(Tous)

Question 47

Êtes-vous tout à fait d'accord, plutôt d'accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes concernant (LIEU 0) et ses environs?

TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRIl n'y a pas d'emploi pour moi123489Il n’y a pas d’emploi pour mon conjoint123489La situation économique est difficile123489Je ne pourrais pas avoir d’avancement dans cette localité et dans ses environs123489Les décideurs ne bougent pas assez vite123489La population de cette région est trop vieille123489Les gens n’ont pas le sens de l’entraide123489Il n’y a pas d’école pour les enfants123489Les services de santé sont déficients dans cette localité et dans ses environs123489Il n’y a pas assez de loisirs123489Il n’y a pas de place pour les jeunes123489Il n’y a pas d’activités culturelles123489Cette région est trop contrôlée par les générations plus âgées123489Je ne connais personne qui m’aiderait à y trouver un travail123489
Question 48

Pensez-vous qu'il sera possible pour les jeunes générations de développer (LIEU 0) et ses environs ou qu'ils ne pourront rien faire?

1 pourront développer
2 ne pourront rien faire
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 49

En général, diriez-vous que c'est pour vous plutôt facile, plus ou moins facile ou plutôt difficile de vivre dans la société d'aujourd'hui?

1 plutôt facile
2 plus ou moins facile
3 plutôt difficile
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 50

Vous identifiez-vous beaucoup, assez, un peu, pas du tout…

BeaucoupAssezUn peuPDTNSPPRà votre localité d’origine?123489à la localité où vous vivez actuellement?123489au Québec dans son ensemble?123489au Canada dans son ensemble?123489comme citoyen du monde?123489
Question 51

Vous considérez-vous surtout comme étant…

1 membre de la communauté francophone?
2 membre de la communauté anglophone?
3 membre des Premières Nations?
4 membre autant de la communauté francophone qu’anglophone
96 Autre – Précisez ____________________
98 N.S.P.
99 P.R.

Question 52

Parmi les choix suivants, quel est l’élément que vous considérez le plus important à l’endroit où vous vivez actuellement?

1 La végétation
2 L’esthétique du quartier
3 La qualité et le prix des habitations
4 Le milieu social
5 Le rythme de vie et l’animation
6 La proximité des services publics et commerciaux
7 L’accessibilité aux transports
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 53

Personnellement, vous arrive-t-il très souvent, assez souvent, rarement ou jamais...

Très souventAssez souventRarementJamaisNSPPRDe rencontrer des amis?123489De vous impliquer dans des organisations?123489De prendre des responsabilités dans votre milieu?123489
Question 54

Pensez-vous que vous pouvez faire des choses pour faire avancer la société?

1 oui
2 plus ou moins
3 non
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 55

Avez-vous déjà contribué activement à la réalisation de projets…

OuiNonNSPPRDans le domaine social?1289Dans le domaine sportif?1289Dans le domaine politique?1289Dans le domaine des affaires?1289Dans le domaine de la culture?1289Dans le domaine du tourisme?1289Dans le domaine des loisirs?1289
Question 56

Personnellement, êtes-vous tout à fait d’accord, plutôt d'accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes concernant votre avenir et celui de la société?
TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRJ'ai confiance de toujours avoir un emploi123489La situation économique s’améliorera dans l’avenir123489Mon niveau de vie augmentera avec les années123489Je ferai mieux que mes parents dans la vie123489J’aurai une vie amoureuse réussie123489Il me sera facile de trouver du travail dans le domaine où j’ai étudié123489La pollution diminuera au cours des dix prochaines années123489
Question 57

Qu'est-ce qui vous importe le plus? Est-ce d'avoir...

1 un emploi stable?
2 un emploi bien payé?
3 un emploi intéressant?
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 58

Plus spécifiquement, diriez-vous que les énoncés suivants concernant le travail ont beaucoup, assez, un peu ou pas du tout d’importance pour vous?

BeaucoupAssezUn peuPDTNSPPRAvoir un travail en lien avec vos études123489Avoir un travail qui paie bien123489Avoir un travail qui offre des possibilités d’avancement123489Avoir un travail qui concilie famille-travail123489Avoir un travail qui procure de la satisfaction personnelle123489Avoir un travail qui donne des responsabilités123489Avoir un travail qui permet d’être autonome dans la réalisation des tâches à assumer123489Travailler avec des gens que vous connaissez123489
Question 59

Êtes-vous tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes concernant (LIEU 0) et ses environs?

TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRQuitter son milieu d’origine aide à se trouver un emploi123489Il est difficile de se trouver un emploi dans son milieu d’origine123489Il est difficile de se trouver un emploi dans son domaine d’études dans son milieu d’origine123489Le fait de quitter son milieu d’origine permet d’améliorer ses conditions de travail123489
Question 60

Personnellement, êtes-vous tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes?

TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRSans diplôme, il est difficile d’avoir de bonnes conditions de travail123489Les diplômes obtenus en région sont moins valables sur le marché du travail123489Il est préférable de quitter son milieu d’origine pour étudier123489
Question 61

Personnellement, êtes-vous tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes?

TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRLa poursuite d’autres études m’ouvrirait des portes sur le marché du travail123489Mon implication comme bénévole dans un organisme m’aiderait à trouver un emploi123489Il me serait plus facile d’obtenir un emploi dans une autre province canadienne123489Mes connaissances en français me permettent de réussir sur le marché du travail au Québec123489Mes connaissances en anglais me permettent de réussir sur le marché du travail au Québec123489
Question 62

Êtes-vous tout à fait d’accord, plutôt d'accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes concernant votre expérience sur le marché du travail? (La réponse «sans objet» sera disponible mais non mentionnée)

TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRDès mes premiers emplois, j’ai pu trouver un travail à mon goût123489J’ai pu trouver un travail correspondant à mes études123489J’ai aujourd’hui des conditions de travail qui me satisfont123489Ces dernières années je n’arrive pas à trouver du travail quand j’en veux123489On me reproche de manquer d’expérience de travail123489Le peu d’emplois disponibles actuellement nuit à mes chances de trouver un travail correspondant à mes aspirations123489Je n’ai jamais eu d’emploi stable123489Mes responsabilités familiales m’ont limité sur le marché du travail123489Mes contacts personnels m’ont grandement aidé à trouver un emploi123489Ma personnalité a joué un rôle important pour me trouver un emploi123489
Question 63

Aujourd'hui, diriez-vous que votre situation financière personnelle est très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise ou très mauvaise?

1 très bonne
2 plutôt bonne
3 plutôt mauvaise
4 très mauvaise
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 64

Pourriez-vous me dire par ordre d’importance, quelles sont, actuellement, vos principales sources de revenu?
[3 mentions, de la plus à la moins importante]

Mention 1Mention 2Mention 3Des revenus de travail010101Des économies accumulées020202Un soutien des parents030303Une pension alimentaire040404Des prêts et bourses050505De l'assurance-chômage060606De l'aide sociale070707Des allocations familiales080808Des revenus du conjoint090909Autre101010N.S.P.989898P.R.999999
Question 65

Diriez-vous que votre situation financière personnelle risque de s'améliorer dans l'avenir ou de se détériorer?

1 s'améliorer
2 demeurer la même
3 se détériorer
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 66

Personnellement, êtes-vous tout à fait d'accord, plutôt en accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes sur les grandes villes? Les grandes villes…
TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRPermettent d'être plus proche des services123489Sont violentes123489Offrent plus d’activités culturelles123489Isolent les individus les uns des autres123489
Question 67

Également, diriez-vous que vous êtes tout à fait d'accord, plutôt en accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les opinions suivantes sur les régions par opposition aux grandes villes? Les régions…
TàFAPd’APenDTàFenDNSPPRNous rapprochent de la nature123489Offrent peu de service123489Connaissent trop de commérage123489Offrent une vie paisible123489
Question 68

Si vous aviez à faire un choix parmi les choses les plus importantes de votre vie, choisiriez-vous :
Le 1erLes 2Le 2eNSPPRFréquenter votre famille ou fréquenter vos amis?12389Vivre dans la stabilité ou vivre dans le changement?12389Vivre avec les autres ou vivre de façon indépendante?12389Vous impliquer dans votre entourage ou vivre en solitaire?12389Garder toujours les mêmes amis ou changer souvent
d’entourage?12389Profiter du moment présent ou vous priver pour l’avenir?12389
Question 69

Si vous aviez à déménager, iriez-vous vivre plutôt dans une grande ville, dans la banlieue d'une grande ville, dans une ville moyenne, dans un village, ou à la campagne?

1 dans une grande ville
2 dans la banlieue d'une grande ville
3 dans une ville moyenne
4 dans un village
5 à la campagne
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 70

Depuis votre départ du foyer familial, avez-vous déjà vécu à l’extérieur du Québec pour une période de plus de 6 mois? (sauf Lieu 1 et Lieu F)

1 Oui Passez à la question 71
2 Non Passez à la question 74
9 P.R. Passez à la question 74

Question 71

Où avez-vous séjourné durant cette période?

1 dans les autres provinces canadiennes
2 aux États-Unis
3 en Europe
4 ailleurs dans le monde – Précisez ________________________

Question 72

Parmi les raisons suivantes, lesquelles ont motivé votre départ à l’extérieur du Québec pour une période de plus de 6 mois?
OuiNonNSPPRPour poursuivre des études1289Pour des raisons liées au travail1289Pour améliorer vos perspectives d’avenir1289Pour éviter de vous sentir victime de discrimination1289Pour faire de l’aide humanitaire1289Pour vivre l’aventure1289Pour mettre à profit vos compétences linguistiques1289Pour apprendre une autre langue1289Pour suivre ou pour rejoindre votre conjoint1289Pour être proche de votre famille ou de vos amis1289Pour acheter une maison1289Pour élever vos enfants1289Pour demeurer dans un milieu majoritairement anglophone1289Pour bénéficier d’un meilleur contexte économique1289Pour des raisons liées au contexte politique du Québec1289Pour des raisons liées aux lois linguistiques du Québec1289Pour vivre dans un environnement social auquel vous vous identifiez1289Pour suivre les conseils de vos parents ou professeurs1289Pour une autre raison [Si oui, posez la question 72a]
[Si non, N.S.P. ou P.R., passez à la question 73]1289
Question 72a

Laquelle?____________________________

Question 73

Envisagez-vous de repartir à nouveau à l’extérieur du Québec pour une période prolongée?
1 Oui
2 Peut-être
3 Non
8 N.S.P.
9 P.R.

Passez à la question 76

Question 74

Envisagez-vous de vivre à l’extérieur du Québec pour une période de plus de 6 mois?

1 Oui
2 Peut-être
3 Non Passez à la question 76
8 N.S.P. Passez à la question 75
9 P.R. Passez à la question 76

Question 75

Parmi les raisons suivantes, lesquelles pourraient vous amener à partir à l’extérieur du Québec pour une période de plus de six mois?
OuiNonNSPPRPour poursuivre des études1289Pour des raisons liées au travail1289Pour améliorer vos perspectives d’avenir1289Pour éviter de vous sentir victime de discrimination1289Pour faire de l’aide humanitaire1289Pour vivre l’aventure1289Pour mettre à profit vos compétences linguistiques1289Pour apprendre une autre langue1289Pour suivre ou pour rejoindre votre conjoint1289Pour être proche de votre famille ou de vos amis1289Pour acheter une maison1289Pour élever vos enfants1289Pour demeurer dans un milieu majoritairement anglophone1289Pour bénéficier d’un meilleur contexte économique1289Pour des raisons liées au contexte politique du Québec1289Pour des raisons liées aux lois linguistiques du Québec1289Pour vivre dans un environnement social auquel vous vous identifiez1289Pour suivre les conseils de vos parents ou professeurs1289Pour une autre raison [Si oui, posez la question 75a]
[Si non, N.S.P. ou P.R., passez à la question 76]1289
Question 75a

Laquelle?______________________________

Question 76

De façon générale, diriez-vous que vous êtes très intéressé, assez intéressé, peu intéressé ou pas du tout intéressé par ce que va devenir dans le futur la région où vous habitez présentement?

1 très intéressé
2 assez intéressé
3 peu intéressé
4 pas du tout intéressé
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 77

Connaissez-vous le projet Place aux jeunes?

1 Oui Passez à la question 78
2 Non Passez à la question 81
8 N.S.P. Passez à la question 81
9 P.R. Passez à la question 81

Question 78

Avez-vous participé au projet Place aux jeunes mis en place dans votre région administrative d’origine?

1 Oui Passez à la question 79
2 Non Passez à la question 80
8 N.S.P. Passez à la question 80
9. P.R. Passez à la question 80

Question 79

Le projet Place aux jeunes a-t-il influencé votre installation dans votre région administrative d’origine?

1 Oui Passez à la question 81
2 Non Passez à la question 81
8 N.S.P. Passez à la question 81
9 P.R. Passez à la question 81

Question 80

Les projets Place aux jeunes pourraient-ils influencer votre installation dans votre région administrative d’origine?

1 Oui
2 Non
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 81

Avez-vous déjà utilisé les services de recherche d’emploi qui sont offerts dans votre région administrative d’origine?

1 Oui
2 Non
8 N.S.P.
9 P.R.

Bloc 6 : Stabilité et mobilité potentielle

- Déménageurs, déménageurs de retour
- Migrants intra, migrants intra de retour
- Migrants extra, migrants extra de retour (A et B)
Bloc6=(profil (= 3)

Question 82

Depuis combien de temps habitez-vous (LIEU F)? _________________ (À poser aux migrants qui ne sont pas de retour)

ou

Depuis combien de temps habitez-vous (LIEU F) depuis votre dernière installation? ______________ (À poser aux migrants de retour)

Question 83

Quel âge aviez-vous au moment où vous avez déménagé au lieu actuel de résidence (Lieu F)? _____________________ (À poser aux migrants qui ne sont pas de retour)

ou

Quel âge aviez-vous lors de votre dernière installation au lieu actuel de résidence (LIEU F)? _____________________ (À poser aux migrants de retour)

Question 84

Pour quelles raisons vous êtes-vous finalement établi à (LIEU F)? Est-ce ...

OuiNonNSPPRPour poursuivre des études1289Pour des raisons liées au travail1289Pour améliorer vos perspectives d’avenir1289Pour éviter de vous sentir victime de discrimination1289Pour faire de l’aide humanitaire1289Pour vivre l’aventure1289Pour vivre votre vie1289Pour mettre à profit vos compétences linguistiques1289Pour apprendre une autre langue1289Pour suivre ou rejoindre votre conjoint1289Pour être proche de votre famille ou de vos amis1289Pour acheter une maison1289Pour élever vos enfants1289À la suite de problèmes familiaux1289Pour avoir une bonne qualité de vie1289Pour la proximité de la nature1289Pour demeurer dans un milieu majoritairement anglophone1289Pour bénéficier d’un meilleur contexte économique1289Pour des raisons liées au contexte politique du Québec1289Pour des raisons liées aux lois linguistiques du Québec1289Pour vivre dans un environnement social auquel vous vous identifiez1289Pour suivre les conseils de vos parents ou professeurs1289Pour une autre raison [Si oui, posez la question 84a]
[Si non, N.S.P. ou P.R., passez à la question 85]1289
Question 84a

Laquelle?_______________________________

Question 85

Considérez-vous que (LIEU F) est pour vous un lieu de résidence temporaire ou définitif?

1 temporaire
2 définitif
4 autre
8 N.S.P.
9 P.R.

Question 86

Et dans les premiers temps à (LIEU F) aviez-vous :
OuiNonNSPPRDu travail?1289Un conjoint?1289Des amis?1289Des contacts avec vos voisins?1289Des loisirs avec d’autres?1289De la parenté?1289
Question 87

Et à cet endroit…
OuiNonNSPPRÉtiez-vous impliqué socialement?1289Étiez-vous inscrit à des cours?1289Faisiez-vous du sport avec d’autres?1289
Question 88

À cet endroit, avez-vous utilisé les services de recherche d’emploi qui y sont offerts?

1 Oui
2 Non
8 N.S.P.
9 P.R.
Bloc 7 – Q89 : Retour potentiel

- Migrants intra
- Migrants extra
Bloc7q89=(profilA = 4 ( profilA = 6)

Question 89

Reviendriez-vous vivre à (LIEU 0) si les circonstances s'y prêtaient?

1 Oui Passez à la question 90
2 Non Passez à la question X1
3 Peut-être Passez à la question 90
8 N.S.P. Passez à la question X1
9 P.R. Passez à la question X1

Question 90

Pourriez-vous nous dire si les énoncés suivants pourraient justifier votre retour à (LIEU O)?
OuiNonNSPPRPour poursuivre les études1289Pour gagner votre vie1289Pour avoir de meilleures conditions de travail1289Pour avoir une bonne qualité de vie1289Pour la proximité de la nature1289Pour suivre ou pour rejoindre votre conjoint1289Pour vous rapprocher de vos parents1289Pour être plus proche de vos amis1289Pour vous rapprocher de vos enfants1289Pour élever vos enfants1289Pour avoir une maison à vous1289Pour avoir un logement à plus bas prix1289Pour partir une petite entreprise ou reprendre l’entreprise familiale1289Pour une autre raison [Si oui, posez la question 90a]
[Si non, N.S.P. ou P.R., passez à la question X1]1289
Question 90a

Laquelle_____________________________

Si non-revenant, passage au bloc socio-démographique
Bloc 7 – Q91 : Retour

- Migrants intra de retour
- Migrants extra de retour (A et B)
Bloc7q91=(profilA = 5 ( profilA = 7 ( profilA = 8)

Question 91

Pouvez-vous nous dire si les énoncés suivants expliquent votre retour dans la région de (LIEU O)?
OuiNonNSPPRPour poursuivre les études1289Pour gagner votre vie1289Pour avoir de meilleures conditions de travail1289Pour avoir une bonne qualité de vie1289Pour la proximité de la nature1289Pour suivre ou pour rejoindre votre conjoint1289Pour vous rapprocher de vos parents1289Pour être plus proche de vos amis1289Pour vous rapprocher de vos enfants1289Pour élever vos enfants1289Pour avoir une maison à vous1289Pour avoir un logement à plus bas prix1289Pour partir une petite entreprise ou reprendre l’entreprise familiale1289Pour une autre raison [Si oui, posez la question 91a]
[Si non, N.S.P. ou P.R., passez à la question X1]1289
Question 91a

Laquelle?______________________
Bloc 8 : Socio-démographie

Question X1

Quelle est votre date de naissance? (jour, mois, année)

Question X2

Êtes-vous né…

1 au Québec
2 dans les autres provinces canadiennes
3 ailleurs dans le monde
8 N.S.P.
9 P.R.

Question X3

Dans quelle localité avez-vous habité la majeure partie de votre vie entre 0 et 18 ans?
______________________________

Question X4

Quelle langue utilisez-vous le plus souvent à l’extérieur de la maison?

1 Français
2 Anglais
96 Autre – Précisez ______________________
99 P.R.

Question X5

Quelle est votre langue maternelle, c’est-à-dire la première langue que vous avez apprise et que vous comprenez encore?

1 Français
2 Anglais
96 Autre – Précisez _______________________
99 P.R.

Question X6

Dans quelle langue avez-vous fait vos études …

FrançaisAnglaisAutreNAPPRPrimaires129699Secondaires129699Collégiales12969799Universitaires12969799
Question X7

Par rapport aux énoncés suivants, évalueriez-vous très bien, plutôt bien, plutôt mal ou très mal votre connaissance du français?

Très bienPlutôt bienPlutôt malTrès malNSPPRJe lis123489Je comprends123489J’écris123489Je parle123489
Question X8

Par rapport aux énoncés suivants, évalueriez-vous très bien, plutôt bien, plutôt mal ou très mal votre connaissance de l’anglais?

Très bienPlutôt bienPlutôt malTrès malNSPPRJe lis123489Je comprends123489J’écris123489Je parle123489
Question X9

Quel est le plus haut niveau de scolarité pour lequel vous avez obtenu un diplôme?

01 aucun diplôme ‹Passez à la question X11
02 primaire ‹Passez à la question X11
03 secondaire général ‹Passez à la question X11
04 secondaire professionnel (technique) ‹Passez à la question X10
05 collégial général ‹Passez à la question X10
06 collégial professionnel (technique) ‹Passez à la question X10
07 baccalauréat ‹Passez à la question X10
08 maîtrise ‹Passez à la question X10
09 doctorat ‹Passez à la question X10
99 P.R.

Question X10

Dans quel domaine avez-vous étudié? ____________________________________

Question X11

Quel est le niveau de scolarité de votre père?

1 primaire
2 secondaire
3 collégial
4 universitaire
8 N.S.P.
9 P.R.

Question X12

Quel est le niveau de scolarité de votre mère?

1 primaire
2 secondaire
3 collégial
4 universitaire
8 N.S.P.
9 P.R.

Question X13

Au cours de la dernière année, étiez-vous surtout…

1 au travail Passez à la question X14
2 à la recherche d’un emploi Passez à la question X18
3 aux études Passez à la question X18
4 à la maison Passez à la question X18
5 autre Passez à la question X18
9 P.R. Passez à la question X18

Question X14

Avez-vous surtout travaillé…

1 à temps plein
2 à temps partiel
9 P.R.

Question X15

Quel travail faites-vous?

01 Employé de bureau
02 Personnel spécialisé dans la vente
03 Personnel spécialisé dans les services
04 Travailleur manuel
05 Ouvrier spécialisé / semi-spécialisé
06 Travailleur de sciences et technologies
07 Professionnel
08 Gestionnaire / administrateur / propriétaire
13 notez si incertain
98 N.S.P.
99 Refus

Question X16

Dans ce travail êtes-vous principalement...

1 employé?
2 à votre compte?
9 P.R.

Question X17

Votre travail correspond-il au domaine dans lequel vous avez étudié?

1 Oui
2 Non
8 N.S.P.
9 P.R.

Question X18

Quel travail votre père a-t-il exercé le plus longtemps au cours de sa vie?

01 Personnel spécialisé de bureau
02 Personnel spécialisé dans la vente
03 Personnel spécialisé dans les services
04 Travailleur manuel
05 Ouvrier spécialisé / semi-spécialisé
06 Travailleur de sciences et technologies
07 Professionnel
08 Gestionnaire / administrateur / propriétaire
09 Au foyer
10 Étudiant
12 Sans emploi
13 notez si incertain
98 N.S.P.
99 Refus

Question X19

Quel travail votre mère a-t-elle exercé le plus longtemps?

01 Personnel spécialisé de bureau
02 Personnel spécialisé dans la vente
03 Personnel spécialisé dans les services
04 Travailleur manuel
05 Ouvrier spécialisé / semi-spécialisé
06 Travailleur de sciences et technologies
07 Professionnel
08 Gestionnaire / administrateur / propriétaire
09 Au foyer
10 Étudiant
12 Sans emploi
13 notez si incertain
98 N.S.P.
99 Refus

Question X20

Votre père est-il né…

1 au Québec Passez à la question X22
2 dans les autres provinces canadiennes Passez à la question X22
3 ailleurs dans le monde Passez à la question X21
8 N.S.P. Passez à la question X22
9 P.R. Passez à la question X22

Question X21

En quelle année votre père a-t-il immigré au Canada?
__________________________

Question X22

Votre mère est-elle née…

1 au Québec Passez à la question X24
2 dans les autres provinces canadiennes Passez à la question X24
3 ailleurs dans le monde Passez à la question X23
8 N.S.P. Passez à la question X24
9 P.R. Passez à la question X24

Question X23

En quelle année votre mère a-t-elle immigré au Canada?
__________________________

Question X24

Êtes-vous membre d’une communauté autochtone?

1 Oui
2 Non Passez à la question X28
9 P.R.

Question X25

Laquelle ?

1 Algonquine
2 Attikamek
3 Montagnaise
4 Huronne
96 Autres Précisez______________
98 N.S.P.
99 P.R.

Question X26

Êtes-vous un indien inscrit?

1 Oui
2 Non
8 N.S.P.
9 P.R.

Question X27

Résidez-vous dans une réserve actuellement?

1 Oui
2 Non
9 P.R.

Question X28

Avez-vous actuellement un conjoint?

1 Oui Question X32 doit être posée
2 Non Passez à la question X30
9 P.R. Passez à la question X30

Question X29

Quelle est la langue maternelle de votre conjoint, c’est-à-dire la première langue qu’il a apprise et qu’il comprend encore?

1 Français
2 Anglais
96 Autre - Précisez____________________
99 P.R.

Question X30

Avez-vous des enfants?

[Si oui : ] Combien? _________________
[Si non=0]
[Si P.R.=99]

Question X31

Quel a été votre revenu personnel provenant de toutes sources, avant impôts et déductions, pour l’année 2003? (revenu brut)

Est-ce :
01 = aucun revenu
02 = moins de 20 000 $
03 = moins de 10 000 $
04 =moins de 5 000 $
05 = 5 000 $ et plus
06 = 10 000 $ et plus
07 = moins de 15 000 $
08 = 15 000 $ et plus
09 = 20 000 $ et plus
10 = moins de 40 000 $
11 = moins de 30 000 $
12 = 30 000 $ et plus
13 = 40 000 $ et plus
14 = entre 40 000 $ et 59 999 $
15 = entre 60 000 $ et 79 999 $
16 = entre 80 000 $ et 99 999 $
17 = 100 000 $ et plus
98 = N.S.P.
99 = P.R.

Question X32

Si vous habitez avec votre conjoint(e), quel a été le revenu de votre conjoint provenant de toutes sources, avant impôts et déductions, pour l’année 2003? (revenu brut)

Est-ce :
01 = aucun revenu
02 = moins de 20 000 $
03 = moins de 10 000 $
04 = moins de 5 000 $
05 = 5 000 $ et plus
06 = 10 000 $ et plus
07 = moins de 15 000 $
08 = 15 000 $ et plus
09 = 20 000 $ et plus
10 = moins de 40 000 $
11 = moins de 30 000 $
12 = 30 000 $ et plus
13 = 40 000 $ et plus
14 = entre 40 000 $ et 59 999 $
15 = entre 60 000 $ et 79 999 $
16 = entre 80 000 $ et 99 999 $
17 = 100 000 $ et plus
77 = Non applicable
98 = N.S.P.
99 = P.R.

Question X33

Quel a été le revenu du ou des parents avec lesquels vous vivez présentement provenant de toutes sources, avant impôts et déductions, pour l’année 2003? (revenu brut)

Est-ce :
01 = aucun revenu
02 = moins de 20 000 $
03 = moins de 10 000 $
04 = moins de 5 000 $
05 = 5 000 $ et plus
06 = 10 000 $ et plus
07 = moins de 15 000 $
08 = 15 000 $ et plus
09 = 20 000 $ et plus
10 = moins de 40 000 $
11 = moins de 30 000 $
12 = 30 000 $ et plus
13 = 40 000 $ et plus
14 = entre 40 000 $ et 59 999 $
15 = entre 60 000 $ et 79 999 $
16 = entre 80 000 $ et 99 999 $
17 = 100 000 $ et plus
77 = Non Applicable
98 = N.S.P.
99 = P.R.

Question X34

Sexe?
1 masculin
2 féminin




En terminant, pourriez-vous me dire si vous avez des colocataires, des frères ou des sœurs âgés de 20 à 34 ans qui pourraient répondre à cette étude?

[si oui :] pourriez-vous me donner leur numéro de téléphone? [prendre note] Et c'est tout. Je vous remercie de votre collaboration et je vous souhaite une bonne fin de journée.



 On retrouvera sur le site web de l’Observatoire jeunes et société les principaux travaux du GRMJ. Voir : www.obsjeunes.qc.ca
 Cette recherche a été menée dans le cadre des travaux du Groupe de recherche sur la Migration des jeunes, INRS-Culture et Société. Le projet a été subventionné par le FQRSC (Québec) et le CRSH (ARUC).Il regroupe des chercheurs de diverses universités au Québec, provenant principalement des différentes universités du réseau de l’Université du Québec (UQAH, UQAT, UQAM, UQTR, UQAC, UQAR), de l’Université de Sherbrooke et de l’Université d’Ottawa. Il est dirigé par Madeleine Gauthier de l’INRS-Urbanisation-Culture et Société. Camil Girard, GRH-UQAC et Patrice Leblanc, UQAT, s’intéressent aux questions des jeunes en milieu autochtone au sein de l’équipe. Les auteurs de ce rapport tiennent à remercier Lise Gill, Innue de Mashteuiatsh et spécialiste des questions autochtones qui a révisé le texte. Merci à Marie-Odile Magnan, INRS-Culture et Université Laval, pour son appui et ses conseils. Enfin, à Marie-Andrée Basile, étudiante innue à la maîtrise, UQAC, qui a aussi revu le texte. Enfin, un merci au comité de lecture externe qui a revu et suggéré des améliorations au texte final avant publication.
 Depuis 1985, le gouvernement du Québec a reconnu officiellement le statut des Premières nations et des Inuits sur son territoire. La Constitution du Canada a reconnu en 1982 les peuples autochtones sur le territoire canadien.
 Il s’agit d’une recherche effectuée par le Groupe de recherche sur la migration des jeunes (GRMJ), lequel est composé de professeurs qui proviennent de constituantes de l'Université du Québec, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université Laurentienne et de l’Université d’Ottawa. Ce groupe de recherche est coordonné par Patrice LeBlanc. L'étude a été financée par le FODAR (Université du Québec), le Fonds FCAR, les CRD, les CRCD, Emploi-Québec, le Secrétariat à la Jeunesse, le Ministère des Régions et le Ministère de la Solidarité sociale du gouvernement du Québec ainsi que par le CRSH (Alliance Recherche Universités-Communautés). L'UQAC a contribué à cette recherche via son Comité de liaison institutionnel (CLI) et son Comité de perfectionnement long. Un merci spécial à Gervais Tremblay, Carl Brisson, géographe, UQAC, Christiane Grenon, Edith Gagné (prof. Cégep Saint-Félicien) Anne Cazin, UQAT, ainsi que Véronique Petiquay, étudiante Attikamek, GRH-UQAC et Stéphane Savard, Innu, GRH-UQAC, pour leur participation dans la cueillette des témoignages auprès des jeunes de leur communauté. Dans la préparation du présent article, nous remercions Jacques Kurtness (GRH-UQAC), Lise Gill et Carl Brisson (GRH-UQAC) pour leurs judicieux conseils.
 Les non-migrants sont des jeunes qui habitent toujours au domicile familial ou dans la même municipalité que celui-ci. Les migrants intrarégionaux représentent un premier degré de déplacement, car ils vivent ou ont déjà vécu dans une autre localité située dans leur région d’origine sans jamais l’avoir quittée pour plus de six mois. Les migrants interrégionaux quant à eux, ont quitté le domicile familial pour s’établir dans une autre région, tandis que les migrants interrégionaux de retour ont également quitté leur région d’origine, mais sont revenus s’y établir par la suite.
 Voir la présentation de ces résultats dans GAUTHIER, Madeleine, Patrice LEBLANC, Serge CÔTÉ, Frédéric DESCHENAUX, Camil GIRARD, Claude LAFLAMME, Marie-Odile MAGNAN et Marc MOLGAT (2006), La migration des jeunes au Québec: résultats d’un sondage auprès des Québécois de 20-34 ans, Observatoire Jeunes et Société.
 Voir le rapport national : Gauthier, Madeleine, Marc Molgat et Serge Côté avec la collaboration de David Mercier, Nathalie St-Laurent, Dominique Potvin et Frédéric Deschenaux, La migration des jeunes au Québec. Résultats d’un sondage auprès des 20-34 ans du Québec, Montréal, INRS Urbanisation, Culture et Société, 2001 et http://www.obsjeunes.qc.ca/f/Projets/espace/realisations/Sondage-20-34.pdf.
 Il faut remercier ici monsieur Hervé Gauthier de l’Institut de la statistique du Québec pour son importante collaboration à la révision du questionnaire.
 Voir l’annexe méthodologique pour le mode de constitution de l’échantillon.
 Se référer à la troisième page de l’annexe méthodologique pour de plus amples informations à ce propos.
 La marge d’erreur est de 7,6 % (19 fois sur 20) avec un intervalle de confiance de 0,95.
 Pour des précisions sur la sélection des 168 répondants, vous référer à l’annexe méthodologique en fin de rapport, point 1.2.1.
 Les migrants de retour B sont les individus restant dans une autre municipalité de la région d’origine et ayant déjà vécu dans une autre municipalité d’une autre région.
 Le ratio des questionnaires complétés aux numéros valides ne constitue que l’une des méthodes possibles pour établir le taux de réponse. Les auteurs Jean Perrien, Emmanuel Chéron et Michel Zins présentent dans leur ouvrage Recherche en marketing : méthodes et décisions (Chicoutimi, Gaëtan Morin, 1983) plusieurs méthodes pour calculer les taux de réponse et avancent qu’il y en a une trentaine qui sont couramment utilisées. Calculé selon la méthode de Wiseman et Billington utilisée par certains sondeurs, le taux de réponse de la présente recherche est de 61,7 %. En ce cas, le nombre des questionnaires complétés est rapporté non pas à l’ensemble des numéros valides, mais à une valeur établie à partir du nombre des numéros hors échantillon et du nombre des questionnaires non complétés selon la formule suivante : A/{A+[A/(A+B)]*C}, où A représente les « entrevues complétées », B les « numéros non admissibles » et C les « entrevues non complétées ». La méthode de calcul est exposée dans l’article de Frederick Wiseman et Maryann Billington, « Comment on a Standard Definition of Response Rates », Journal of Marketing Research, vol. 21, no 3, août 1984, p. 336-338. Pour un exemple de cette méthode de calcul, voir le rapport préparé par Léger Marketing en mars 2005 pour l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre du Québec intitulé Sondage sur le problème de la culture du cannabis
http://www.agencesss04.qc.ca/documents/2005/rapp_sond_cannabis.pdf [page consultée le 15 septembre 2005]).
 La terminologie utilisée pour ces trois réalités est :
· A- région d’échantillonnage
· B- région d’origine
· C- région de résidence.
 Une partie des membres du GRMJ a assuré un suivi avec Léger Marketing tout au long du processus, partant de la confection de l’échantillon et de l’administration du questionnaire jusqu’à la vérification des données.
 Les données proviennent de la source suivante : Institut de la statistique du Québec, Perspectives démographiques, Québec 2001-2051 et régions 2001-2026, édition 2003 [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/persp_poplt/pers2001-2051/index.htm (page consultée le 15 septembre 2005).
 Les données proviennent des deux documents suivants :
- Institut de la statistique du Québec, Population ne parlant qu'une seule langue à la maison, régions administratives du Québec, 2001 [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/regions/lequebec/langue_que/lanparluni20.htm (page consultée le 15 septembre 2005) ;
- Institut de la statistique du Québec, Population parlant plus d'une langue à la maison, régions administratives du Québec, 2001 [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/regions/lequebec/langue_que/lanparlmulti20.htm (page consultée le 15 septembre 2005).
 Ce questionnaire existe aussi en version anglaise.
 Le Groupe de recherche sur la migration des jeunes (GRMJ) est sous la responsabilité de Patrice LeBlanc de l’UQAT. Font partie de ce groupe: Lucie Fréchette de l’UQO, Serge Côté et Frédéric Deschenaux de l’UQAR, Madeleine Gauthier et Myriam Simard de l’INRS Urbanisation, Culture et Société, Camil Girard et Martin Simard de l’UQAC, Claude Laflamme de l’Université de Sherbrooke, Marie Lequin et Jean-Louis Paré de l’UQTR, Marc Molgat de l’Université d’Ottawa et Derek Wilkinson, de l’Université Laurentienne.











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