partie B.doc

La dictée? ou les dictées, puisque les appellations et les types d'exercices ... La dictée, adulée ou détestée, plébiscitée ou redoutée, reste un exercice scolaire. .... Anaïs corrige en ajoutant ?nt parce que « La mère, elle parle à plusieurs enfants » ... officiellement des orthographes « déviantes » : SMS, courrier électronique, ...



un extrait du document




B. Une étape de l'écriture : le travail de l'orthographe


1. Synthèse d'ouvrages à propos de la dictée



Nina Catach L'Orthographe française Nathan
Daniéle Cogis Pour enseigner et apprendre l'orthographe Delagrave
André Angoujard Savoir orthographier Hachette Education


LA DICTÉE


La dictée... ou les dictées, puisque les appellations et les
types d'exercices varient : autodictée, dictée préparée, dictée
expliquée, dictée dirigée, dictée réfléchie, dictée problème, dictée
partielle, dictée du jour, dictée de contrôle...Voilà quelques-unes
des formes que peut prendre ce travail d'écriture proposé dans la
classe.
Nous lisons dans les Instructions officielles que l'orthographe
est un élément important de notre langue et de notre histoire, et ce
ne sont pas les professeurs qui le contesteront. La relation
quotidienne de la classe à l'orthographe est essentielle.
La dictée, adulée ou détestée, plébiscitée ou redoutée, reste
un exercice scolaire. Moyen de contrôle ou moyen d'apprentissage, elle
a sa place dans l'évaluation de l'élève. Elle permet inévitablement de
tester ses capacités à observer les phénomènes de notre langue et à
résoudre les problèmes qu'il rencontre. Cependant, elle est sans doute
le seul exercice à être encore souvent contrôlé entièrement
négativement. L'élève au Brevet des Collèges ne peut qu'y perdre des
points. Ne serait-il pas pourtant plus intéressant de mesurer des
capacités, de valoriser des performances que de pénaliser des
déficits ? Ne peut-on pas prévoir des modalités d'évaluation
positive ?
Certes l'évaluation est nécessaire mais elle doit être
réaliste. Nous constatons par exemple que lors des évaluations à
l'entrée en sixième, quarante-sept pour cent des élèves d'une classe
échouent dans les exercices qui concernent les accords... Cela doit
être pris en compte dans le suivi des élèves. La référence à la norme
orthographique est nécessaire mais elle doit être complétée par une
observation du parcours de progrès de l'élève. La dictée doit être un
texte accessible pour tous les élèves auxquels elle s'adresse afin
d'éviter la surcharge cognitive et de permettre une concentration sur
les difficultés orthographiques.
La présentation est également importante pour l'élève : un
texte soigné sera plus facile à relire. Cependant, écrire en sautant
des lignes constitue une difficulté supplémentaire. L'élève se
concentre sur cette contrainte au lieu de penser à l'orthographe des
mots. Par ailleurs, cette disposition nuit à la bonne visualisation
des paragraphes et au repérage de l'unité phrastique. Cela rend donc
la relecture plus fastidieuse et moins efficace. De plus, celui qui
écrit lisiblement et rapidement commet en général moins d'erreurs et
la lenteur est un handicap supplémentaire.
Les stratégies de relecture doivent varier : relecture
immédiate, relecture différée dans le temps, relecture ciblée sur un
problème, relectures croisées par binômes, etc.
Lors de la relecture, l'élève peut souligner ce qui lui pose
problème, afin de marquer le doute, l'hésitation et donc le désir de
réflexion, la recherche d'une solution et la possibilité de résoudre
le problème. La réponse peut être trouvée individuellement ou
collectivement, lors d'un temps d'échange avec la classe. Les élèves
proposent des indices mais ne donnent pas les réponses.
L'atelier de négociation graphique ou entretien orthographique
est une forme d'individualisation puisque l'explication donnée par
l'élève de ses difficultés l'amène à réfléchir sur la langue et à
construire une démarche personnelle d'approche de l'orthographe. Cette
activité a une dimension explicative et argumentative. Cela permet de
privilégier l'activité réflexive par la verbalisation et la
confrontation des points de vue.
La correction nécessite une implication de l'élève.
Un code de correction en usage dans la classe lui permet de classer
ses fautes et par conséquent de tenter de les corriger. La correction
doit donc avoir un sens pour lui. Les erreurs ne sont pas
obligatoirement des échecs mais elles sont souvent les marques d'un
savoir en construction. L'analyse des erreurs est donc enrichissante
dans la mesure où l'erreur marque souvent une étape dans
l'apprentissage. (Ex : « ils trouves » > l'élève a repéré le pluriel
mais n'a pas intégré la terminaison verbale. C'est donc un premier pas
dans la réflexion même si la réponse n'est pas satisfaisante.)
Comment corriger ? Recopier les mots bien orthographiés ne
prend sens que s'ils sont inclus dans un groupe de mots, groupe verbal
ou nominal afin de justifier les accords.
La correction orthographique du traitement de texte oblige
aussi l'élève à réfléchir, à choisir entre différentes solutions et
c'est encore une fois cette dimension réflexive qui le placera dans
une dynamique de progrès.
Une grille de suivi orthographique individualisée est un outil
pratique. (Document joint). Elle permet à l'élève de classer ses
fautes et donc encore une fois de s'interroger sur ses erreurs, de les
comprendre et de les corriger.
Comment évaluer ? Tout d'abord, le mode d'évaluation peut
varier en fonction des capacités des élèves. La notation
traditionnelle dégressive a pour conséquence de décourager ceux qui
ont le plus de difficultés et ils savent que leurs points vont se
décompter négativement, jusqu'à des moins dix ou moins vingt. Ce
décompte ne sert alors plus à grand chose... Une évaluation doit être
formative, c'est à dire qu'elle doit guider vers l'apprentissage et le
progrès. Nous pouvons proposer de répartir les élèves en trois
groupes. Le texte dicté peut être de longueur variable selon les
groupes, ce qui donnera un temps de relecture plus long à ceux qui en
ont besoin et un temps de concentration un peu plus court. Et ensuite,
les critères d'évaluation ne seront pas non plus les mêmes pour tous.
Des professeurs proposent de scinder la note en deux parties : 10
points dégressifs, 10 points positifs. On pénalise l'erreur et on
valorise la réussite. Cette répartition des points peut varier en
fonction du niveau de l'élève mais aussi en fonction du texte proposé,
de ses difficultés et des attentes de l'enseignant. Les élèves peuvent
également participer à l'élaboration de la grille de correction, ce
qui leur permet de savoir exactement ce que l'on attend d'eux et de
mobiliser leurs efforts sur ce qui a été défini.
Exemple : Sur 10 : Moins 1 par faute.
Sur 10 : De 1 à 3 pour trois accords réussis dans le
groupe
nominal.
De 1 à 3 pour trois verbes conjugués
correctement.
De 1 à 3 pour l'écriture correcte de
trois mots rencontrés
précédemment.
1 point pour les majuscules
correctement utilisées.
Ce barème évolue au fil de l'année scolaire et il varie en fonction
des textes et du groupe dans lequel se trouve l'élève.
L'essentiel est que l'élève sache sur quoi il doit être
vigilant et comment il doit s'y prendre pour progresser.
Ces différentes approches doivent donner à la dictée tout son
sens. Elle doit être pour l'élève un outil d'enrichissement et non un
piège qui se referme sur lui. Elle lui permet de s'interroger sur
notre langue, d'analyser, de réfléchir et de progresser. Par la
dictée, l'élève peut s'approprier un texte choisi pour lui par
l'enseignant ou par un autre élève. C'est donc aussi un moment de
découverte et d'échange.














































































L'orthographe ou la nécessité de comprendre le raisonnement des
élèves.


Le document qui suit illustre bien diverses erreurs commises fréquemment
par les élèves. Ici, c'est la démarche doublement réflexive de l'élève et
du professeur qui nous a intéressés plus que l'erreur en tant que telle. En
effet, s'appesantir sur les lacunes ne peut conduire qu'à la déploration,
en revanche, constater que les élèves savent des choses mais qu'il faut les
aider à réfléchir et à raisonner nous semble porteur de pistes de travail
efficaces.


|Faute ou erreur ? |
| |
|Phase I |
| |
|Suivé bien Jeannot (Anaïs, CE2) |
|Je regardais les barques flottaient (Ahmed, CE2) |
|Car ont l'appelait la belle (Céline, CE2) |
|Il vu (Lélia, CE2) |
|Je réfléchie (Marie-Aude, CM1) |
|La pomme golden fut mangé (Sonia, CM2) |
|Il y a eu 31 malades qui sont parti (Victor, CM2) |
| |
|Quelles erreurs ont été commise
....