DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE UNIVERSITE PARIS ...

Nom et prénom de l'étudiant auteur de la présente trace : Fictif 5 ... au sein du
système de santé; Compétence 9 : Se préparer à l'exercice professionnel ... Elle
m'a dit que c'était de sa faute aussi car elle n'avait pas corrigé mon erreur. ... à
240 LP 2 fois par jour d'Isoptine, là tu ne lui a même pas donné la dose maximale
! ».

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DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE

UNIVERSITE PARIS DIDEROT

TRACE D'APPRENTISSAGE



Le présent modèle doit être utilisé pour UNE TRACE D'APPRENTISSAGE AU
FORMAT WORD. Les données du formulaire ci-dessous doivent être remplies,
puis la trace sera collée à la suite du formulaire

Nom et prénom de l'étudiant auteur de la présente trace : Fictif 5

Nom et prénom du tuteur : GALAM Eric

Numéro du semestre du DES au cours duquel cette trace a été produite :
4ème

Date de réalisation de la trace: Premier semestre 2010

COMPETENCES VISEES PAR CETTE TRACE

. Compétence 5 : Travailler en équipe au sein du système de santé
. Compétence 9 : Se préparer à l'exercice professionnel
10 fois trop





Compétence visée

5) Travailler en équipe au sein du système de santé

9) Se préparer à l'exercice professionnel



Récit clinique



Nous sommes mi-décembre 2009, je suis en stage de gériatrie au
Kremlin-Bicêtre. J'ai beaucoup de choses dans ma tête qui ne sont pas de la
médecine en ce moment, je suis stressée, épuisée et un peu fâchée d'être là
car je devrais être en cours à Tenon. Il est 10h du matin et je suis en
train de faire ma visite toute seule. L'assistante avec qui je travaille
n'est pas là depuis le début de la semaine et la PH ne s'est pas trop
occupé des patients que j'ai vue toute seule depuis 4 jours. Et à qui j'ai
donc fait les prescriptions.

J'avance tranquillement avec mon chariot et tout d'un coup je vois la
PH qui marche très vite dans le couloir, suivie de ma co-interne, enceinte,
qui essaie de la suivre, elle-même suivie de la cadre infirmière. Elles se
dirigent toutes les 3, vers la chambre de Mr D, un homme en soins
palliatifs pour un myélome, âgé de 85 ans, que j'avais vu le jour de son
entrée il y a 48 heures. L'externe fonce dans le couloir avec l'appareil à
ECG.

Je me dis que je vais quand même aller voir ce qu'il se passe, on ne
sait jamais, vu que c'est moi qui ait vu le patient il y a 2 jours.
J'attends à l'extérieur de la chambre, ma co-interne me rejoint et me
demande si c'est moi qui ait prescrit de l'Isoptine 400mg...Je lui dis oui,
avec un sentiment grandissant de panique. « Il prend du 40mg d'habitude et
l'infirmière lui a donné les 10 comprimés d'Isoptine 40mg ». Je la regarde
en me demandant si c'est une mauvaise blague, la première chose qui me
vient à l'esprit, j'ai honte, mais c'est « Pourquoi l'infirmière lui a
donné 10 comprimés de la même molécule ? On ne fait jamais ça ! ». J'ai
voulu me décharger un peu...mais ça a duré seulement quelques secondes
parce que tout de suite je me suis sentie vidée. Des pensées fusaient dans
ma tête : « C'est fini. Le patient va mourir, je vais aller en prison, je
ne pourrais plus jamais travailler, qu'est-ce que je vais dire à mes
parents ? ».

Pour le patient ça a été simple : c'était un patient dialysé pour son
insuffisance rénale terminale sur son myélome, on a demandé aux
réanimateurs si le produit se dialysait, ils ont dit non, mais qu'ils
conseillaient tout de même une surveillance sous scope pendant 24H.
Cliniquement le patient allait très bien, il a baissé sa fréquence
cardiaque à 70 bpm maximum (de base il était en ACFA à 100 malgré
l'isoptine 40mg). Il a été surveillé aux lits portes 24H, puis il est
revenu. Il ne semblait pas très affecté, pas très en colère. Moi je n'osais
plus l'approcher, sa femme non plus. D'ailleurs celle -ci, le jour de
l'incident a été très détachée, trop compréhensive : « ba oui ça arrive,
c'est comme ça »...Bizarre. J'ai failli tuer son mari mais elle ne réagit
pas. Mr D est décédé 2 mois plus tard des suites de son myélome.

Pour moi ça été beaucoup plus long. D'ailleurs je ne pense pas que
j'oublierai un jour ce patient et la faute que j'ai faite. Le jour même,
après avoir vu que le patient allait bien, j'ai fini tant bien que mal ma
visite. Et puis j'ai pleuré. J'ai dit que j'arrêtais médecine, que je ne
pouvais pas supporter de porter autant de responsabilité, que c'était trop
dur. Ma co-interne a essayé de me rassurer, en me disant que c'était une
cascade de choses qui a fait que le patient avait eu ce traitement et que
de toute façon il allait bien et donc il ne fallait pas que je m'en
veuille. Elle m'a dit que c'était de sa faute aussi car elle n'avait pas
corrigé mon erreur. Mais il n'y avait rien qui pouvait me consoler, j'étais
seule avec ma culpabilité et en même temps j'étais en colère.

J'étais en colère contre la PH qui m'avait « abandonnée » toute la
semaine : elle n'a jamais vu les patients après moi quand j'ai fait les
entrées, elle n'a jamais vérifié ce que j'avais prescrit. J'ai eu
l'impression d'avoir trop de responsabilité d'un coup et d'en payer le
prix. Elle ne m'a jamais proposé de revoir les patients, mais disait juste
« tu n'as pas de problème avec les entrants ? » : non je n'avais pas de
soucis, ils allaient bien d'après moi, mais en fin de compte, qu'est-ce
qu'une année d'expérience et six semaines de stage pour juger correctement
de l'état des gens ? Et surtout, pourquoi personne n'a vérifié ce que
j'écrivais ?

J'en voulais aussi à la préparatrice en pharmacie qui avait laissé un
post-it sur la prescription en demandant si on voulait 10 comprimés
d'Isoptine 40mg ou 2 de 240 mg LP pare que 400mg ça n'existait pas ! Elle
n'aurait pas pu tout simplement appeler pour demander si on ne s'était pas
trompé ?

Le pire ça été l'infirmière : j'ai eu envie de lui demander pourquoi
elle avait fait une chose aussi bête ! Ce n'était pas une de mes collègues
de travail préférée car j'avais remarqué qu'elle n'écoutait rien quand je
lui transmettais des informations qui me semblaient utiles. Elle a expliqué
à la cadre infirmière que la veille elle avait donné 1 comprimé de 40mg
mais que aujourd'hui elle n'avait pas réfléchi et avait donné les 10
comprimés, mais comme ça lui paraissait bizarre et qu'elle avait découvert
le post-it de la pharmacienne, elle avait préféré en parler à l'interne.
Mais après avoir donné les cachets....

Une autre des cadres infirmiers, que je ne portais vraiment pas dans
mon c?ur, m'enfonce encore un peu plus bas : « mais ce n'est pas grave, ça
arrive quand on est premier semestre ». Je l'ai regardé dernière mon rideau
de larmes et je lui ai répondu « mais je suis en 3eme semestre » et là elle
m'a regardé avec antipathie et a dit « Ah »...Comme si une année d'internat
de plus avait quelque chose à voir là dedans...

J'ai voulu tout de suite en parler avec la PH, avec qui je
m'entendais par ailleurs très bien. Elle a essayé de me rassurer. Mais
aucune de ses paroles ne me réconfortait, je me sentais vidée, complètement
anéantie. Elle avait beau répéter que ça arrivait à tout le monde, je m'en
fichais des autres, là c'était moi.

Je suis partie à mon cours à Tenon, il aurait mieux fallu que je
rentre chez moi vu ce que j'ai écouté du cours, tout me traversait sans que
j'enregistre. Mais ça m'a permis de voir une de mes amies proches, interne
en MG aussi, qui a essayé aussi de me rassurer. Et j'ai appelé mon
compagnon L, ça tombait bien il est cardiologue : « mais ne t'inquiète pas,
on peut monter à 240 LP 2 fois par jour d'Isoptine, là tu ne lui a même pas
donné la dose maximale ! »

Mais je m'en fichais de la dose, du médicament dialysable ou pas, moi
ce qui m'importait c'était que j'étais à bout. J'étais dans un état de
fatigue tel que j'avais fait n'importe quoi.

Ce qui m'a permis de me remettre de cette journée c'est que le patient
allait bien et que j'ai reçu un coup de fil sur mon portable ce fameux
vendredi 19 décembre de la chef de service, alors que j'étais en cours.
Elle me disait qu'elle avait vu M., la PH, qui était inquiète parce que je
n'étais pas bien du tout et elle me demandait de la rappeler sur son
portable. J'ai été surprise de sa gentillesse. Je ne sais pas pourquoi. Je
ne pensais pas que « les chefs » se préoccupaient autant de leurs internes.
Je l'ai rappelé et on a discuté 10 minutes, elle m'a demandé ce qui s'était
passé et j'ai essayé de comprendre comment j'en étais arrivée à recopier
bêtement une ordonnance d'un autre médecin, en faisant des fautes en plus.
Rajouter un petit 0 ça peut arriver à n'importe qui, mais ce jour c'était
moi et je m'en souviendrais toujours.

Malheureusement, même en essayant d'oublier ce qu'il s'était passé, la
cadre supérieure m'a dit un jour, environ 2 mois plus tard : « je vous
confonds toujours toi et ta co interne. Toi tu es celle qui est
enceinte ? ». Je lui réponds que non, que c'est l'autre. Et elle ajoute
« ah oui, toi tu es celle qui a fait la faute »...



Recherche documentaire

Lorsque que l'on tape « Erreur médicale » sur Google, la première
chose que l'on trouve ce sont premièrement l'adresse d'un cabinet
d'avocats, spécialisés dans les affaires d'erreurs médicales puis viennent
ensuite les associations d'aide aux victimes d'erreur médicales.
L'association AAVAC [1] donne des conseils sur comment réunir les pièces
nécessaires pour attaquer le médecin en justice. Ils incluent les « aléas
thérapeutiques » dans leur page d'accueil en notant « vous êtes victime
d'un aléa thérapeutique », alors que par définition le mot « aléa » veut
dire « hasard, chance » [2] et je comprends donc mal comment on peut
espérer toucher un dédommagement pour quelque chose qui relève du hasard.

Ensuite vient un article sur le jeune médecin ane