doc - Gaogoa

Chacun sait qu'un exercice ZEN, ça a tout de même quelque rapport, encore qu' on ne ...... dont vous verrez comment il pourra être corrigé quand justement j' aurais pu ..... C'est ici que s'introduit la structure du plan projectif pour autant que la ...... dans ce que j'appelle le module cosmologique, cosmologie de l'au-delà - ce ...



un extrait du document




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LACAN



L'objet de la psychanalyse


1965-1966
TABLE DES MATIERES


01 Décembre 1965 p 3
08 Décembre 1965 p 28
15 Décembre 1965 p 47
22 Décembre 1965 p 70


05 Janvier 1966 p 93
12 Janvier 1966 p 112
19 Janvier 1966 p 131
26 Janvier 1966 p 157


02 Février 1966 p 192
09 Février 1966 p 212
23 Février 1966 p 226

23 Mars 1966 p 260
30 Mars 1966 p 28O


20 Avril 1966 p 301
27 Avril 1966 p 320


04 Mai 1966 p 351
11 Mai 1966 p 370
18 Mai 1966 p 396
25 Mai 1966 p 428


01 Juin 1966 p 447
08 Juin 1966 p 466
15 Juin 1966 p 485
22 Juin 1966 p 513



VELASQUEZ : Les Ménines P560

0l Décembre l965 (RETOUR)



Mesdames et Messieurs, Monsieur le Directeur de l'École Normale Supérieure
qui avez bien voulu, dans cette enceinte de l'École où je ne suis qu'un
hôte, me faire l'honneur de votre présence aujourd'hui.
La structure du sujet dans la psychanalyse, dirons-nous que l'année
dernière nous l'ayons fondée, nous avons abouti à établir une structure qui
rende compte de l'état de la refente, de Spaltung où la psychanalyse le
repère dans sa praxis.
La psychanalyse repère cette refente de façon en quelque sorte quotidienne
qui est admise à la base, puisque la seule reconnaissance de l'inconscient
suffit à la motiver, et aussi bien qui le submerge, si je puis dire, de sa
constante manifestation, mais pour savoir ce qu'il en est de sa praxis ou
seulement pouvoir la diriger de façon conforme à ce qui lui est accessible,
il ne suffit pas que cette division soit pour lui un fait empirique, ni
même que le fait empirique ait pris forme de paradoxe, il faut une certaine
réduction, parfois longue à accomplir, mais toujours décisive à la
naissance d'une science, réduction qui constitue proprement son objet et où
l'épistémologie qui s'efforce à la définir en chaque cas, ou en tous, est
loin d'avoir, à nos yeux au moins, rempli sa tâche ; car je ne sache pas
qu'elle ait pleinement rendu compte, par ce moyen, de la définition de
l'objet, de cette mutation décisive qui, par la voie de la physique, a
fondé la Science, au sens moderne, dès lors pris pour sens absolu :
position que justifie un changement de style radical dans le temps de son
progrès, la forme galopante de son immixtion dans notre monde, les
réactions en chaîne qui caractérisent ce qu'on peut appeler les expansions
de son énergétique.
A tout cela, nous paraît être radicale une modification dans notre position
de sujet au double sens : qu'elle y est inaugurale et que la science la
renforce toujours plus ; KOYRÈ ici est notre guide et l'on sait qu'il est
encore méconnu.
Donc, je n'ai pas franchi à l'instant le pas concernant la création comme
science de la psychanalyse, mais on a pu remarquer que j'ai pris pour fil
conducteur, l'année dernière, un certain moment du sujet que je tiens pour
être le corrélât essentiel de la Science ; un moment historiquement défini
dont peut-être nous avons à savoir qu'il est strictement répétable dans
l'expérience, celui que Descartes inaugure et qui s'appelle le cogito.
Ce corrélât qui, comme moment, est le défilé d'un rejet de tout savoir,
prétend laisser au sujet un certain amarrage dans l'être, dont nous tenons
qu'il constitue le sujet de la science dans sa définition, ce terme à
prendre au sens de porte étroite. Ce fil ne nous a pas guidé en vain,
puisqu'il nous a mené, à formuler en fin d'année notre division
expérimentée du sujet comme division entre le savoir et la vérité,
l'accompagnant d'un modèle topologique, la bande de MOEBIUS, qui fait
entendre que ce n'est pas d'une distinction d'origine que doit provenir la
division ou ces deux termes viennent se conjoindre; qui relira, aux
lumières que peut apporter la technique à la technique de la lecture, son
enseignement sur FREUD, (cet article où FREUD nous lègue le terme de
Spaltung sur quoi la mort lui fait lâcher la plume), et remontera aux
articles sur le fétichisme de l927 et sur la perte de la réalité de l924,
celui-là appréciera s'il n'appert pas que ce qui motive chez Freud un
remaniement doctrinal qu'il accentue dans le sens d'une topique, c'est un
souci d'élaborer une dimension que l'on peut dire proprement structurale
puisque c'est la relation entre ces termes et sa reprise dialectique dans
l'expérience qui seule donne appui à son progrès.
Loin de supposer aucune certification d'appareil, pour tout dire que
l'IchSpaltung, refente du moi, sur quoi s'abat sa main c'est bien le sujet
qu'elle nous pointe comme terme à élaborer.
Le principe de réalité, dès lors, perd toute l'ambiguïté dont il reste
marqué si l'ont y inclut la réalité psychique. Ce principe n'a pas d'autre
fonction définissable que de conduire au sujet de la science et il suffit
d'y penser pour qu'aussitôt prennent leur champ ces réflexions qu'on
s'interdit comme trop évidentes, par exemple qu'il est impensable que la
psychanalyse comme pratique, que l'inconscient, celui de FREUD, comme
découverte, aient pris leur place avant la naissance du siècle, qu'on a
appelé le siècle du génie, le l7ème, de la science à prendre au sens
absolu, au sens à l'instant indiqué, sans qui n'efface pas sans doute ce
qui s'est institué sous ce même nom auparavant mais qui, plutôt qu'il n'y
trouve son archaïsme, en tire le fil à lui d'une façon qui montre mieux sa
différence de tout autre.
Une chose est sûre, si le sujet est bien là au niveau de cette différence,
toute référence humaniste y devient superflue, car c'est à elle qu'il coupe
court. Ne visons pas, ce disant, de la psychanalyse et la découverte de
FREUD, cet accident, que ce soit parce que ces patients sont venus à lui au
nom de la science et du prestige qu'elle confère à la fin du l9ème siècle à
ces servants, même de grade inférieur, que Freud a réussi à fonder la
psychanalyse en découvrant l'inconscient, nous disons que contrairement à
ce qui se brode d'une prétendue rupture de Freud avec le scientisme de son
temps que c'est ce scientisme même, si on veut bien le désigner dans son
allégeance aux idéaux d'un BRÜCKE, eux-même transcris du pacte où un
HELMHOLTZ et un DU BOIS REYMOND s'était voués à faire rentrer la
physiologie et les fonctions de la pensée considérées comme y incluse dans
les termes mathématiquement déterminés de la thermodynamique parvenue à son
presque achèvement de leur temps, qui a conduit FREUD, comme ses écrits
nous le démontrent, à ouvrir la voie qui porte à jamais son nom. Nous
disons que cette voie ne s'est jamais détachée des idéaux de ce
scientismes, puisqu'on l'appelle ainsi, et que la marque qu'elle porte
n'est pas contingente mais lui reste essentielle, que c'est de cette marque
qu'elle conserve son crédit, malgré les déviations auxquelles elle a prêté,
et ceci en tant que FREUD s'est opposé à ces déviations et toujours avec
une sûreté sans retard et une rigueur inflexible, témoin sa rupture avec
son adepte le plus prestigieux - Jung nommément- dès qu'il a glissé dans
quelque chose dont la fonction ne peut être définie autrement que de tenter
d'y restaurer un sujet doué de profondeurs, ce dernier terme au pluriel, ce
qui veut dire un sujet composé d'un rapport au savoir, rapport dit
archétype qui ne fût pas réduit à celui que lui permet la science moderne à
l'exclusion de tout autre, lequel n'est rien que le rapport que nous avons
défini l'année dernière comme ponctuel et évanouissant, ce rapport au
savoir qui de son moment historiquement inaugural garde le nom de cogito.
C'est à cette origine indubitable, patente dans tout le travail freudien, à
la leçon que FREUD nous laisse comme chef d'école que l'on doit que le
marxisme soit sans portée, et je ne sache pas qu'aucun marxiste y ait
montré quelque insistance à mettre en cause sa pensée, la pensée de FREUD,
au nom d'appartenance historique de freud.
Nous voulons dire nommément à la société de la double monarchie pour les
bornes judaïsante où FREUD reste confiné dans ses aversions politiques, qui
d'entre vous nous écrira un essai digne de Lamennais sur l'indifférence en
matière de politique, j'ajouterai à l'éthique bourgeoise pour laquelle la
dignité de sa vie vient à nous inspirer un respect qui fait fonction
d'inhibition à ce que son oeuvre ait, autrement que dans le malentendu et
la confusion, réalisé le point de concours des seuls hommes de la vérité
qui nous restent, l'agitateur révolutionnaire, l'écrivain qui de son style
marque la langue, je sais à qui je pense, et cette pensée rénovant l'être
dont nous avons le précurseur.
Ca sent ma hâte d'émerger de tant de précautions prises à reporter les
psychanalystes à leur certitudes les moins discutables. Il me faut pourtant
y repasser encore fut-ce au prix de quelques lourdeurs.
Dire que le sujet sur quoi nous opérons en psychanalyse ne peut être que le
sujet de la science peut passer pour paradoxe, c'est pourtant là que doit
être prise une démarcation faute de quoi tout se mêle et commence une
malhonnêteté qu'on appelle ailleurs pour objective, mais c'est manque
d'audace et manque d'avoir repéré l'objet qui foire, de notre position de
sujet nous sommes toujours responsables qu'on appelle cela où l'on veut du
terrorisme ; j'ai le droit de sourire car ce n'est pas dans un milieu où la
doctrine est ouvertement matière à tractations que je craindrais
d'offusquer personne en formulant ce que je pense que l'erreur de bonne foi
est de toute la plus impardonnable. La position du psychanalyste ne laisse
pas d'échappatoire puisqu'elle exclue la tendresse de la belle âme, c'est
encore un paradoxe que de le dire, c'est peut-être aussi bien le même,
quoiqu'il en soit je pose que toute tentative, voir tentation où la théorie
courante ne cesse d'être relaxe d'incarner plus avant le sujet est
d'errance toujours plus féconde en erreurs et comme telle fautive, ainsi de
l'incarner dans l'homme lequel y revient à l'enfant, sur cet homme y sera
le primitif, ce qui faussera tout du processus primaire, de même que
l'enfant y
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